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Henri Okala cherche sa voix

L’ex chanteur du groupe Macase veut se lancer dans une carrière solo
Francky Bertrand Béné – Le jeune homme ne passe pas inaperçu. Look soigné et la tête couverte par un bonnet, Henri Okala ne cherche pas les mots pour raconter les débuts de groupe Macase. " en 1996, 1997, quelques potes et moi décidons de fonder le groupe Macase. A la base, nous sommes cinq, Ruben Binam,Thierry Essam, Nelly Atangane, Pierre Tupu, Bilck Bassy " se souvient -il.
Le Macase est né, mais un an à peine se création, Thierry Essam, Nelly Atangane et Pierre Tupu, pour des raisons académiques quittent l’ensemble. Serge Maboma, Corry Denguemo et Rody sont recrutés pour pallier leur départ. Un nouveau groupe est fondé. Dans la bande de jeunes gens, Henri Okaka fait les voix. Aux côtés de Corry et Blick Bassy, il se fait remarquer dans les cabarets et cafés de concerts de la place. Ce d’autant plus que le groupe Macase dans lequel il évolue est sous la coupe de Stève Ndzana, Jay Lou Ava et Francis Essam, des musiciens rompus. Dans le groupe, Henri Okala, fils d’un pasteur de l’Eglise presbytérienne camerounaise, qui a depuis sa plus tendre enfance toujours fait partie des chorales, trouve peu à peu la voie du succès. Macase aussi.

En 1998, Henri, Blick, Ruben, Corry et les autres approchent Sam Mbende. L’actuel président du conseil d’administration de la Cameroon music corporation sort fraîchement de Belgique. Invité aux répétitions de l’ensemble, il décide de les produire. En 1999, l’album " Etam " est dans les bacs. Le Macase évolue un an ( 1999/2000) avec Sam Mbende( producteur) et Jean Pierre Bébé (manager) sans anicroches. En 2001, il postule aux Concours découvertes Rfi musiques du monde dont il sort lauréat. " C’est à partir de là que tous nos problèmes ont commencé. Pendant qu’on montait le dossier découvertes Rfi, les membres du groupe ne voulaient qu’on arrête toute collaboration avec Sam Mbendé, qui ne respectaient pas ses engagements. Il avait pris l’engagement de faire outre la promotion de l’album, réaliser les clips de toutes les chansons de notre premier album et produire deux autres. Et sans contrepartie financière " explique Henri Okala. La rupture avec Sam Mbende est consommée par une lettre de reniement signée des membres du groupe Macase. Geste que Sam Mbende aurait très peu apprécié. Le prix Rfi est remporté mais le producteur saisit Rfi, pour dénoncer le comportement peu chevaleresque de ses poulains. La réaction de la radio française est immédiate : le prix attribué au Macase est annulé.

" Le prix était perdu, le contrat avec Emi perdu, tous les avantages attendus perdus. C’est comme si le ciel nous était tombé dessus." se rappelle Henri Okala. Un grand désespoir va gagner le groupe de 2001 à 2002. Il reste cependant soudé. Jusqu’à ce que Ghislain Merat, alors directeur du Centre culturel français François Villion de Yaoundé, le relance. A travers une tournée dans tous les Ccf et alliances françaises du Cameroun : " C’est une bouffée d’oxygène. Mais nous sommes toujours sous contrat avec Sam Mbende. Pour qu’il nous libère, il demande à être payé. C’est ainsi que lui versons les 3,5 millions de francs Cfa, ramenés de notre tournée " continue Henri Okala. La pilule amère avalée, le Macase est approché par Florence Tity Dimbeng, une choriste de Manu Dibango. C’est le début d’une tournée avec le pape du Soul Makossa en Europe et en Amérique du Nord. Aucun contrat n’est signé. C’est le rêve brisé. Rentré au Cameroun, Macase est nominé aux Koras. Mais rendu en Afrique du Sud où il est élu meilleur groupe africain, le rêve tourne au cauchemar. " On rentre d’Afrique du Sud avec pas un seul franc en poche. Hormis un bout de bois. Nous étions d’ailleurs au quartier. "

De désillusion en désillusion, tout le groupe décide en 2004 de s’installer en France, malgré les sommations de Florence Tity Dimbeng, le nouveau manager du groupe. " On arrive en France, après deux spectacles plus rien. Chacun a dû se débrouiller comme il pouvait pour survivre à Paris. On est rentré au Cameroun grâce à un opérateur de téléphonie mobile. On n’avait même de quoi s’acheter un billet d’avion.
Le 6 janvier 2005, le Macase atterrit au Cameroun. Mais déjà, dans la tête d’Henri Okala, germe l’idée de faire une carrière en solo. " Les mécènes et les organisateurs de spectacles savaient qu’on était nombreux ( Ndlr 7 personnes). C’est comme ça que Blick et moi on se met à réfléchir. Il faut vivre. Moi, j’ai décidé de partir pour une carrière en solo. On s’en sort beaucoup mieux quand on est seul " se console-t-il.
Henri Okala prépare actuellement son premier album et le dit " très avancé". Tout en apportant sa voix en studio à de nombreux musiciens, il caresse le rêve de monter un groupe qui pourra l’accompagner dans les spectacles. Mais avec regret , le chanteur pense que " le déclin de Macase est venu de la perte du prix Rfi : " On serait très loin aujourd’hui ".

Mutations

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Amadou Vamoulké sort de sa réserve

CRTV

Coups bas, règlements de comptes, fronde, affrontements tribaux, opposition entre les rédactions centrales et les stations provinciales, le malaise à la Cameroon Radio télévision, Crtv, n’était plus qu’un secret de polichinelle, même si le mastodonte paraissait calme. Une tranquillité bien apparente qui s’est muée en dénonciation ouverte et publique depuis le 24 août dernier. Ce jour-là en effet, une soixantaine d’employés de l’office adressait un pamphlet au directeur général – Amadou Vamoulké – pour dénoncer son “ management moderne ” qui, pour eux, n’est qu’un leurre. Deux jours plus tard, cinq directeurs de la Crtv prenaient le contre-pied des initiateurs de la fameuse lettre ouverte. Les directeurs dénoncent le ton “ irrévérencieux ” de la lettre ouverte. A les croire, la lettre est remplie de récriminations qui auraient dû rester internes et discutées dans le cadre d’une concertation. Au milieu de cette danse des motions de soutien et contre – lettre ouverte à Amadou Vamoulké, le gouvernement surgit, avec sa bouée de sauvetage. En l’occurrence la création, le 25 août dernier, 24 heures seulement après la fameuse lettre ouverte, d’un comité interministériel de restructuration de la Crtv. Un acte d’une spontanéité suspecte, perçu par l’opinion comme un complot ourdi, une maladresse de trop pour un gouvernement permanemment en quête d’un bouc émissaire. A la suite du traitement déjà fait sur ce sujet sensible, Le Messager s’est fait le devoir de rencontrer le directeur général de la Crtv. Pour comprendre comment il gère ces turbulences. Amadou Vamoulké parle de manipulation ; il se dit choqué par la virulence du contenu de la lettre ouverte…Mais il revendique la paternité de la démarche ayant abouti à la création du comité interministériel. Le Dg de la Crtv se dit surtout disposé à passer un coup d’éponge sur cette agitation sociale, si les ficelles de la crise ne sont pas tirées dans l’ombre. Lisez plutôt…

