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Espace livres : Albert Ndongmo, mon modèle

Paul Valentin Emog fait une monographie de l’ancien évêque de Nkongsamba.
Jules Romuald Nkonlak – Raconter la vie d’Albert Ndongmo peut être un bon raccourci pour raconter une période importante de l’histoire du Cameroun. L’homme, qui est décédé en 1992, après plusieurs années d’exil au Canada, a en effet été impliqué dans des événements qui aujourd’hui encore font de lui un personnage controversé. C’est cet homme que l’historien Paul-Valentin Emog a choisi de revisiter. Et forcément, son livre, "Le porteur de cornes", permet de revisiter la période de lutte nationaliste au Cameroun, de revisiter la ville de Nkongsamba qui fut à un moment l’un des poumons économiques du Cameroun, de rappeler à notre souvenir des personnages qi ont à un moment ou à un autre, joué un rôle important dans la vie du pays.
Si Paul-Valentin Emog s’est intéressé à la vie de Mgr Ndongmo, c’est parce qu’il s’est retrouvé à un moment donné de sa carrière en service dans la ville de Nkongsamba où le prelat a passé l’essentiel de son ministère. C’est parce qu’il a admiré l’homme d’Eglise tout jeune. Mais c’est surtout parce que, pour lui, "qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il demeure que Mgr Albert Ndongmo était un homme de valeurs au même titre que Desmond Tutu, Diallo Telli, Cheikh Anta Diop, Nelson Mandela…"

L’auteur écrit notamment à la page 49 de son livre : "En choisissant de dégager les leçons à tirer de la vie de Mgr Albert Ndongmo, je voudrais m’efforcer -par ces temps où la superficialité est de mise- de rechercher ce qui peut édifier ou enrichir une existence. (…) Je souhaiterais aussi interpeler intimément chacun d’entre nous et surtout la jeunesse qui a tout son avenir devant elle : une vie à bâtir en s’appuyant sur des modèles ou des grands maîtres ou, à défaut, sur des points d’ancrage inspirés de l’expérience d’hommes de valeur."
Paul-Valentin Emog s’est appuyé sur des ouvrages sur l’histoire du Cameroun, sur des interviews et sur des témoignages pour revenir sur la vie de Mgr Ndongmo.

L’historien pense que la mission terrestre de l’évêque de Nkongsamba, qu’il a bien accomplie, lui était confiée dès le berceau. Par son nom déjà, Ndongmo, qui signifie le "porteur de cornes", par l’environnement dans lequel il a vécu également, de Dshang à Nkongsamba, régions qui ont été le théâtre d’un certain nombre d’affrontements dans la lutte des Camerounais pour se libérer de l’emprise coloniale.
Dans cet environnement, Albert Ndongmo que l’on découvre dans ce portrait géant comme un élève doué, et plus tard un bon pàrêtre, aura son rôle à jouer. Le côté le plus controversé de son personnage, l’un de ceux que l’on gardera plus tard de lui, c’est sa relation avec le pouvoir et avec l’Union des populations du Cameroun (Upc). En 1970, l’évêque de Nkongsamba a été condamné à la suite d’un procès dans lequel il était accusé d’avoir projeté un coup d’Etat avec des "maquisards".

Quelque temps plus tôt, Ernest Ouandié, président de l’Upc, avait été arrêté après avoir passé un moment avec le prélat. Ce qui a conduit un certain nombre de personnes à penser que l’évêque avait trahi le leader nationaliste.
"Si la question de savoir si Mgr Ndongmo a trahi la cause nationaliste est particulièrement délicate, elle mérite cependant d’être abordée, car nombreux sont ceux qui s’interrogent encore sur le rôle qu’il a réellement joué dans l’arrestation d’Ernest Ouandié. Dans certains milieux, on continue de douter de sa mission de médiation pour le taxer de traître. Certains croient fermement que le jeune prélat était spécialement chargé d’attirer le chef rebelle dans un traquenard afin que les forces de l’ordre se saisissent de lui. Si cela était vrai, on pourrait dire que tous les dirigeants de l’Upc ont connu la même fin tragiques, victimes de trahison d’une de leurs plus proches relations" (P. 85).

