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Patricia Hélène Ebah : Il m’a fallu rassembler plus de 20 millions Fcfa

La réalisatrice de « Les blessures inguérissables » parle de son film.
Propos recueillis par Eugène Dipanda –


La première diffusion de votre long métrage a eu lieu il y a quelques jours au Centre culturel français de Yaoundé. Les premiers échos vous satisfont-ils ?
Les échos qui me parviennent généralement me font savoir qu’il s’agit d’un film différent. Différent dans le bon sens. La part belle y est faite aux femmes, mais les gens ont surtout apprécié le côté esthétique du film, même s’il est un peu trop blanc.

De quoi est-il exactement question dans "Les blessures inguérissables" ?
Le film présente six femmes de nature différente, de catégorie sociale et même d’âge différents, qui sont torturées par la vie et qui souffrent. On constatera que chacune d’elle a sa façon d’extérioriser cette souffrance. Notamment à travers la violence des mots, la grossièreté et la bestialité dans l’attitude face aux autre. Pam, l’héroïne principale, débarque donc dans ce milieu-là avec sa souffrance aussi. Une goutte d’eau de trop, qui crée des problèmes divers tout autour. On finit par se demander pourquoi ces femmes sont devenues ainsi agressives. Un comportement qu’on comprend finalement lorsqu’elle racontent chacune leurs blessures du passé…

Dans quelles conditions ce premier long métrage de votre carrière a-t-il été réalisé ? Avez-vous eu des difficultés particulières ?
Nous avons eu des grosses difficultés. A commencer par l’obtention des financements. Nous avons adressé plusieurs demandes de financements à des tiers, mais la réponse n’a pas toujours été favorable. J’y ai d’ailleurs finalement renoncé car étant encore à l’école, avec tous les problèmes que j’ai eus, j’ai compris qu’il n’était pas évident pour moi de faire un long métrage. Pour réussir ce coup, en tout cas, il était important que je dispose de moyens personnels. Mais, lorsque j’ai reçu l’aide du ministère de la Culture, cela m’a encouragée à débuter le tournage, surtout que je collabore toujours avec Jean Pierre Bekolo (le réalisateur de "Les Saignantes", où Patricia Hélène Ebah est assistante, Ndlr), qui est assez bien équipé.
C’est donc avec son matériel, l’argent reçu du ministère de la Culture et les emprunts divers que j’ai pu me jeter à l’eau, et le résultat est celui que vous avez vu en exclusivité au Ccf.

On parle beaucoup de cet appui que vous a accordé le ministère de la Culture. Il s’agit de quoi exactement ?
Pour faire un film, l’aide que nous a apporté le ministère de la Culture n’est pas considérable. Quatre millions de francs Cfa pour une réalisation comme celle que vous avez vue, c’est rien du tout. Mais ça encourage, ça fait plaisir, ça crédibilise ! Tout cela fait en sorte que d’autres personnes se sentent prêtes à voler à votre secours. Et puis, lorsque vous faites finalement appel à des techniciens et autres, vous discutez de votre projet et vous parvenez à un résultat acceptable, à produire un film de qualité moyenne.

L’œuvre générale, combien vous a-t-elle coûtée ?
Une vingtaine de millions ! Et ça, c’est parce que, à certains moments, il y a des choses que je n’ai pas payées, à l’instar des décors, des véhicules de transport, des costumes que j’empruntais chez mes cousines etc. Aux côtés des comédiens et des techniciens que j’ai plus ou moins rémunérés, je me suis également appuyée sur un groupe de stagiaires qui voulaient apprendre le cinéma et dont l’assistance s’est avérée importante pour l’équipe de professionnels que j’ai pu constituer.