Comment avez-vous apprécié la dénonciation de votre gestion, dans une lettre ouverte que vous a adressée une partie du personnel de la Crtv en fin de semaine dernière ?
J’ai vu en cela une situation tragique. La dénonciation survient quelques semaines seulement après que j’ai effectué une tournée de chaque direction de l’office. Une tournée au cours de laquelle j’ai communiqué sur toutes les contraintes de l’office, les limites de nos moyens, mais surtout, l’ampleur de notre détermination à mener l’œuvre de modernisation de la Crtv à terme. Au cours du même exercice, j’ai recueilli les doléances des personnels. Tout ceci a été validé lors d’une réunion générale de restitution tenue le 30 juin. Nous avons pris des engagements réciproques qui ont commencé à être mis en œuvre. D’où ma surprise par rapport à l’initiative prise par un groupe minoritaire de mon personnel. Ce qui m’a davantage choqué, c’est la virulence du contenu, qui s’assimile à un acte de défiance. Sans oublier la ventilation du document à toute la République, ainsi qu’aux médias. Ce qui me laisse croire que le véritable destinataire du courrier, c’était eux, et pas moi.
J’ai vu en ce document l’expression d’un ressentiment légitime, mais également et surtout beaucoup de manipulation. En ce qui me concerne, j’estime que l’incident est clos, s’il ne revêt que des aspects corporatistes. J’ai réuni mes directeurs le 29 août 2006. Je me réjouis de constater que dans leur immense majorité, ceux-ci ont dénoncé l’initiative des rédacteurs de la lettre ouverte, et se sont engagés à remobiliser leurs troupes, pour les batailles futures que nous devons livrer et gagner.

Bien que les signataires soient minoritaires, leur brûlot semble avoir eu un écho retentissant. Puisqu’il a été immédiatement suivi de la création d’un comité interministériel pour la restructuration de la Crtv. Quelle analyse vous inspire cette prompte réaction gouvernementale ?
Je n’établis pas un lien causal entre la réaction gouvernementale et la lettre ouverte. Ce que je puis vous dire, c’est que c’est moi qui ait pris l’initiative de me rapprocher de la Ctr (Commission technique de réhabilitation et de restructuration des entreprises publiques et parapubliques, Ndlr), au vu des difficultés de l’office, à savoir : des problèmes de trésorerie ; une masse salariale élevée ; la vétusté de l’outil technique qui date des années 76 pour la radio, et 85 pour la télévision ; des problèmes d’ordre institutionnel. Une première mission de pré – diagnostic a séjourné à la Crtv en août 2005. Le 12 décembre 2005, j’ai rencontré le président de la Ctr. Ce dernier a pris part, quelques jours plus tard, à la 19ème session de notre Conseil d’Administration. Rencontre au cours de laquelle il a fait une communication spéciale. Au cours du mois de mars 2006, nos équipes ont travaillé avec celles du Ctr et du Mincom (ministère de la communication, Ndlr), pour commencer à déblayer le terrain. C’est donc un processus qui est en cours depuis un an. Je dirais même depuis plusieurs années, puisqu’une première mission de la Ctr a séjourné à la Crtv en août 1998. Il s’agissait d’une mission d’information et de pré-diagnostic. Je vous rappelle pour terminer, que la Crtv et l’Etat avaient signé un contrat de performance le 4 janvier 1990. Nous pensons que cet exercice est nécessaire et qu’il va nous faire du bien, au vu des difficultés qui sont les nôtres.

Des sources indiquent que vous serez opposé à cette démarche que vous qualifiez de complot contre votre personne. Les mêmes sources précisent que vous menacez de porter plainte au ministre de l’économie et des finances pour rétention de la redevance audiovisuelle. Qu’en est-il exactement ?
Je ne saurais m’opposer à cette initiative, car, comme je viens de vous le rappeler, c’est moi qui ai effectué la démarche en direction de la Ctr.

Ne vous sentez vous pas à l’étroit au sein de ce comité interministériel ?
Pas du tout. Il faut préciser que le Comité ne se substitue pas aux organes statutaires de la Crtv. Il s’agit d’une réhabilitation ou d’une restructuration, et non d’une gestion quotidienne de la Crtv. Il ne s’agit pas non plus d’une immixtion dans les prérogatives de la tutelle technique. La Crtv va donc continuer à fonctionner normalement. Elle va préparer des documents à soumettre au Comité. Ces documents donneront lieu à une discussion entre les parties. Le Comité, pour sa part, apportera son expertise, alors que la tutelle technique se fera garante de la poursuite du service public. Ne vous fiez donc pas au nombre des membres du Comité qui semble défavorable à la Crtv. Ce n’est pas cela la lecture à faire de la composition du Comité. Il s’agit d’un jeu à trois, au centre duquel se trouve la Crtv.

Vous auriez sollicité l’arbitrage du chef de l’Etat face au climat délétère qui règne actuellement à la Crtv. Peut-on savoir à quel niveau vous en êtes ?
Je ne sais pas de qui vous tenez votre information. Mais, à ma connaissance, elle est inexacte. En revanche, ce que je puis vous dire, c’est que je tiens du chef de l’Etat l’assurance que la Crtv ne sera jamais abandonnée. Et pour nous, c’est très important.

En riposte à la lettre ouverte, certains directeurs de l’office vous ont à leur tour, adressé une lettre de soutien. Est-ce une consolation supplémentaire ?
Je ne perçois pas cela comme une consolation. J’y vois une expression démocratique légitime. Et je ne vois pas pourquoi je m’en offusquerais.

