Marcelin Vounda Etoa : Le livre est le produit final du travail d’éditeur
Le directeur général des Editions Clé parle des conditions dans lesquelles cette profession est exercée au Cameroun.
En quoi consiste concrètement le métier d’éditeur ?
Le métier d’éditeur consiste à faire passer des textes de la forme de manuscrits, de tapuscrits à celle de livres. Cela suppose un travail sur le fond et sur la forme desdits textes. Ce métier est relié à plusieurs autres grâces auxquels le livre ainsi produit est promu, diffusé, commercialisé et consommé. Le métier d’éditeur est un ensemble de corps de métiers qu’on peut sommairement catégoriser en deux. Il y a ceux qui travaillent sur la forme : infographes, créateurs, monteurs, dessinateurs-illustrateurs… et ceux qui travaillent sur le contenu du texte: lecteurs-correcteurs, évaluateurs. Ce n’est que lorsqu’un manuscrit est jugé digne d’être publié que le travail sur la forme peut commencer.
Quelles sont les conditions de travail dans lesquelles un éditeur travaille, notamment dans un pays comme le nôtre ?
Les conditions d’exercice de ce métier sont de deux ordres : techniques d’une part et intellectuels d’autre part. Les conditions techniques ont évolué avec l’évolution de la technologie dans ce domaine ; les progrès techniques y sont particulièrement rapides. Si nous ne sommes pas tout à fait à la pointe de ce qui se fait de mieux dans ce domaine, nous ne sommes pas non plus tout à fait à la traîne. Mais le volet de l’activité d’éditeur qui reste inchangé, c’est le volet intellectuel. Un vrai éditeur se fait l’obligation de faire passer les textes à publier qu’il reçoit entre des mains expertes, en fonction du domaine ou du genre pratiqué par les futurs auteurs. Ce qu’on observe, c’est malheureusement que beaucoup d’éditeurs n’ont parfois ni l’expertise ni le souci et les moyens de travailler sur les textes avant de les publier. La tentation est grande de vouloir faire l’économie des frais que nécessite le passage d’un manuscrit par toutes les étapes éditoriales avant sa publication, si la sanction des lecteurs est positive.
Y a-t-il une différence entre un éditeur littéraire et un éditeur de presse ?
La presse est une forme de littérature : celle de la prise de conscience quotidienne, à travers les faits qui rythment la marche des peuples et des nations. Plusieurs aspects de l’activité d’éditeur sont pratiqués avec les nuances qu’impose la forme finale du support de ces écrits dans la presse.
Propos recueillis par P. N. N.