Avez-vous déjà arrêté une date pour la sortie officielle de ce film ? Comment entendez-vous assurer sa promotion au Cameroun et ailleurs ?
Le problème de date, à un moment, ne dépend plus vraiment de moi. C’est un problème de programmation, qui est en rapport avec la disponibilité d’un cadre comme le Centre culturel français, qui dispose déjà d’un planning qui s’étend sur une longue période. Monsieur Bassek ba Kobhio n’a pas pu être là lors de la projection en première, parce qu’il est actuellement en tournage. Je compte toutefois le rencontrer prochainement afin que le film puisse être programmé aux prochains Ecrans Noirs du cinéma africain. Je tiens vraiment à ce que les Camerounais découvrent ce film à cette grande occasion. Et puis, selon les programmations, nous arrêterons une date pour la sortie officielle du film.

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Musique : Le Gabon fête ses artistes

La première édition du Balafon Music Awards a eu lieu le week-end dernier.
Jules Romuald Nkonlak, à Libreville


Ce samedi 25 novembre 2006, il fait chaud à Libreville, capitale du Gabon. Il va sans doute pleuvoir, pense un habitant de la ville, qui nous apprend par ailleurs qu’à Libreville, lorsqu’il pleut, on ne fait rien. Il est midi et la prédiction de l’ami gabonais ne s’est pas encore réalisée. Au palais des conférences de Libreville, l’une des salles de l’imposant complexe baptisé " Cité de la démocratie ", construit à l’occasion du sommet de l’Oua abrité en 1977 par le Gabon, c’est plutôt une pluie de sons et de lumières.

Une équipe d’au moins une trentaine de personnes s’active autour d’une scène géante. Dans quelques heures, elle sera visible dans une cinquantaine de pays de la planète, car l’événement du jour, la première édition du Balafon Gabon Music Awards, soirée de remise de prix en même temps qu’émission de télévision en direct sera sur le satellite. Pour le moment, il s’agit d’une répétition. Pour que tout se passe de la meilleure des façons. Le technicien français qui dirige l’équipe fait des allées et venues entre la scène et la salle. Les techniciens de l’agence de communication Iris Com, partenaire de l’événement, et qui détient l’imposant matériel qui va servir à la réalisation de l’émission n’ont pas de repos non plus. Encore moins Justine Mintsa, la directrice générale de la Culture du Gabon, qui veut que la fête aux artistes gabonais soit un succès et qu’on voit s’impliquer dans l’organisation de la soirée.

Jury
La veille déjà, elle a suivi de près le travail du jury chargé d’étudier les œuvres musicales qui étaient en compétition. Pour chacune des catégories, trois artistes ont été nominés. Ils ont d’ailleurs pu se produire ce même vendredi-là au gymnase omnisports président Bongo, afin que le public puisse lui aussi s’en faire une idée. Ce soir, il pourra également voter par sms, pour choisir son artiste préféré.
A 17h, il ne pleut toujours pas. Les danseurs et autres intervenants à la soirée ont fait plusieurs essais des ballets prévus. La répétition s’est arrêtée. Il ne reste plus que l’équipe technique qui essaie de régler les derniers détails liés au son et à l’éclairage de la salle. Sur la première chaîne de la Radio Télévision gabonaise (Rtg), une émission consacrée à la jeunesse s’achève. Le présentateur de ce programmes qui s’intitule justement "Espace jeunes", répond aux préoccupations d’un téléspectateur qui veut savoir si le Balafon Gabon Music Awards sera retransmis en direct sur la chaîne. "Ce sera possible", lance le journaliste.
19h. La cité de la démocratie a pris une autre allure. Le tapis rouge a été installé à l’entrée de la salle, et grâce à deux écrans géants installés de part et d’autre du podium, on peut assister à l’arrivée des invités. Ceux-ci avancent majestueusement entre des bananiers qui ont été installés pour la décoration. Certains portent même des régimes de plantain. Un décor exotique qui se poursuit même dans la salle et qui tranche complètement avec l’architecture de l’édifice. Il fait froid à cause de la climatisation et on se surprend à s’inquiéter pour les jolies hôtesses et leurs robes démembrées et décolletées.