Quelle solution préconisez-vous pour sortir de cette crise désormais ouverte à la Crtv ?
Je me considère comme le directeur général, donc le père de tous mes collaborateurs, en quelque sorte. Je voudrais qu’on retienne que je peux passer l’éponge sur ce qui s’est passé, à condition que le problème soit d’ordre corporatiste ou managérial, et que les uns et les autres m’aident à trouver des solutions. J’invite mes collaborateurs dont certains disposent de solides entrées auprès des instances de décisions, à mettre ces entrées au service de la solution de nos problèmes, plutôt qu’à celui de notre autodestruction. J’invite les responsables à éviter que le désordre arrive par eux, et à contrario, à tout mettre en œuvre pour que les choses marchent.

Au-delà de ce mauvais vent, qu’est-ce qui doit être durablement fait pour redresser la Crtv et la mettre définitivement sur les rails dans un contexte marqué par une rude concurrence ?
Nous avons déjà dit ce qu’il nous faut. Nous avons fait notre "homework", avec le concours de l’Ismp (Institut supérieur de management public, Ndlr). Mais, il nous manque le nerf de la guerre. C’est cela notre problème central. Nous avons réduit considérablement notre train de vie. Nous avons comprimé nos charges. Mais, nous avons besoin d’équipements de production, d’émetteurs, de véhicules, de pièces de rechange. Nous devons nous arrimer aux évolutions technologiques. Nous ne pouvons pas le faire avec un budget qui passe de 25 à 17 milliards, avec du matériel vétuste, avec des dettes. C’est pour cela que nous avons fait appel à la Ctr.

Quelle est la part de la Redevance audiovisuelle dans le budget de la Crtv ? Et quelle utilisation en faites-vous ?
La Rav (Redevance audiovisuelle, Ndlr) représente l’essentiel des revenus de la Crtv, soit à peu près 90 % des recettes. Sur un budget de 17 milliards en 2006, la Crtv attend 1,5 milliard de sa régie commerciale. Le reste provient de la Redevance, dont malheureusement, le volume a diminué drastiquement depuis l’année dernière. Nous sommes passés de 23 milliards, à seulement 15 à 16 milliards en 2006. Et on nous annonce même la baisse de ce montant, au vu du processus d’assainissement du fichier solde de l’Etat et de la situation de l’économie en général.
C’est cette ressource qui nous permet de fonctionner : paiement des salaires, des impôts, achat des équipements et pièces de rechange, bref de faire face à nos charges quotidiennes, qui sont énormes : les salaires représentent par exemple 600 millions de Fcfa. Ajoutez-y le téléphone, l’eau et l’électricité, les impôts, les cotisations à la Cnps, les assurances, la douane, l’acquisition de programmes et de droits sportifs, la production locale, la couverture des évènements et vous aurez une idée de nos charges. Nous devons entretenir un réseau dense constitué de : un Centre de production TV ; un Poste National Radio ;10 Stations provinciales ; 4 Chaînes FM ; 32 Centres de diffusion. Toutes ces structures sont vieilles. Leur maintien en activité coûte cher, et engloutit une grande partie de la Rav.

Quel bilan faites-vous de vos réalisations depuis votre arrivée à la tête de la Crtv en janvier 2005 ? Quelles ont été vos contraintes durant ce temps ?

Je crois que la Crtv est sur la bonne voie, en dépit des difficultés. Si tant est que l’antenne est le but ultime de notre action, alors il y a lieu de se satisfaire du feedback favorable que nous recueillons. "Bonjour" et "Hello" font notre fierté, ainsi que toutes les nouvelles émissions introduites dans la grille. La radio s’écoute de plus en plus. Nous avons été très sensibles à la reconnaissance du public, suite aux programmes consacrés à la préparation des examens officiels en fin d’année. Nous aurions pu faire mieux, car nos tiroirs fourmillent de projets, et nos personnels sont motivés. Malheureusement, nous marchons avec des chaussures de plomb.  

Par Réalisée par Marie Noëlle GUICHI
Le 01-09-2006

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Amadou Vamoulké sort de sa réserve

CRTV

Coups bas, règlements de comptes, fronde, affrontements tribaux, opposition entre les rédactions centrales et les stations provinciales, le malaise à la Cameroon Radio télévision, Crtv, n’était plus qu’un secret de polichinelle, même si le mastodonte paraissait calme. Une tranquillité bien apparente qui s’est muée en dénonciation ouverte et publique depuis le 24 août dernier. Ce jour-là en effet, une soixantaine d’employés de l’office adressait un pamphlet au directeur général – Amadou Vamoulké – pour dénoncer son “ management moderne ” qui, pour eux, n’est qu’un leurre. Deux jours plus tard, cinq directeurs de la Crtv prenaient le contre-pied des initiateurs de la fameuse lettre ouverte. Les directeurs dénoncent le ton “ irrévérencieux ” de la lettre ouverte. A les croire, la lettre est remplie de récriminations qui auraient dû rester internes et discutées dans le cadre d’une concertation. Au milieu de cette danse des motions de soutien et contre – lettre ouverte à Amadou Vamoulké, le gouvernement surgit, avec sa bouée de sauvetage. En l’occurrence la création, le 25 août dernier, 24 heures seulement après la fameuse lettre ouverte, d’un comité interministériel de restructuration de la Crtv. Un acte d’une spontanéité suspecte, perçu par l’opinion comme un complot ourdi, une maladresse de trop pour un gouvernement permanemment en quête d’un bouc émissaire. A la suite du traitement déjà fait sur ce sujet sensible, Le Messager s’est fait le devoir de rencontrer le directeur général de la Crtv. Pour comprendre comment il gère ces turbulences. Amadou Vamoulké parle de manipulation ; il se dit choqué par la virulence du contenu de la lettre ouverte…Mais il revendique la paternité de la démarche ayant abouti à la création du comité interministériel. Le Dg de la Crtv se dit surtout disposé à passer un coup d’éponge sur cette agitation sociale, si les ficelles de la crise ne sont pas tirées dans l’ombre. Lisez plutôt…