Le livre d’Emog s’étend largement sur les relations de Mgr Ndongmo avec la politique. Mais, ces questions qui ont longtemps été soulevées sur son rôle dans l’arrestation d’Ernest Ouandié restent encore sans réponse. L’historien a essayé d’analyser des pistes et on perçoit bien que lui, pense fermement que le prélat n’a pas trahi., mais a été victime du pouvoir en place. Tout comme il est présenté en victime naïve de Wambo "le courant" et son groupe dans l’affaire de la tentative de coup d’Etat pour laquelle il passera cinq années de détention et plus de de quinze années d’exil au Canada.
Paul-Valentin Emog avoue avoir écrit son livre pour présenter aux jeunes un modèle. Il a permi de remettre sur la place publique l’histoire bouleversante d’un prêtre qui faisait peur. Il est revenu sur les épisodes controversés de sa vie, tout comme sur sa grandeur d’âme. Mais ce document suffira-t-il à rallumer cette flamme dans le coeur des jeunes Camerounais ?

Mutations

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Désastre : Au secours du centre de production !

Plus de caméras, plus de climatisation, plus d’émetteurs, etc.
Christophe Bobiokono


Les téléspectateurs de la Cameroon Radio Television de Douala ont été sevrés d’images à plusieurs reprises au cours de la semaine écoulée. Comme toujours, ces suspensions intempestives d’émission étaient attribuées à des " problèmes techniques " consécutifs, selon les recoupements faits par Mutations, aux pluies interminables qui tombent à Douala ces dernières semaines. En fait, ce constat traduit la frilosité du système de transmission de la Crtv. Et, par extension, de l’ensemble de l’outil de production de l’entreprise.

Dans la lettre ouverte adressé au directeur général le 24 août 2006, une partie du personnel faisait d’ailleurs remarquer que " l’outil technique [de la Crtv] ne permet pas aux employés de donner le meilleur d’eux-mêmes pour relever les défis qui interpellent l’entreprise face à une concurrence de plus en plus rude ". Ils ajoutaient que " [leur] environnement global de travail est déplorable et commence à constituer une réelle menace pour la santé des employés du fait du surchauffement des équipements, de leur trop grande vétusté et de la présence avérée de l’amiante. Faites un tour dans les bancs de montage, la matrix, les studios de production, de continuité du journal, les centres de diffusion pour vivre, en l’espace de quelques minutes, le calvaire quotidien et le niveau d’exposition aux radiations de ceux qui y travaillent ".

Le 25 août dernier, deux reporters de Mutations se sont offerts une balade en certains de ces lieux à Mballa II. A la Matrix, centre nerveux de la télévision d’où sont reçus et envoyés toutes sortes d’images, la température était quasiment insupportable. On dirait un four… Le ventilateur placé à l’entrée du bocal (acquisition personnelle de ceux qui y travaillent à ce qu’il semble) tentait vainement de rafraîchir l’intérieur. D’après les informations glanées dans la maison, ces fortes températures notées aussi bien à la matrix qu’au niveau des bancs de montages, et des studios, étaient consécutives au mauvais fonctionnement du système de climatisation du centre de production de Mballa II. Selon un technicien, " sur les 22 compresseurs du système, deux seulement [étaient] encore opérationnels ".

Locations
Ce même 25 août 2005, Mutations a pu observer le désastre que connaît l’outil de production de l’entreprise. Dans le journal télévisé présenté ce soir-là, huit sujets sur dix avaient été tournés avec des caméras amateurs (comme indiqué sur le synthé). C’est-à-dire des caméras louées auprès des privées. " Nous n’avons plus suffisamment de bancs de montage, expliquait un journaliste, avant d’ajouter : certains jours, c’est la bousculade. Il faut parfois l’intervention de certains chefs pour réussir à monter un élément. Pour certaines émissions telles ‘Bonjour’ et ‘Hello’ on est obligé de recourir à des équipements d’un privé ".
En principe, dit un technicien pour expliquer les coupures récurrentes d’émission sur le réseau de la Crtv, " on installe des émetteurs par paire, pour faire en sorte que l’un fonctionne pendant que l’autre est en attente, près à prendre le relais à tout moment. Ce n’est plus le cas à la Crtv. Il n’y a plus qu’un émetteur pour chacune de nos chaînes. Plutôt que d’acheter les pièces pour les remplacer en cas de panne, on a passé le temps à en récupérer dans l’un des émetteurs. Ce qui le rendait du coup inutilisable ".