Stars
La salle se remplit progressivement. Il y a une partie réservée aux artistes en compétition. De jeunes gens y sont assis et les lunettes de soleil, malgré le fait que la nuit soit tombée depuis un moment y ont particulièrement la cote. De cette zone de la salle, partiront bientôt des cris de joie, à la lecture des distinctions.
Il y a un autre espace réservé aux personnes qui seront chargées de remettre les prix. Du beau monde : Amobé Mévégué de Radio France Internationale (Rfi), Edgar Yonkeu, Théophile Mbouma Bissa, directeur du Massao qui se tient à Douala et dont l’expertise a été sollicitée par le comité d’organisation du Balafon Gabon Music Awards, et d’autres.
20h25. On annonce que l’émission en direct commencera dans cinq minutes. On aperçoit encore le technicien français courir à toutes vitesses dans tous les sens, un casque vissé aux oreilles.

20h30. C’est parti. Sur les écrans géants de la salle, comme certainement sur les petits écrans dans les domiciles, apparaît, juste après un court générique, l’image d’un présentateur. Il s’appelle Phil, mais il y a un problème. Bien que l’on voie ses lèvres bouger, aucun son n’est perceptible. Des regards étonnés fendent la salle. Comme le diront plusieurs fois les présentateurs pendant la soirée, " les cœurs battent la chamade ". Mais plus de peur que de mal, le problème sera vite résolu. L’orchestre traditionnel qui a répété pendant une bonne partie de la journée s’installe sur la scène et joue sa partition. Cette fois-ci, c’est définitivement parti. Régis et Angèle, les présentateurs de la soirée annoncent les nominés dans la première catégorie, qui est celle de la musique gospel. Une dizaine d’artistes retourneront ainsi à leur place avec le petit balafon doré, le trophée mis en jeu par le ministère de la Culture, des Arts et de l’Education populaire, pour la première édition du Balafon Gabon Music Awards. Reggae, hip hop, musique traditionnelle, musique tradimoderne, variété… sont quelques unes des catégories retenues.

La remise de prix est interrompue par moments par des prestations sur scène, qui permettent de découvrir des artistes de qualité, véritables stars au Gabon, mais parfaitement inconnus à l’extérieur. Rien à voir avec les Pierre Claver Akendengue, Patience Dabany, Hilarion Nguema, Pierre Claver Ndzeng et les autres anciens, les Gabon old stars, qui vont, heureusement se rappeler au bon souvenir de leurs fans, en interprétant une chanson qui, pendant près de dix minutes, a empli la salle d’émotion. Tout le monde s’est levé pour accompagner ces grands noms de la musique gabonaise, pour accompagner cette chanson qui parlait de Gabon, de liberté, d’unité et de paix. Une chanson patriotique que le public a redemandée. Mais il fallait mettre un terme à la soirée. Pierre Claver Akendengué a reçu un prix d’excellence pour l’ensemble de son œuvre, Mouketou et Rainbow ont reçu les prix spéciaux du jury, tandis que Ndong Bula, " le phénoménal ", acclamé par toute la salle, est reparti avec le prix du public. Mais avant, la salle a exigé une prestation de cet artiste qui est diffusé en boucle sur les radios gabonaises depuis plusieurs mois. Il a lancé une phrase. Le public l’a complétée, en criant de plus belle. Et la soirée s’est achevée, avec, en fond sonore, pour le plus grand plaisir des invités, la chanson des old stars. Comme pour rappeler à la jeunesse musicale gabonaise qu’il y a du travail à faire.

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La première édition du Balafon Music Awards a eu lieu le week-end dernier.
Jules Romuald Nkonlak, à Libreville


Ce samedi 25 novembre 2006, il fait chaud à Libreville, capitale du Gabon. Il va sans doute pleuvoir, pense un habitant de la ville, qui nous apprend par ailleurs qu’à Libreville, lorsqu’il pleut, on ne fait rien. Il est midi et la prédiction de l’ami gabonais ne s’est pas encore réalisée. Au palais des conférences de Libreville, l’une des salles de l’imposant complexe baptisé " Cité de la démocratie ", construit à l’occasion du sommet de l’Oua abrité en 1977 par le Gabon, c’est plutôt une pluie de sons et de lumières.

