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Manu Dibango : 74 ans, du talent et de l’allant

Espiègle, le musicien saisit la célébration de ses 50 ans de carrière pour se réconcilier avec le Cameroun.


Sur scène demain, pour le clou de la partie officielle des festivités marquant ses 50 ans de carrière au Cameroun, Manu Dibango a souhaité quelques inédits. Il a tenu à ce que la fête à lui faite soit belle, à la dimension de l’hommage qu’a voulu lui rendre le Cameroun tout entier sous l’impulsion du chef de l’Etat. Le grand Manu a pris une part plus qu’active à la sélection de ceux qui l’accompagneront pour que ce soir au village soit un grand soir. Il a ressuscité quelques noms qui peuvent ne renvoyer à rien pour cette génération qui n’a connue que Paul Biya comme président de la République. Manu a littéralement instruit au comité d’organisation de lui retrouver la trace de Rachel Tchoungui avec qui il devrait introduire le spectacle de demain soir au palais des Congrès. Joueur de "mvet" (un instrument traditionnel à cordes) et conteur dans la pure tradition des peuples de la forêt, Panthaléon Andjeng Etaba fait partie de ces invités spéciaux de Emmanuel Dibango N’Djockè, comme il est connu à l’état-civil à sa naissance le 12 décembre 1933 à Douala.

A 74 ans, le père de "Soul Makossa" a une mémoire à la dimension de son talent et de sa taille. Grande. Même s’il pardonne, on sait qu’il n’oublie pas. Comme justement il n’a pas oublié ces hommes et femmes avec lesquels il a partagé bons et mauvais moments pendant cette carrière musicale qui l’a conduit en un demi-siècle d’un bout à l’autre de l’Afrique, de l’Europe, du monde. Ce clin d’œil que Manu a fait à Rachel, à Panthaléon et à son "petit frère" Marcellin Ottou, témoigne bien de ce qu’en amitié, la fidélité pour lui n’est pas un vain mot.
Ce ne sont pas ses amis de longue date que sont, son compatriote Blaise Ndjehoya et l’Ivoirien Sidiki Bakaba qui nous démentiront. Ceux-là avec qui il a gardé au fil des ans à Paris, quand son emploi du temps le lui permet, des moments de farniente. Très souvent dans l’appartement de Blaise Ndjehoya. Entre quelques rasades de scotch et des écrans de fumée, on redécouvre cet homme amoureux de bonnes choses que décrit Francis Kingué, le frère, l’ami avec lequel il a fait ses classes depuis l’école primaire dans ce qui n’était encore qu’un territoire sous tutelle de la France, au sortir de la 2e guerre mondiale. Pour agrémenter ces après-midi de détente, les trois protagonistes ont parfois des échanges vifs et surchauffés sur l’Afrique, la gouvernance sur ce continent au potentiel énorme et dont l’avenir inquiète.

Maraboutik
Dans ce cadre restreint où l’écho de ses éclats de rire à une résonance particulière, Manu Dibango qui, à la fin des années 70 déjà soutenait qu’il ne parle pas de politique, s’avance alors, critique, propose avec cette verve que certains lui ont découverte dans une interview au quotidien Mutations. Ceci à la suite de la publication, à l’instigation du ministre de la Culture d’alors, Léopold Ferdinand Oyono, d’articles dans l’hebdomadaire Jeune Afrique visant à jeter l’opprobre sur le magister de ce saxophoniste de génie, musicien émérite que tant de pays envient au Cameroun.
Cette réserve dans ses déclarations officielles sur la marche de la cité est diversement appréciée notamment par ceux qui soutiennent que quand on a sa stature on doit pouvoir émettre un avis, montrer la voie comme le ferait un Gilberto Gil, un Bob Marley ou un Henri Salvador. Mais, Manu rétorque que chacun à son métier. Une réponse qui est devenue une antienne quand on évoque ses déboires en affaires au Cameroun dans les années 70 et 80.
Il a d’ailleurs tiré les leçons de ces quelques investissements malheureux et c’est désormais à son fils, Michel, issu d’une relation avec Nicole Claire Ndoko, maître de conférences et vice-recteur à l’Université de Douala, qu’incombe la gestion de la carrière de ce "paternel" qui, bien que vivant à Paris à l’époque, faisait, de par son patronyme, que son fils ne passe pas inaperçu à l’Ecole publique du centre administratif de Yaoundé.

C’est donc à ce fiston de 31 ans que revient la responsabilité de veiller sur la carrière du septuagénaire dont l’âme juvénile permanente est peut-être le secret de cette fraîcheur que dégage encore Manu Dibango. Ce qui fait rejaillir la complexité de cet homme que Noël Ekwabi, qui a été son chef d’orchestre pendant une dizaine d’années, définit comme quelqu’un de "travailleur et exigeant". C’est certainement cet amour du travail bien fait qui lui a permis d’avoir la carrière qu’il a eue. Car comme se plaît à le rappeler Manu lui-même, "chacun de nous naît avec un don mais celui-ci ne se transforme en talent qu’à force de travail."
Et, pour ne pas faire les choses à moitié demain à Yaoundé, le grand Manu a fait venir de Paris, le Maraboutik Big Band, la version complète de son orchestre, et ne cache pas sa détermination à donner pour une fois un spectacle mémorable dans son pays. Un pays pour lequel il n’a pas besoin de clamer sa flamme tant son engagement pour le rayonnement de celui-ci ne s’est jamais altéré malgré les écueils, dont le dernier en date, sur la gestion de la Cameroon music corporation, Cmc, l’a amené à un extrême. Heureusement que, comme il le confessait lui-même dès sa descente d’avion lundi dernier aux aurores, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis..