Comment avez-vous apprécié la dénonciation de votre gestion, dans une lettre ouverte que vous a adressée une partie du personnel de la Crtv en fin de semaine dernière ?
J’ai vu en cela une situation tragique. La dénonciation survient quelques semaines seulement après que j’ai effectué une tournée de chaque direction de l’office. Une tournée au cours de laquelle j’ai communiqué sur toutes les contraintes de l’office, les limites de nos moyens, mais surtout, l’ampleur de notre détermination à mener l’œuvre de modernisation de la Crtv à terme. Au cours du même exercice, j’ai recueilli les doléances des personnels. Tout ceci a été validé lors d’une réunion générale de restitution tenue le 30 juin. Nous avons pris des engagements réciproques qui ont commencé à être mis en œuvre. D’où ma surprise par rapport à l’initiative prise par un groupe minoritaire de mon personnel. Ce qui m’a davantage choqué, c’est la virulence du contenu, qui s’assimile à un acte de défiance. Sans oublier la ventilation du document à toute la République, ainsi qu’aux médias. Ce qui me laisse croire que le véritable destinataire du courrier, c’était eux, et pas moi.
J’ai vu en ce document l’expression d’un ressentiment légitime, mais également et surtout beaucoup de manipulation. En ce qui me concerne, j’estime que l’incident est clos, s’il ne revêt que des aspects corporatistes. J’ai réuni mes directeurs le 29 août 2006. Je me réjouis de constater que dans leur immense majorité, ceux-ci ont dénoncé l’initiative des rédacteurs de la lettre ouverte, et se sont engagés à remobiliser leurs troupes, pour les batailles futures que nous devons livrer et gagner.

Bien que les signataires soient minoritaires, leur brûlot semble avoir eu un écho retentissant. Puisqu’il a été immédiatement suivi de la création d’un comité interministériel pour la restructuration de la Crtv. Quelle analyse vous inspire cette prompte réaction gouvernementale ?
Je n’établis pas un lien causal entre la réaction gouvernementale et la lettre ouverte. Ce que je puis vous dire, c’est que c’est moi qui ait pris l’initiative de me rapprocher de la Ctr (Commission technique de réhabilitation et de restructuration des entreprises publiques et parapubliques, Ndlr), au vu des difficultés de l’office, à savoir : des problèmes de trésorerie ; une masse salariale élevée ; la vétusté de l’outil technique qui date des années 76 pour la radio, et 85 pour la télévision ; des problèmes d’ordre institutionnel. Une première mission de pré – diagnostic a séjourné à la Crtv en août 2005. Le 12 décembre 2005, j’ai rencontré le président de la Ctr. Ce dernier a pris part, quelques jours plus tard, à la 19ème session de notre Conseil d’Administration. Rencontre au cours de laquelle il a fait une communication spéciale. Au cours du mois de mars 2006, nos équipes ont travaillé avec celles du Ctr et du Mincom (ministère de la communication, Ndlr), pour commencer à déblayer le terrain. C’est donc un processus qui est en cours depuis un an. Je dirais même depuis plusieurs années, puisqu’une première mission de la Ctr a séjourné à la Crtv en août 1998. Il s’agissait d’une mission d’information et de pré-diagnostic. Je vous rappelle pour terminer, que la Crtv et l’Etat avaient signé un contrat de performance le 4 janvier 1990. Nous pensons que cet exercice est nécessaire et qu’il va nous faire du bien, au vu des difficultés qui sont les nôtres.

Des sources indiquent que vous serez opposé à cette démarche que vous qualifiez de complot contre votre personne. Les mêmes sources précisent que vous menacez de porter plainte au ministre de l’économie et des finances pour rétention de la redevance audiovisuelle. Qu’en est-il exactement ?
Je ne saurais m’opposer à cette initiative, car, comme je viens de vous le rappeler, c’est moi qui ai effectué la démarche en direction de la Ctr.

Ne vous sentez vous pas à l’étroit au sein de ce comité interministériel ?
Pas du tout. Il faut préciser que le Comité ne se substitue pas aux organes statutaires de la Crtv. Il s’agit d’une réhabilitation ou d’une restructuration, et non d’une gestion quotidienne de la Crtv. Il ne s’agit pas non plus d’une immixtion dans les prérogatives de la tutelle technique. La Crtv va donc continuer à fonctionner normalement. Elle va préparer des documents à soumettre au Comité. Ces documents donneront lieu à une discussion entre les parties. Le Comité, pour sa part, apportera son expertise, alors que la tutelle technique se fera garante de la poursuite du service public. Ne vous fiez donc pas au nombre des membres du Comité qui semble défavorable à la Crtv. Ce n’est pas cela la lecture à faire de la composition du Comité. Il s’agit d’un jeu à trois, au centre duquel se trouve la Crtv.

Vous auriez sollicité l’arbitrage du chef de l’Etat face au climat délétère qui règne actuellement à la Crtv. Peut-on savoir à quel niveau vous en êtes ?
Je ne sais pas de qui vous tenez votre information. Mais, à ma connaissance, elle est inexacte. En revanche, ce que je puis vous dire, c’est que je tiens du chef de l’Etat l’assurance que la Crtv ne sera jamais abandonnée. Et pour nous, c’est très important.

En riposte à la lettre ouverte, certains directeurs de l’office vous ont à leur tour, adressé une lettre de soutien. Est-ce une consolation supplémentaire ?
Je ne perçois pas cela comme une consolation. J’y vois une expression démocratique légitime. Et je ne vois pas pourquoi je m’en offusquerais.

Quelle solution préconisez-vous pour sortir de cette crise désormais ouverte à la Crtv ?
Je me considère comme le directeur général, donc le père de tous mes collaborateurs, en quelque sorte. Je voudrais qu’on retienne que je peux passer l’éponge sur ce qui s’est passé, à condition que le problème soit d’ordre corporatiste ou managérial, et que les uns et les autres m’aident à trouver des solutions. J’invite mes collaborateurs dont certains disposent de solides entrées auprès des instances de décisions, à mettre ces entrées au service de la solution de nos problèmes, plutôt qu’à celui de notre autodestruction. J’invite les responsables à éviter que le désordre arrive par eux, et à contrario, à tout mettre en œuvre pour que les choses marchent.

Au-delà de ce mauvais vent, qu’est-ce qui doit être durablement fait pour redresser la Crtv et la mettre définitivement sur les rails dans un contexte marqué par une rude concurrence ?
Nous avons déjà dit ce qu’il nous faut. Nous avons fait notre "homework", avec le concours de l’Ismp (Institut supérieur de management public, Ndlr). Mais, il nous manque le nerf de la guerre. C’est cela notre problème central. Nous avons réduit considérablement notre train de vie. Nous avons comprimé nos charges. Mais, nous avons besoin d’équipements de production, d’émetteurs, de véhicules, de pièces de rechange. Nous devons nous arrimer aux évolutions technologiques. Nous ne pouvons pas le faire avec un budget qui passe de 25 à 17 milliards, avec du matériel vétuste, avec des dettes. C’est pour cela que nous avons fait appel à la Ctr.