Une équipe d’au moins une trentaine de personnes s’active autour d’une scène géante. Dans quelques heures, elle sera visible dans une cinquantaine de pays de la planète, car l’événement du jour, la première édition du Balafon Gabon Music Awards, soirée de remise de prix en même temps qu’émission de télévision en direct sera sur le satellite. Pour le moment, il s’agit d’une répétition. Pour que tout se passe de la meilleure des façons. Le technicien français qui dirige l’équipe fait des allées et venues entre la scène et la salle. Les techniciens de l’agence de communication Iris Com, partenaire de l’événement, et qui détient l’imposant matériel qui va servir à la réalisation de l’émission n’ont pas de repos non plus. Encore moins Justine Mintsa, la directrice générale de la Culture du Gabon, qui veut que la fête aux artistes gabonais soit un succès et qu’on voit s’impliquer dans l’organisation de la soirée.

Jury
La veille déjà, elle a suivi de près le travail du jury chargé d’étudier les œuvres musicales qui étaient en compétition. Pour chacune des catégories, trois artistes ont été nominés. Ils ont d’ailleurs pu se produire ce même vendredi-là au gymnase omnisports président Bongo, afin que le public puisse lui aussi s’en faire une idée. Ce soir, il pourra également voter par sms, pour choisir son artiste préféré.
A 17h, il ne pleut toujours pas. Les danseurs et autres intervenants à la soirée ont fait plusieurs essais des ballets prévus. La répétition s’est arrêtée. Il ne reste plus que l’équipe technique qui essaie de régler les derniers détails liés au son et à l’éclairage de la salle. Sur la première chaîne de la Radio Télévision gabonaise (Rtg), une émission consacrée à la jeunesse s’achève. Le présentateur de ce programmes qui s’intitule justement "Espace jeunes", répond aux préoccupations d’un téléspectateur qui veut savoir si le Balafon Gabon Music Awards sera retransmis en direct sur la chaîne. "Ce sera possible", lance le journaliste.
19h. La cité de la démocratie a pris une autre allure. Le tapis rouge a été installé à l’entrée de la salle, et grâce à deux écrans géants installés de part et d’autre du podium, on peut assister à l’arrivée des invités. Ceux-ci avancent majestueusement entre des bananiers qui ont été installés pour la décoration. Certains portent même des régimes de plantain. Un décor exotique qui se poursuit même dans la salle et qui tranche complètement avec l’architecture de l’édifice. Il fait froid à cause de la climatisation et on se surprend à s’inquiéter pour les jolies hôtesses et leurs robes démembrées et décolletées.

Stars
La salle se remplit progressivement. Il y a une partie réservée aux artistes en compétition. De jeunes gens y sont assis et les lunettes de soleil, malgré le fait que la nuit soit tombée depuis un moment y ont particulièrement la cote. De cette zone de la salle, partiront bientôt des cris de joie, à la lecture des distinctions.
Il y a un autre espace réservé aux personnes qui seront chargées de remettre les prix. Du beau monde : Amobé Mévégué de Radio France Internationale (Rfi), Edgar Yonkeu, Théophile Mbouma Bissa, directeur du Massao qui se tient à Douala et dont l’expertise a été sollicitée par le comité d’organisation du Balafon Gabon Music Awards, et d’autres.
20h25. On annonce que l’émission en direct commencera dans cinq minutes. On aperçoit encore le technicien français courir à toutes vitesses dans tous les sens, un casque vissé aux oreilles.