Le diagnostic fait par Amadou Vamoulké à son arrivée donne une meilleure idée de l’ampleur des dégâts. Estimé à quelque 50 milliards de Fcfa à l’origine (hormis les relais de transmission et le bâtiment), la valeur de l’outil de production de Mballa II serait tout simplement nulle aujourd’hui. " Dans la pratique, explique un cadre de l’entreprise, il aurait fallu que l’entreprise économise chaque année l’équivalent de 10% de la valeur des équipements pour pouvoir à leur remplacement. Soit à peu près 5 milliards de Fcfa. Rien de cela n’a été fait depuis le début. Conséquence : l’outil s’est complètement amorti. Il faut désormais partir de zéro ", tranche-t-il.

Pour remettre l’outil à neuf et l’adapter aux évolutions technologiques du moment, l’évaluation des investissements, commandée par le Dg, situe à 58 milliards Fcfa, le financement nécessaire, selon nos sources. Un tel investissement donnerait à la Crtv la possibilité de passer au numérique et de diffuser sur plusieurs chaînes thématiques en même temps. En 2005, seuls 500 millions de Fcfa ont été investis dans l’outil de production. Ce qui montre toute l’ampleur du travail qui attend le comité de réhabilitation de l’entreprise.

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Dans la lettre ouverte adressé au directeur général le 24 août 2006, une partie du personnel faisait d’ailleurs remarquer que " l’outil technique [de la Crtv] ne permet pas aux employés de donner le meilleur d’eux-mêmes pour relever les défis qui interpellent l’entreprise face à une concurrence de plus en plus rude ". Ils ajoutaient que " [leur] environnement global de travail est déplorable et commence à constituer une réelle menace pour la santé des employés du fait du surchauffement des équipements, de leur trop grande vétusté et de la présence avérée de l’amiante. Faites un tour dans les bancs de montage, la matrix, les studios de production, de continuité du journal, les centres de diffusion pour vivre, en l’espace de quelques minutes, le calvaire quotidien et le niveau d’exposition aux radiations de ceux qui y travaillent ".

Le 25 août dernier, deux reporters de Mutations se sont offerts une balade en certains de ces lieux à Mballa II. A la Matrix, centre nerveux de la télévision d’où sont reçus et envoyés toutes sortes d’images, la température était quasiment insupportable. On dirait un four… Le ventilateur placé à l’entrée du bocal (acquisition personnelle de ceux qui y travaillent à ce qu’il semble) tentait vainement de rafraîchir l’intérieur. D’après les informations glanées dans la maison, ces fortes températures notées aussi bien à la matrix qu’au niveau des bancs de montages, et des studios, étaient consécutives au mauvais fonctionnement du système de climatisation du centre de production de Mballa II. Selon un technicien, " sur les 22 compresseurs du système, deux seulement [étaient] encore opérationnels ".