Quelle est la part de la Redevance audiovisuelle dans le budget de la Crtv ? Et quelle utilisation en faites-vous ?
La Rav (Redevance audiovisuelle, Ndlr) représente l’essentiel des revenus de la Crtv, soit à peu près 90 % des recettes. Sur un budget de 17 milliards en 2006, la Crtv attend 1,5 milliard de sa régie commerciale. Le reste provient de la Redevance, dont malheureusement, le volume a diminué drastiquement depuis l’année dernière. Nous sommes passés de 23 milliards, à seulement 15 à 16 milliards en 2006. Et on nous annonce même la baisse de ce montant, au vu du processus d’assainissement du fichier solde de l’Etat et de la situation de l’économie en général.
C’est cette ressource qui nous permet de fonctionner : paiement des salaires, des impôts, achat des équipements et pièces de rechange, bref de faire face à nos charges quotidiennes, qui sont énormes : les salaires représentent par exemple 600 millions de Fcfa. Ajoutez-y le téléphone, l’eau et l’électricité, les impôts, les cotisations à la Cnps, les assurances, la douane, l’acquisition de programmes et de droits sportifs, la production locale, la couverture des évènements et vous aurez une idée de nos charges. Nous devons entretenir un réseau dense constitué de : un Centre de production TV ; un Poste National Radio ;10 Stations provinciales ; 4 Chaînes FM ; 32 Centres de diffusion. Toutes ces structures sont vieilles. Leur maintien en activité coûte cher, et engloutit une grande partie de la Rav.

Quel bilan faites-vous de vos réalisations depuis votre arrivée à la tête de la Crtv en janvier 2005 ? Quelles ont été vos contraintes durant ce temps ?

Je crois que la Crtv est sur la bonne voie, en dépit des difficultés. Si tant est que l’antenne est le but ultime de notre action, alors il y a lieu de se satisfaire du feedback favorable que nous recueillons. "Bonjour" et "Hello" font notre fierté, ainsi que toutes les nouvelles émissions introduites dans la grille. La radio s’écoute de plus en plus. Nous avons été très sensibles à la reconnaissance du public, suite aux programmes consacrés à la préparation des examens officiels en fin d’année. Nous aurions pu faire mieux, car nos tiroirs fourmillent de projets, et nos personnels sont motivés. Malheureusement, nous marchons avec des chaussures de plomb.  

Par Réalisée par Marie Noëlle GUICHI
Le 01-09-2006

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Amadou Vamoulké sort de sa réserve

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Coups bas, règlements de comptes, fronde, affrontements tribaux, opposition entre les rédactions centrales et les stations provinciales, le malaise à la Cameroon Radio télévision, Crtv, n’était plus qu’un secret de polichinelle, même si le mastodonte paraissait calme. Une tranquillité bien apparente qui s’est muée en dénonciation ouverte et publique depuis le 24 août dernier. Ce jour-là en effet, une soixantaine d’employés de l’office adressait un pamphlet au directeur général – Amadou Vamoulké – pour dénoncer son “ management moderne ” qui, pour eux, n’est qu’un leurre. Deux jours plus tard, cinq directeurs de la Crtv prenaient le contre-pied des initiateurs de la fameuse lettre ouverte. Les directeurs dénoncent le ton “ irrévérencieux ” de la lettre ouverte. A les croire, la lettre est remplie de récriminations qui auraient dû rester internes et discutées dans le cadre d’une concertation. Au milieu de cette danse des motions de soutien et contre – lettre ouverte à Amadou Vamoulké, le gouvernement surgit, avec sa bouée de sauvetage. En l’occurrence la création, le 25 août dernier, 24 heures seulement après la fameuse lettre ouverte, d’un comité interministériel de restructuration de la Crtv. Un acte d’une spontanéité suspecte, perçu par l’opinion comme un complot ourdi, une maladresse de trop pour un gouvernement permanemment en quête d’un bouc émissaire. A la suite du traitement déjà fait sur ce sujet sensible, Le Messager s’est fait le devoir de rencontrer le directeur général de la Crtv. Pour comprendre comment il gère ces turbulences. Amadou Vamoulké parle de manipulation ; il se dit choqué par la virulence du contenu de la lettre ouverte…Mais il revendique la paternité de la démarche ayant abouti à la création du comité interministériel. Le Dg de la Crtv se dit surtout disposé à passer un coup d’éponge sur cette agitation sociale, si les ficelles de la crise ne sont pas tirées dans l’ombre. Lisez plutôt…

Comment avez-vous apprécié la dénonciation de votre gestion, dans une lettre ouverte que vous a adressée une partie du personnel de la Crtv en fin de semaine dernière ?
J’ai vu en cela une situation tragique. La dénonciation survient quelques semaines seulement après que j’ai effectué une tournée de chaque direction de l’office. Une tournée au cours de laquelle j’ai communiqué sur toutes les contraintes de l’office, les limites de nos moyens, mais surtout, l’ampleur de notre détermination à mener l’œuvre de modernisation de la Crtv à terme. Au cours du même exercice, j’ai recueilli les doléances des personnels. Tout ceci a été validé lors d’une réunion générale de restitution tenue le 30 juin. Nous avons pris des engagements réciproques qui ont commencé à être mis en œuvre. D’où ma surprise par rapport à l’initiative prise par un groupe minoritaire de mon personnel. Ce qui m’a davantage choqué, c’est la virulence du contenu, qui s’assimile à un acte de défiance. Sans oublier la ventilation du document à toute la République, ainsi qu’aux médias. Ce qui me laisse croire que le véritable destinataire du courrier, c’était eux, et pas moi.
J’ai vu en ce document l’expression d’un ressentiment légitime, mais également et surtout beaucoup de manipulation. En ce qui me concerne, j’estime que l’incident est clos, s’il ne revêt que des aspects corporatistes. J’ai réuni mes directeurs le 29 août 2006. Je me réjouis de constater que dans leur immense majorité, ceux-ci ont dénoncé l’initiative des rédacteurs de la lettre ouverte, et se sont engagés à remobiliser leurs troupes, pour les batailles futures que nous devons livrer et gagner.