20h30. C’est parti. Sur les écrans géants de la salle, comme certainement sur les petits écrans dans les domiciles, apparaît, juste après un court générique, l’image d’un présentateur. Il s’appelle Phil, mais il y a un problème. Bien que l’on voie ses lèvres bouger, aucun son n’est perceptible. Des regards étonnés fendent la salle. Comme le diront plusieurs fois les présentateurs pendant la soirée, " les cœurs battent la chamade ". Mais plus de peur que de mal, le problème sera vite résolu. L’orchestre traditionnel qui a répété pendant une bonne partie de la journée s’installe sur la scène et joue sa partition. Cette fois-ci, c’est définitivement parti. Régis et Angèle, les présentateurs de la soirée annoncent les nominés dans la première catégorie, qui est celle de la musique gospel. Une dizaine d’artistes retourneront ainsi à leur place avec le petit balafon doré, le trophée mis en jeu par le ministère de la Culture, des Arts et de l’Education populaire, pour la première édition du Balafon Gabon Music Awards. Reggae, hip hop, musique traditionnelle, musique tradimoderne, variété… sont quelques unes des catégories retenues.

La remise de prix est interrompue par moments par des prestations sur scène, qui permettent de découvrir des artistes de qualité, véritables stars au Gabon, mais parfaitement inconnus à l’extérieur. Rien à voir avec les Pierre Claver Akendengue, Patience Dabany, Hilarion Nguema, Pierre Claver Ndzeng et les autres anciens, les Gabon old stars, qui vont, heureusement se rappeler au bon souvenir de leurs fans, en interprétant une chanson qui, pendant près de dix minutes, a empli la salle d’émotion. Tout le monde s’est levé pour accompagner ces grands noms de la musique gabonaise, pour accompagner cette chanson qui parlait de Gabon, de liberté, d’unité et de paix. Une chanson patriotique que le public a redemandée. Mais il fallait mettre un terme à la soirée. Pierre Claver Akendengué a reçu un prix d’excellence pour l’ensemble de son œuvre, Mouketou et Rainbow ont reçu les prix spéciaux du jury, tandis que Ndong Bula, " le phénoménal ", acclamé par toute la salle, est reparti avec le prix du public. Mais avant, la salle a exigé une prestation de cet artiste qui est diffusé en boucle sur les radios gabonaises depuis plusieurs mois. Il a lancé une phrase. Le public l’a complétée, en criant de plus belle. Et la soirée s’est achevée, avec, en fond sonore, pour le plus grand plaisir des invités, la chanson des old stars. Comme pour rappeler à la jeunesse musicale gabonaise qu’il y a du travail à faire.

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La première édition du Balafon Music Awards a eu lieu le week-end dernier.
Jules Romuald Nkonlak, à Libreville


Ce samedi 25 novembre 2006, il fait chaud à Libreville, capitale du Gabon. Il va sans doute pleuvoir, pense un habitant de la ville, qui nous apprend par ailleurs qu’à Libreville, lorsqu’il pleut, on ne fait rien. Il est midi et la prédiction de l’ami gabonais ne s’est pas encore réalisée. Au palais des conférences de Libreville, l’une des salles de l’imposant complexe baptisé " Cité de la démocratie ", construit à l’occasion du sommet de l’Oua abrité en 1977 par le Gabon, c’est plutôt une pluie de sons et de lumières.

Une équipe d’au moins une trentaine de personnes s’active autour d’une scène géante. Dans quelques heures, elle sera visible dans une cinquantaine de pays de la planète, car l’événement du jour, la première édition du Balafon Gabon Music Awards, soirée de remise de prix en même temps qu’émission de télévision en direct sera sur le satellite. Pour le moment, il s’agit d’une répétition. Pour que tout se passe de la meilleure des façons. Le technicien français qui dirige l’équipe fait des allées et venues entre la scène et la salle. Les techniciens de l’agence de communication Iris Com, partenaire de l’événement, et qui détient l’imposant matériel qui va servir à la réalisation de l’émission n’ont pas de repos non plus. Encore moins Justine Mintsa, la directrice générale de la Culture du Gabon, qui veut que la fête aux artistes gabonais soit un succès et qu’on voit s’impliquer dans l’organisation de la soirée.