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Ce même 25 août 2005, Mutations a pu observer le désastre que connaît l’outil de production de l’entreprise. Dans le journal télévisé présenté ce soir-là, huit sujets sur dix avaient été tournés avec des caméras amateurs (comme indiqué sur le synthé). C’est-à-dire des caméras louées auprès des privées. " Nous n’avons plus suffisamment de bancs de montage, expliquait un journaliste, avant d’ajouter : certains jours, c’est la bousculade. Il faut parfois l’intervention de certains chefs pour réussir à monter un élément. Pour certaines émissions telles ‘Bonjour’ et ‘Hello’ on est obligé de recourir à des équipements d’un privé ".
En principe, dit un technicien pour expliquer les coupures récurrentes d’émission sur le réseau de la Crtv, " on installe des émetteurs par paire, pour faire en sorte que l’un fonctionne pendant que l’autre est en attente, près à prendre le relais à tout moment. Ce n’est plus le cas à la Crtv. Il n’y a plus qu’un émetteur pour chacune de nos chaînes. Plutôt que d’acheter les pièces pour les remplacer en cas de panne, on a passé le temps à en récupérer dans l’un des émetteurs. Ce qui le rendait du coup inutilisable ".

Le diagnostic fait par Amadou Vamoulké à son arrivée donne une meilleure idée de l’ampleur des dégâts. Estimé à quelque 50 milliards de Fcfa à l’origine (hormis les relais de transmission et le bâtiment), la valeur de l’outil de production de Mballa II serait tout simplement nulle aujourd’hui. " Dans la pratique, explique un cadre de l’entreprise, il aurait fallu que l’entreprise économise chaque année l’équivalent de 10% de la valeur des équipements pour pouvoir à leur remplacement. Soit à peu près 5 milliards de Fcfa. Rien de cela n’a été fait depuis le début. Conséquence : l’outil s’est complètement amorti. Il faut désormais partir de zéro ", tranche-t-il.

Pour remettre l’outil à neuf et l’adapter aux évolutions technologiques du moment, l’évaluation des investissements, commandée par le Dg, situe à 58 milliards Fcfa, le financement nécessaire, selon nos sources. Un tel investissement donnerait à la Crtv la possibilité de passer au numérique et de diffuser sur plusieurs chaînes thématiques en même temps. En 2005, seuls 500 millions de Fcfa ont été investis dans l’outil de production. Ce qui montre toute l’ampleur du travail qui attend le comité de réhabilitation de l’entreprise.

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Dans la lettre ouverte adressé au directeur général le 24 août 2006, une partie du personnel faisait d’ailleurs remarquer que " l’outil technique [de la Crtv] ne permet pas aux employés de donner le meilleur d’eux-mêmes pour relever les défis qui interpellent l’entreprise face à une concurrence de plus en plus rude ". Ils ajoutaient que " [leur] environnement global de travail est déplorable et commence à constituer une réelle menace pour la santé des employés du fait du surchauffement des équipements, de leur trop grande vétusté et de la présence avérée de l’amiante. Faites un tour dans les bancs de montage, la matrix, les studios de production, de continuité du journal, les centres de diffusion pour vivre, en l’espace de quelques minutes, le calvaire quotidien et le niveau d’exposition aux radiations de ceux qui y travaillent ".

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Pour remettre l’outil à neuf et l’adapter aux évolutions technologiques du moment, l’évaluation des investissements, commandée par le Dg, situe à 58 milliards Fcfa, le financement nécessaire, selon nos sources. Un tel investissement donnerait à la Crtv la possibilité de passer au numérique et de diffuser sur plusieurs chaînes thématiques en même temps. En 2005, seuls 500 millions de Fcfa ont été investis dans l’outil de production. Ce qui montre toute l’ampleur du travail qui attend le comité de réhabilitation de l’entreprise.

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Dans la lettre ouverte adressé au directeur général le 24 août 2006, une partie du personnel faisait d’ailleurs remarquer que " l’outil technique [de la Crtv] ne permet pas aux employés de donner le meilleur d’eux-mêmes pour relever les défis qui interpellent l’entreprise face à une concurrence de plus en plus rude ". Ils ajoutaient que " [leur] environnement global de travail est déplorable et commence à constituer une réelle menace pour la santé des employés du fait du surchauffement des équipements, de leur trop grande vétusté et de la présence avérée de l’amiante. Faites un tour dans les bancs de montage, la matrix, les studios de production, de continuité du journal, les centres de diffusion pour vivre, en l’espace de quelques minutes, le calvaire quotidien et le niveau d’exposition aux radiations de ceux qui y travaillent ".

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