Bien que les signataires soient minoritaires, leur brûlot semble avoir eu un écho retentissant. Puisqu’il a été immédiatement suivi de la création d’un comité interministériel pour la restructuration de la Crtv. Quelle analyse vous inspire cette prompte réaction gouvernementale ?
Je n’établis pas un lien causal entre la réaction gouvernementale et la lettre ouverte. Ce que je puis vous dire, c’est que c’est moi qui ait pris l’initiative de me rapprocher de la Ctr (Commission technique de réhabilitation et de restructuration des entreprises publiques et parapubliques, Ndlr), au vu des difficultés de l’office, à savoir : des problèmes de trésorerie ; une masse salariale élevée ; la vétusté de l’outil technique qui date des années 76 pour la radio, et 85 pour la télévision ; des problèmes d’ordre institutionnel. Une première mission de pré – diagnostic a séjourné à la Crtv en août 2005. Le 12 décembre 2005, j’ai rencontré le président de la Ctr. Ce dernier a pris part, quelques jours plus tard, à la 19ème session de notre Conseil d’Administration. Rencontre au cours de laquelle il a fait une communication spéciale. Au cours du mois de mars 2006, nos équipes ont travaillé avec celles du Ctr et du Mincom (ministère de la communication, Ndlr), pour commencer à déblayer le terrain. C’est donc un processus qui est en cours depuis un an. Je dirais même depuis plusieurs années, puisqu’une première mission de la Ctr a séjourné à la Crtv en août 1998. Il s’agissait d’une mission d’information et de pré-diagnostic. Je vous rappelle pour terminer, que la Crtv et l’Etat avaient signé un contrat de performance le 4 janvier 1990. Nous pensons que cet exercice est nécessaire et qu’il va nous faire du bien, au vu des difficultés qui sont les nôtres.

Des sources indiquent que vous serez opposé à cette démarche que vous qualifiez de complot contre votre personne. Les mêmes sources précisent que vous menacez de porter plainte au ministre de l’économie et des finances pour rétention de la redevance audiovisuelle. Qu’en est-il exactement ?
Je ne saurais m’opposer à cette initiative, car, comme je viens de vous le rappeler, c’est moi qui ai effectué la démarche en direction de la Ctr.

Ne vous sentez vous pas à l’étroit au sein de ce comité interministériel ?
Pas du tout. Il faut préciser que le Comité ne se substitue pas aux organes statutaires de la Crtv. Il s’agit d’une réhabilitation ou d’une restructuration, et non d’une gestion quotidienne de la Crtv. Il ne s’agit pas non plus d’une immixtion dans les prérogatives de la tutelle technique. La Crtv va donc continuer à fonctionner normalement. Elle va préparer des documents à soumettre au Comité. Ces documents donneront lieu à une discussion entre les parties. Le Comité, pour sa part, apportera son expertise, alors que la tutelle technique se fera garante de la poursuite du service public. Ne vous fiez donc pas au nombre des membres du Comité qui semble défavorable à la Crtv. Ce n’est pas cela la lecture à faire de la composition du Comité. Il s’agit d’un jeu à trois, au centre duquel se trouve la Crtv.

Vous auriez sollicité l’arbitrage du chef de l’Etat face au climat délétère qui règne actuellement à la Crtv. Peut-on savoir à quel niveau vous en êtes ?
Je ne sais pas de qui vous tenez votre information. Mais, à ma connaissance, elle est inexacte. En revanche, ce que je puis vous dire, c’est que je tiens du chef de l’Etat l’assurance que la Crtv ne sera jamais abandonnée. Et pour nous, c’est très important.

En riposte à la lettre ouverte, certains directeurs de l’office vous ont à leur tour, adressé une lettre de soutien. Est-ce une consolation supplémentaire ?
Je ne perçois pas cela comme une consolation. J’y vois une expression démocratique légitime. Et je ne vois pas pourquoi je m’en offusquerais.

Quelle solution préconisez-vous pour sortir de cette crise désormais ouverte à la Crtv ?
Je me considère comme le directeur général, donc le père de tous mes collaborateurs, en quelque sorte. Je voudrais qu’on retienne que je peux passer l’éponge sur ce qui s’est passé, à condition que le problème soit d’ordre corporatiste ou managérial, et que les uns et les autres m’aident à trouver des solutions. J’invite mes collaborateurs dont certains disposent de solides entrées auprès des instances de décisions, à mettre ces entrées au service de la solution de nos problèmes, plutôt qu’à celui de notre autodestruction. J’invite les responsables à éviter que le désordre arrive par eux, et à contrario, à tout mettre en œuvre pour que les choses marchent.

Au-delà de ce mauvais vent, qu’est-ce qui doit être durablement fait pour redresser la Crtv et la mettre définitivement sur les rails dans un contexte marqué par une rude concurrence ?
Nous avons déjà dit ce qu’il nous faut. Nous avons fait notre "homework", avec le concours de l’Ismp (Institut supérieur de management public, Ndlr). Mais, il nous manque le nerf de la guerre. C’est cela notre problème central. Nous avons réduit considérablement notre train de vie. Nous avons comprimé nos charges. Mais, nous avons besoin d’équipements de production, d’émetteurs, de véhicules, de pièces de rechange. Nous devons nous arrimer aux évolutions technologiques. Nous ne pouvons pas le faire avec un budget qui passe de 25 à 17 milliards, avec du matériel vétuste, avec des dettes. C’est pour cela que nous avons fait appel à la Ctr.

Quelle est la part de la Redevance audiovisuelle dans le budget de la Crtv ? Et quelle utilisation en faites-vous ?
La Rav (Redevance audiovisuelle, Ndlr) représente l’essentiel des revenus de la Crtv, soit à peu près 90 % des recettes. Sur un budget de 17 milliards en 2006, la Crtv attend 1,5 milliard de sa régie commerciale. Le reste provient de la Redevance, dont malheureusement, le volume a diminué drastiquement depuis l’année dernière. Nous sommes passés de 23 milliards, à seulement 15 à 16 milliards en 2006. Et on nous annonce même la baisse de ce montant, au vu du processus d’assainissement du fichier solde de l’Etat et de la situation de l’économie en général.
C’est cette ressource qui nous permet de fonctionner : paiement des salaires, des impôts, achat des équipements et pièces de rechange, bref de faire face à nos charges quotidiennes, qui sont énormes : les salaires représentent par exemple 600 millions de Fcfa. Ajoutez-y le téléphone, l’eau et l’électricité, les impôts, les cotisations à la Cnps, les assurances, la douane, l’acquisition de programmes et de droits sportifs, la production locale, la couverture des évènements et vous aurez une idée de nos charges. Nous devons entretenir un réseau dense constitué de : un Centre de production TV ; un Poste National Radio ;10 Stations provinciales ; 4 Chaînes FM ; 32 Centres de diffusion. Toutes ces structures sont vieilles. Leur maintien en activité coûte cher, et engloutit une grande partie de la Rav.