Junior Binyam

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Manu Dibango : 74 ans, du talent et de l’allant

Espiègle, le musicien saisit la célébration de ses 50 ans de carrière pour se réconcilier avec le Cameroun.


Sur scène demain, pour le clou de la partie officielle des festivités marquant ses 50 ans de carrière au Cameroun, Manu Dibango a souhaité quelques inédits. Il a tenu à ce que la fête à lui faite soit belle, à la dimension de l’hommage qu’a voulu lui rendre le Cameroun tout entier sous l’impulsion du chef de l’Etat. Le grand Manu a pris une part plus qu’active à la sélection de ceux qui l’accompagneront pour que ce soir au village soit un grand soir. Il a ressuscité quelques noms qui peuvent ne renvoyer à rien pour cette génération qui n’a connue que Paul Biya comme président de la République. Manu a littéralement instruit au comité d’organisation de lui retrouver la trace de Rachel Tchoungui avec qui il devrait introduire le spectacle de demain soir au palais des Congrès. Joueur de "mvet" (un instrument traditionnel à cordes) et conteur dans la pure tradition des peuples de la forêt, Panthaléon Andjeng Etaba fait partie de ces invités spéciaux de Emmanuel Dibango N’Djockè, comme il est connu à l’état-civil à sa naissance le 12 décembre 1933 à Douala.

A 74 ans, le père de "Soul Makossa" a une mémoire à la dimension de son talent et de sa taille. Grande. Même s’il pardonne, on sait qu’il n’oublie pas. Comme justement il n’a pas oublié ces hommes et femmes avec lesquels il a partagé bons et mauvais moments pendant cette carrière musicale qui l’a conduit en un demi-siècle d’un bout à l’autre de l’Afrique, de l’Europe, du monde. Ce clin d’œil que Manu a fait à Rachel, à Panthaléon et à son "petit frère" Marcellin Ottou, témoigne bien de ce qu’en amitié, la fidélité pour lui n’est pas un vain mot.
Ce ne sont pas ses amis de longue date que sont, son compatriote Blaise Ndjehoya et l’Ivoirien Sidiki Bakaba qui nous démentiront. Ceux-là avec qui il a gardé au fil des ans à Paris, quand son emploi du temps le lui permet, des moments de farniente. Très souvent dans l’appartement de Blaise Ndjehoya. Entre quelques rasades de scotch et des écrans de fumée, on redécouvre cet homme amoureux de bonnes choses que décrit Francis Kingué, le frère, l’ami avec lequel il a fait ses classes depuis l’école primaire dans ce qui n’était encore qu’un territoire sous tutelle de la France, au sortir de la 2e guerre mondiale. Pour agrémenter ces après-midi de détente, les trois protagonistes ont parfois des échanges vifs et surchauffés sur l’Afrique, la gouvernance sur ce continent au potentiel énorme et dont l’avenir inquiète.

Maraboutik
Dans ce cadre restreint où l’écho de ses éclats de rire à une résonance particulière, Manu Dibango qui, à la fin des années 70 déjà soutenait qu’il ne parle pas de politique, s’avance alors, critique, propose avec cette verve que certains lui ont découverte dans une interview au quotidien Mutations. Ceci à la suite de la publication, à l’instigation du ministre de la Culture d’alors, Léopold Ferdinand Oyono, d’articles dans l’hebdomadaire Jeune Afrique visant à jeter l’opprobre sur le magister de ce saxophoniste de génie, musicien émérite que tant de pays envient au Cameroun.
Cette réserve dans ses déclarations officielles sur la marche de la cité est diversement appréciée notamment par ceux qui soutiennent que quand on a sa stature on doit pouvoir émettre un avis, montrer la voie comme le ferait un Gilberto Gil, un Bob Marley ou un Henri Salvador. Mais, Manu rétorque que chacun à son métier. Une réponse qui est devenue une antienne quand on évoque ses déboires en affaires au Cameroun dans les années 70 et 80.
Il a d’ailleurs tiré les leçons de ces quelques investissements malheureux et c’est désormais à son fils, Michel, issu d’une relation avec Nicole Claire Ndoko, maître de conférences et vice-recteur à l’Université de Douala, qu’incombe la gestion de la carrière de ce "paternel" qui, bien que vivant à Paris à l’époque, faisait, de par son patronyme, que son fils ne passe pas inaperçu à l’Ecole publique du centre administratif de Yaoundé.