Jury
La veille déjà, elle a suivi de près le travail du jury chargé d’étudier les œuvres musicales qui étaient en compétition. Pour chacune des catégories, trois artistes ont été nominés. Ils ont d’ailleurs pu se produire ce même vendredi-là au gymnase omnisports président Bongo, afin que le public puisse lui aussi s’en faire une idée. Ce soir, il pourra également voter par sms, pour choisir son artiste préféré.
A 17h, il ne pleut toujours pas. Les danseurs et autres intervenants à la soirée ont fait plusieurs essais des ballets prévus. La répétition s’est arrêtée. Il ne reste plus que l’équipe technique qui essaie de régler les derniers détails liés au son et à l’éclairage de la salle. Sur la première chaîne de la Radio Télévision gabonaise (Rtg), une émission consacrée à la jeunesse s’achève. Le présentateur de ce programmes qui s’intitule justement "Espace jeunes", répond aux préoccupations d’un téléspectateur qui veut savoir si le Balafon Gabon Music Awards sera retransmis en direct sur la chaîne. "Ce sera possible", lance le journaliste.
19h. La cité de la démocratie a pris une autre allure. Le tapis rouge a été installé à l’entrée de la salle, et grâce à deux écrans géants installés de part et d’autre du podium, on peut assister à l’arrivée des invités. Ceux-ci avancent majestueusement entre des bananiers qui ont été installés pour la décoration. Certains portent même des régimes de plantain. Un décor exotique qui se poursuit même dans la salle et qui tranche complètement avec l’architecture de l’édifice. Il fait froid à cause de la climatisation et on se surprend à s’inquiéter pour les jolies hôtesses et leurs robes démembrées et décolletées.

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La salle se remplit progressivement. Il y a une partie réservée aux artistes en compétition. De jeunes gens y sont assis et les lunettes de soleil, malgré le fait que la nuit soit tombée depuis un moment y ont particulièrement la cote. De cette zone de la salle, partiront bientôt des cris de joie, à la lecture des distinctions.
Il y a un autre espace réservé aux personnes qui seront chargées de remettre les prix. Du beau monde : Amobé Mévégué de Radio France Internationale (Rfi), Edgar Yonkeu, Théophile Mbouma Bissa, directeur du Massao qui se tient à Douala et dont l’expertise a été sollicitée par le comité d’organisation du Balafon Gabon Music Awards, et d’autres.
20h25. On annonce que l’émission en direct commencera dans cinq minutes. On aperçoit encore le technicien français courir à toutes vitesses dans tous les sens, un casque vissé aux oreilles.

20h30. C’est parti. Sur les écrans géants de la salle, comme certainement sur les petits écrans dans les domiciles, apparaît, juste après un court générique, l’image d’un présentateur. Il s’appelle Phil, mais il y a un problème. Bien que l’on voie ses lèvres bouger, aucun son n’est perceptible. Des regards étonnés fendent la salle. Comme le diront plusieurs fois les présentateurs pendant la soirée, " les cœurs battent la chamade ". Mais plus de peur que de mal, le problème sera vite résolu. L’orchestre traditionnel qui a répété pendant une bonne partie de la journée s’installe sur la scène et joue sa partition. Cette fois-ci, c’est définitivement parti. Régis et Angèle, les présentateurs de la soirée annoncent les nominés dans la première catégorie, qui est celle de la musique gospel. Une dizaine d’artistes retourneront ainsi à leur place avec le petit balafon doré, le trophée mis en jeu par le ministère de la Culture, des Arts et de l’Education populaire, pour la première édition du Balafon Gabon Music Awards. Reggae, hip hop, musique traditionnelle, musique tradimoderne, variété… sont quelques unes des catégories retenues.