Quel bilan faites-vous de vos réalisations depuis votre arrivée à la tête de la Crtv en janvier 2005 ? Quelles ont été vos contraintes durant ce temps ?

Je crois que la Crtv est sur la bonne voie, en dépit des difficultés. Si tant est que l’antenne est le but ultime de notre action, alors il y a lieu de se satisfaire du feedback favorable que nous recueillons. "Bonjour" et "Hello" font notre fierté, ainsi que toutes les nouvelles émissions introduites dans la grille. La radio s’écoute de plus en plus. Nous avons été très sensibles à la reconnaissance du public, suite aux programmes consacrés à la préparation des examens officiels en fin d’année. Nous aurions pu faire mieux, car nos tiroirs fourmillent de projets, et nos personnels sont motivés. Malheureusement, nous marchons avec des chaussures de plomb.  

Par Réalisée par Marie Noëlle GUICHI
Le 01-09-2006

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Non classé

Amadou Vamoulké sort de sa réserve

CRTV

Coups bas, règlements de comptes, fronde, affrontements tribaux, opposition entre les rédactions centrales et les stations provinciales, le malaise à la Cameroon Radio télévision, Crtv, n’était plus qu’un secret de polichinelle, même si le mastodonte paraissait calme. Une tranquillité bien apparente qui s’est muée en dénonciation ouverte et publique depuis le 24 août dernier. Ce jour-là en effet, une soixantaine d’employés de l’office adressait un pamphlet au directeur général – Amadou Vamoulké – pour dénoncer son “ management moderne ” qui, pour eux, n’est qu’un leurre. Deux jours plus tard, cinq directeurs de la Crtv prenaient le contre-pied des initiateurs de la fameuse lettre ouverte. Les directeurs dénoncent le ton “ irrévérencieux ” de la lettre ouverte. A les croire, la lettre est remplie de récriminations qui auraient dû rester internes et discutées dans le cadre d’une concertation. Au milieu de cette danse des motions de soutien et contre – lettre ouverte à Amadou Vamoulké, le gouvernement surgit, avec sa bouée de sauvetage. En l’occurrence la création, le 25 août dernier, 24 heures seulement après la fameuse lettre ouverte, d’un comité interministériel de restructuration de la Crtv. Un acte d’une spontanéité suspecte, perçu par l’opinion comme un complot ourdi, une maladresse de trop pour un gouvernement permanemment en quête d’un bouc émissaire. A la suite du traitement déjà fait sur ce sujet sensible, Le Messager s’est fait le devoir de rencontrer le directeur général de la Crtv. Pour comprendre comment il gère ces turbulences. Amadou Vamoulké parle de manipulation ; il se dit choqué par la virulence du contenu de la lettre ouverte…Mais il revendique la paternité de la démarche ayant abouti à la création du comité interministériel. Le Dg de la Crtv se dit surtout disposé à passer un coup d’éponge sur cette agitation sociale, si les ficelles de la crise ne sont pas tirées dans l’ombre. Lisez plutôt…

Comment avez-vous apprécié la dénonciation de votre gestion, dans une lettre ouverte que vous a adressée une partie du personnel de la Crtv en fin de semaine dernière ?
J’ai vu en cela une situation tragique. La dénonciation survient quelques semaines seulement après que j’ai effectué une tournée de chaque direction de l’office. Une tournée au cours de laquelle j’ai communiqué sur toutes les contraintes de l’office, les limites de nos moyens, mais surtout, l’ampleur de notre détermination à mener l’œuvre de modernisation de la Crtv à terme. Au cours du même exercice, j’ai recueilli les doléances des personnels. Tout ceci a été validé lors d’une réunion générale de restitution tenue le 30 juin. Nous avons pris des engagements réciproques qui ont commencé à être mis en œuvre. D’où ma surprise par rapport à l’initiative prise par un groupe minoritaire de mon personnel. Ce qui m’a davantage choqué, c’est la virulence du contenu, qui s’assimile à un acte de défiance. Sans oublier la ventilation du document à toute la République, ainsi qu’aux médias. Ce qui me laisse croire que le véritable destinataire du courrier, c’était eux, et pas moi.
J’ai vu en ce document l’expression d’un ressentiment légitime, mais également et surtout beaucoup de manipulation. En ce qui me concerne, j’estime que l’incident est clos, s’il ne revêt que des aspects corporatistes. J’ai réuni mes directeurs le 29 août 2006. Je me réjouis de constater que dans leur immense majorité, ceux-ci ont dénoncé l’initiative des rédacteurs de la lettre ouverte, et se sont engagés à remobiliser leurs troupes, pour les batailles futures que nous devons livrer et gagner.

Bien que les signataires soient minoritaires, leur brûlot semble avoir eu un écho retentissant. Puisqu’il a été immédiatement suivi de la création d’un comité interministériel pour la restructuration de la Crtv. Quelle analyse vous inspire cette prompte réaction gouvernementale ?
Je n’établis pas un lien causal entre la réaction gouvernementale et la lettre ouverte. Ce que je puis vous dire, c’est que c’est moi qui ait pris l’initiative de me rapprocher de la Ctr (Commission technique de réhabilitation et de restructuration des entreprises publiques et parapubliques, Ndlr), au vu des difficultés de l’office, à savoir : des problèmes de trésorerie ; une masse salariale élevée ; la vétusté de l’outil technique qui date des années 76 pour la radio, et 85 pour la télévision ; des problèmes d’ordre institutionnel. Une première mission de pré – diagnostic a séjourné à la Crtv en août 2005. Le 12 décembre 2005, j’ai rencontré le président de la Ctr. Ce dernier a pris part, quelques jours plus tard, à la 19ème session de notre Conseil d’Administration. Rencontre au cours de laquelle il a fait une communication spéciale. Au cours du mois de mars 2006, nos équipes ont travaillé avec celles du Ctr et du Mincom (ministère de la communication, Ndlr), pour commencer à déblayer le terrain. C’est donc un processus qui est en cours depuis un an. Je dirais même depuis plusieurs années, puisqu’une première mission de la Ctr a séjourné à la Crtv en août 1998. Il s’agissait d’une mission d’information et de pré-diagnostic. Je vous rappelle pour terminer, que la Crtv et l’Etat avaient signé un contrat de performance le 4 janvier 1990. Nous pensons que cet exercice est nécessaire et qu’il va nous faire du bien, au vu des difficultés qui sont les nôtres.

