Médias : Jacques Blaise Mvié condamné à cinq ans de prison ferme
Le tribunal militaire a prononcé la même peine contre Charles René Nwé, collaborateur de l’ex-Dp de la Nouvelle presse.
Par décision n°091 du 03 juin 2009 du tribunal militaire de Yaoundé, Jacques Blaise Mvié, l’ex- directeur de publication du journal La Nouvelle Presse, aujourd’hui directeur délégué du journal La Nouvelle et son rédacteur en chef Charles René Nwé ont été condamnés à cinq ans d’emprisonnement ferme. Les deux journalistes contre qui un mandat d’arrêt a été décerné à l’audience sont condamnés à payer 500 000Fcfa d’amende.
Joint au téléphone et réagissant à ce verdict du tribunal militaire, l’avocat des deux journalistes déclare : « Le procès s’est déroulé à huis clos, avec une célérité suspecte, sans aucun débat contradictoire. Les deux journalistes, explique Me Ndongo, n’ont jamais été convoqués aux audiences. C’est d’ailleurs à tout hasard qu’ils ont appris la nouvelle de leur condamnation. Je n’ai pas pu moi-même assisté à une seule audience jusqu’à la condamnation ce 03 juin. J’entends d’ailleurs relever appel de cette décision dès ce lundi matin, à défaut de faire opposition ».
Evoquant les chances de voir aboutir cette action en appel, Me Ndongo dit pouvoir « compter sur l’impartialité du juge civil qui devra statuer, en deuxième ressort, dans cette affaire, en dépit de la présence d’un assesseur militaire ».
Réagissant au téléphone sur cette condamnation qui le frappe, Jacques Blaise Mvié rappelle que tout a commencé avec la publication par La Nouvelle presse d’une série d’articles, notamment sur l’incendie de la poudrière du Quartier général du 18 février 2001 et sur la tentative de coup d’Etat d’octobre 2007. Il est, dans un premier temps, enlevé, confie-t-il, par des individus non identifiés le 03 mars 2008. Il sera nuitamment libéré par la suite dans des conditions rocambolesques et repris le lendemain par les éléments de la Sécurité militaire dans un snack-bar à Efoulan. Après avoir été tour à tour entendu par la Sécurité militaire et la Gendarmerie nationale, précise-t-il, une procédure judiciaire sécrète et expéditive sera engagée contre son rédacteur en chef et lui au tribunal militaire de Yaoundé, à l’insu des concernés. C’est cette procédure qui a débouché sur la condamnation du 03 juin dernier. Curieusement, rappelle le journaliste, un certain maréchal de logis chef, Jérémie Docko, présenté comme leur informateur, va également écoper de 04 ans d’emprisonnement ferme ».
Evariste Menounga