La remise de prix est interrompue par moments par des prestations sur scène, qui permettent de découvrir des artistes de qualité, véritables stars au Gabon, mais parfaitement inconnus à l’extérieur. Rien à voir avec les Pierre Claver Akendengue, Patience Dabany, Hilarion Nguema, Pierre Claver Ndzeng et les autres anciens, les Gabon old stars, qui vont, heureusement se rappeler au bon souvenir de leurs fans, en interprétant une chanson qui, pendant près de dix minutes, a empli la salle d’émotion. Tout le monde s’est levé pour accompagner ces grands noms de la musique gabonaise, pour accompagner cette chanson qui parlait de Gabon, de liberté, d’unité et de paix. Une chanson patriotique que le public a redemandée. Mais il fallait mettre un terme à la soirée. Pierre Claver Akendengué a reçu un prix d’excellence pour l’ensemble de son œuvre, Mouketou et Rainbow ont reçu les prix spéciaux du jury, tandis que Ndong Bula, " le phénoménal ", acclamé par toute la salle, est reparti avec le prix du public. Mais avant, la salle a exigé une prestation de cet artiste qui est diffusé en boucle sur les radios gabonaises depuis plusieurs mois. Il a lancé une phrase. Le public l’a complétée, en criant de plus belle. Et la soirée s’est achevée, avec, en fond sonore, pour le plus grand plaisir des invités, la chanson des old stars. Comme pour rappeler à la jeunesse musicale gabonaise qu’il y a du travail à faire.

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La première édition du Balafon Music Awards a eu lieu le week-end dernier.
Jules Romuald Nkonlak, à Libreville


Ce samedi 25 novembre 2006, il fait chaud à Libreville, capitale du Gabon. Il va sans doute pleuvoir, pense un habitant de la ville, qui nous apprend par ailleurs qu’à Libreville, lorsqu’il pleut, on ne fait rien. Il est midi et la prédiction de l’ami gabonais ne s’est pas encore réalisée. Au palais des conférences de Libreville, l’une des salles de l’imposant complexe baptisé " Cité de la démocratie ", construit à l’occasion du sommet de l’Oua abrité en 1977 par le Gabon, c’est plutôt une pluie de sons et de lumières.

Une équipe d’au moins une trentaine de personnes s’active autour d’une scène géante. Dans quelques heures, elle sera visible dans une cinquantaine de pays de la planète, car l’événement du jour, la première édition du Balafon Gabon Music Awards, soirée de remise de prix en même temps qu’émission de télévision en direct sera sur le satellite. Pour le moment, il s’agit d’une répétition. Pour que tout se passe de la meilleure des façons. Le technicien français qui dirige l’équipe fait des allées et venues entre la scène et la salle. Les techniciens de l’agence de communication Iris Com, partenaire de l’événement, et qui détient l’imposant matériel qui va servir à la réalisation de l’émission n’ont pas de repos non plus. Encore moins Justine Mintsa, la directrice générale de la Culture du Gabon, qui veut que la fête aux artistes gabonais soit un succès et qu’on voit s’impliquer dans l’organisation de la soirée.

Jury
La veille déjà, elle a suivi de près le travail du jury chargé d’étudier les œuvres musicales qui étaient en compétition. Pour chacune des catégories, trois artistes ont été nominés. Ils ont d’ailleurs pu se produire ce même vendredi-là au gymnase omnisports président Bongo, afin que le public puisse lui aussi s’en faire une idée. Ce soir, il pourra également voter par sms, pour choisir son artiste préféré.
A 17h, il ne pleut toujours pas. Les danseurs et autres intervenants à la soirée ont fait plusieurs essais des ballets prévus. La répétition s’est arrêtée. Il ne reste plus que l’équipe technique qui essaie de régler les derniers détails liés au son et à l’éclairage de la salle. Sur la première chaîne de la Radio Télévision gabonaise (Rtg), une émission consacrée à la jeunesse s’achève. Le présentateur de ce programmes qui s’intitule justement "Espace jeunes", répond aux préoccupations d’un téléspectateur qui veut savoir si le Balafon Gabon Music Awards sera retransmis en direct sur la chaîne. "Ce sera possible", lance le journaliste.
19h. La cité de la démocratie a pris une autre allure. Le tapis rouge a été installé à l’entrée de la salle, et grâce à deux écrans géants installés de part et d’autre du podium, on peut assister à l’arrivée des invités. Ceux-ci avancent majestueusement entre des bananiers qui ont été installés pour la décoration. Certains portent même des régimes de plantain. Un décor exotique qui se poursuit même dans la salle et qui tranche complètement avec l’architecture de l’édifice. Il fait froid à cause de la climatisation et on se surprend à s’inquiéter pour les jolies hôtesses et leurs robes démembrées et décolletées.