Des sources indiquent que vous serez opposé à cette démarche que vous qualifiez de complot contre votre personne. Les mêmes sources précisent que vous menacez de porter plainte au ministre de l’économie et des finances pour rétention de la redevance audiovisuelle. Qu’en est-il exactement ?
Je ne saurais m’opposer à cette initiative, car, comme je viens de vous le rappeler, c’est moi qui ai effectué la démarche en direction de la Ctr.

Ne vous sentez vous pas à l’étroit au sein de ce comité interministériel ?
Pas du tout. Il faut préciser que le Comité ne se substitue pas aux organes statutaires de la Crtv. Il s’agit d’une réhabilitation ou d’une restructuration, et non d’une gestion quotidienne de la Crtv. Il ne s’agit pas non plus d’une immixtion dans les prérogatives de la tutelle technique. La Crtv va donc continuer à fonctionner normalement. Elle va préparer des documents à soumettre au Comité. Ces documents donneront lieu à une discussion entre les parties. Le Comité, pour sa part, apportera son expertise, alors que la tutelle technique se fera garante de la poursuite du service public. Ne vous fiez donc pas au nombre des membres du Comité qui semble défavorable à la Crtv. Ce n’est pas cela la lecture à faire de la composition du Comité. Il s’agit d’un jeu à trois, au centre duquel se trouve la Crtv.

Vous auriez sollicité l’arbitrage du chef de l’Etat face au climat délétère qui règne actuellement à la Crtv. Peut-on savoir à quel niveau vous en êtes ?
Je ne sais pas de qui vous tenez votre information. Mais, à ma connaissance, elle est inexacte. En revanche, ce que je puis vous dire, c’est que je tiens du chef de l’Etat l’assurance que la Crtv ne sera jamais abandonnée. Et pour nous, c’est très important.

En riposte à la lettre ouverte, certains directeurs de l’office vous ont à leur tour, adressé une lettre de soutien. Est-ce une consolation supplémentaire ?
Je ne perçois pas cela comme une consolation. J’y vois une expression démocratique légitime. Et je ne vois pas pourquoi je m’en offusquerais.

Quelle solution préconisez-vous pour sortir de cette crise désormais ouverte à la Crtv ?
Je me considère comme le directeur général, donc le père de tous mes collaborateurs, en quelque sorte. Je voudrais qu’on retienne que je peux passer l’éponge sur ce qui s’est passé, à condition que le problème soit d’ordre corporatiste ou managérial, et que les uns et les autres m’aident à trouver des solutions. J’invite mes collaborateurs dont certains disposent de solides entrées auprès des instances de décisions, à mettre ces entrées au service de la solution de nos problèmes, plutôt qu’à celui de notre autodestruction. J’invite les responsables à éviter que le désordre arrive par eux, et à contrario, à tout mettre en œuvre pour que les choses marchent.

Au-delà de ce mauvais vent, qu’est-ce qui doit être durablement fait pour redresser la Crtv et la mettre définitivement sur les rails dans un contexte marqué par une rude concurrence ?
Nous avons déjà dit ce qu’il nous faut. Nous avons fait notre "homework", avec le concours de l’Ismp (Institut supérieur de management public, Ndlr). Mais, il nous manque le nerf de la guerre. C’est cela notre problème central. Nous avons réduit considérablement notre train de vie. Nous avons comprimé nos charges. Mais, nous avons besoin d’équipements de production, d’émetteurs, de véhicules, de pièces de rechange. Nous devons nous arrimer aux évolutions technologiques. Nous ne pouvons pas le faire avec un budget qui passe de 25 à 17 milliards, avec du matériel vétuste, avec des dettes. C’est pour cela que nous avons fait appel à la Ctr.

Quelle est la part de la Redevance audiovisuelle dans le budget de la Crtv ? Et quelle utilisation en faites-vous ?
La Rav (Redevance audiovisuelle, Ndlr) représente l’essentiel des revenus de la Crtv, soit à peu près 90 % des recettes. Sur un budget de 17 milliards en 2006, la Crtv attend 1,5 milliard de sa régie commerciale. Le reste provient de la Redevance, dont malheureusement, le volume a diminué drastiquement depuis l’année dernière. Nous sommes passés de 23 milliards, à seulement 15 à 16 milliards en 2006. Et on nous annonce même la baisse de ce montant, au vu du processus d’assainissement du fichier solde de l’Etat et de la situation de l’économie en général.
C’est cette ressource qui nous permet de fonctionner : paiement des salaires, des impôts, achat des équipements et pièces de rechange, bref de faire face à nos charges quotidiennes, qui sont énormes : les salaires représentent par exemple 600 millions de Fcfa. Ajoutez-y le téléphone, l’eau et l’électricité, les impôts, les cotisations à la Cnps, les assurances, la douane, l’acquisition de programmes et de droits sportifs, la production locale, la couverture des évènements et vous aurez une idée de nos charges. Nous devons entretenir un réseau dense constitué de : un Centre de production TV ; un Poste National Radio ;10 Stations provinciales ; 4 Chaînes FM ; 32 Centres de diffusion. Toutes ces structures sont vieilles. Leur maintien en activité coûte cher, et engloutit une grande partie de la Rav.

Quel bilan faites-vous de vos réalisations depuis votre arrivée à la tête de la Crtv en janvier 2005 ? Quelles ont été vos contraintes durant ce temps ?

Je crois que la Crtv est sur la bonne voie, en dépit des difficultés. Si tant est que l’antenne est le but ultime de notre action, alors il y a lieu de se satisfaire du feedback favorable que nous recueillons. "Bonjour" et "Hello" font notre fierté, ainsi que toutes les nouvelles émissions introduites dans la grille. La radio s’écoute de plus en plus. Nous avons été très sensibles à la reconnaissance du public, suite aux programmes consacrés à la préparation des examens officiels en fin d’année. Nous aurions pu faire mieux, car nos tiroirs fourmillent de projets, et nos personnels sont motivés. Malheureusement, nous marchons avec des chaussures de plomb.  

Par Réalisée par Marie Noëlle GUICHI
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