Stars
La salle se remplit progressivement. Il y a une partie réservée aux artistes en compétition. De jeunes gens y sont assis et les lunettes de soleil, malgré le fait que la nuit soit tombée depuis un moment y ont particulièrement la cote. De cette zone de la salle, partiront bientôt des cris de joie, à la lecture des distinctions.
Il y a un autre espace réservé aux personnes qui seront chargées de remettre les prix. Du beau monde : Amobé Mévégué de Radio France Internationale (Rfi), Edgar Yonkeu, Théophile Mbouma Bissa, directeur du Massao qui se tient à Douala et dont l’expertise a été sollicitée par le comité d’organisation du Balafon Gabon Music Awards, et d’autres.
20h25. On annonce que l’émission en direct commencera dans cinq minutes. On aperçoit encore le technicien français courir à toutes vitesses dans tous les sens, un casque vissé aux oreilles.

20h30. C’est parti. Sur les écrans géants de la salle, comme certainement sur les petits écrans dans les domiciles, apparaît, juste après un court générique, l’image d’un présentateur. Il s’appelle Phil, mais il y a un problème. Bien que l’on voie ses lèvres bouger, aucun son n’est perceptible. Des regards étonnés fendent la salle. Comme le diront plusieurs fois les présentateurs pendant la soirée, " les cœurs battent la chamade ". Mais plus de peur que de mal, le problème sera vite résolu. L’orchestre traditionnel qui a répété pendant une bonne partie de la journée s’installe sur la scène et joue sa partition. Cette fois-ci, c’est définitivement parti. Régis et Angèle, les présentateurs de la soirée annoncent les nominés dans la première catégorie, qui est celle de la musique gospel. Une dizaine d’artistes retourneront ainsi à leur place avec le petit balafon doré, le trophée mis en jeu par le ministère de la Culture, des Arts et de l’Education populaire, pour la première édition du Balafon Gabon Music Awards. Reggae, hip hop, musique traditionnelle, musique tradimoderne, variété… sont quelques unes des catégories retenues.

La remise de prix est interrompue par moments par des prestations sur scène, qui permettent de découvrir des artistes de qualité, véritables stars au Gabon, mais parfaitement inconnus à l’extérieur. Rien à voir avec les Pierre Claver Akendengue, Patience Dabany, Hilarion Nguema, Pierre Claver Ndzeng et les autres anciens, les Gabon old stars, qui vont, heureusement se rappeler au bon souvenir de leurs fans, en interprétant une chanson qui, pendant près de dix minutes, a empli la salle d’émotion. Tout le monde s’est levé pour accompagner ces grands noms de la musique gabonaise, pour accompagner cette chanson qui parlait de Gabon, de liberté, d’unité et de paix. Une chanson patriotique que le public a redemandée. Mais il fallait mettre un terme à la soirée. Pierre Claver Akendengué a reçu un prix d’excellence pour l’ensemble de son œuvre, Mouketou et Rainbow ont reçu les prix spéciaux du jury, tandis que Ndong Bula, " le phénoménal ", acclamé par toute la salle, est reparti avec le prix du public. Mais avant, la salle a exigé une prestation de cet artiste qui est diffusé en boucle sur les radios gabonaises depuis plusieurs mois. Il a lancé une phrase. Le public l’a complétée, en criant de plus belle. Et la soirée s’est achevée, avec, en fond sonore, pour le plus grand plaisir des invités, la chanson des old stars. Comme pour rappeler à la jeunesse musicale gabonaise qu’il y a du travail à faire.

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