C’est donc à ce fiston de 31 ans que revient la responsabilité de veiller sur la carrière du septuagénaire dont l’âme juvénile permanente est peut-être le secret de cette fraîcheur que dégage encore Manu Dibango. Ce qui fait rejaillir la complexité de cet homme que Noël Ekwabi, qui a été son chef d’orchestre pendant une dizaine d’années, définit comme quelqu’un de "travailleur et exigeant". C’est certainement cet amour du travail bien fait qui lui a permis d’avoir la carrière qu’il a eue. Car comme se plaît à le rappeler Manu lui-même, "chacun de nous naît avec un don mais celui-ci ne se transforme en talent qu’à force de travail."
Et, pour ne pas faire les choses à moitié demain à Yaoundé, le grand Manu a fait venir de Paris, le Maraboutik Big Band, la version complète de son orchestre, et ne cache pas sa détermination à donner pour une fois un spectacle mémorable dans son pays. Un pays pour lequel il n’a pas besoin de clamer sa flamme tant son engagement pour le rayonnement de celui-ci ne s’est jamais altéré malgré les écueils, dont le dernier en date, sur la gestion de la Cameroon music corporation, Cmc, l’a amené à un extrême. Heureusement que, comme il le confessait lui-même dès sa descente d’avion lundi dernier aux aurores, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis..

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Manu Dibango : 74 ans, du talent et de l’allant

Espiègle, le musicien saisit la célébration de ses 50 ans de carrière pour se réconcilier avec le Cameroun.


Sur scène demain, pour le clou de la partie officielle des festivités marquant ses 50 ans de carrière au Cameroun, Manu Dibango a souhaité quelques inédits. Il a tenu à ce que la fête à lui faite soit belle, à la dimension de l’hommage qu’a voulu lui rendre le Cameroun tout entier sous l’impulsion du chef de l’Etat. Le grand Manu a pris une part plus qu’active à la sélection de ceux qui l’accompagneront pour que ce soir au village soit un grand soir. Il a ressuscité quelques noms qui peuvent ne renvoyer à rien pour cette génération qui n’a connue que Paul Biya comme président de la République. Manu a littéralement instruit au comité d’organisation de lui retrouver la trace de Rachel Tchoungui avec qui il devrait introduire le spectacle de demain soir au palais des Congrès. Joueur de "mvet" (un instrument traditionnel à cordes) et conteur dans la pure tradition des peuples de la forêt, Panthaléon Andjeng Etaba fait partie de ces invités spéciaux de Emmanuel Dibango N’Djockè, comme il est connu à l’état-civil à sa naissance le 12 décembre 1933 à Douala.

A 74 ans, le père de "Soul Makossa" a une mémoire à la dimension de son talent et de sa taille. Grande. Même s’il pardonne, on sait qu’il n’oublie pas. Comme justement il n’a pas oublié ces hommes et femmes avec lesquels il a partagé bons et mauvais moments pendant cette carrière musicale qui l’a conduit en un demi-siècle d’un bout à l’autre de l’Afrique, de l’Europe, du monde. Ce clin d’œil que Manu a fait à Rachel, à Panthaléon et à son "petit frère" Marcellin Ottou, témoigne bien de ce qu’en amitié, la fidélité pour lui n’est pas un vain mot.
Ce ne sont pas ses amis de longue date que sont, son compatriote Blaise Ndjehoya et l’Ivoirien Sidiki Bakaba qui nous démentiront. Ceux-là avec qui il a gardé au fil des ans à Paris, quand son emploi du temps le lui permet, des moments de farniente. Très souvent dans l’appartement de Blaise Ndjehoya. Entre quelques rasades de scotch et des écrans de fumée, on redécouvre cet homme amoureux de bonnes choses que décrit Francis Kingué, le frère, l’ami avec lequel il a fait ses classes depuis l’école primaire dans ce qui n’était encore qu’un territoire sous tutelle de la France, au sortir de la 2e guerre mondiale. Pour agrémenter ces après-midi de détente, les trois protagonistes ont parfois des échanges vifs et surchauffés sur l’Afrique, la gouvernance sur ce continent au potentiel énorme et dont l’avenir inquiète.

Maraboutik
Dans ce cadre restreint où l’écho de ses éclats de rire à une résonance particulière, Manu Dibango qui, à la fin des années 70 déjà soutenait qu’il ne parle pas de politique, s’avance alors, critique, propose avec cette verve que certains lui ont découverte dans une interview au quotidien Mutations. Ceci à la suite de la publication, à l’instigation du ministre de la Culture d’alors, Léopold Ferdinand Oyono, d’articles dans l’hebdomadaire Jeune Afrique visant à jeter l’opprobre sur le magister de ce saxophoniste de génie, musicien émérite que tant de pays envient au Cameroun.
Cette réserve dans ses déclarations officielles sur la marche de la cité est diversement appréciée notamment par ceux qui soutiennent que quand on a sa stature on doit pouvoir émettre un avis, montrer la voie comme le ferait un Gilberto Gil, un Bob Marley ou un Henri Salvador. Mais, Manu rétorque que chacun à son métier. Une réponse qui est devenue une antienne quand on évoque ses déboires en affaires au Cameroun dans les années 70 et 80.
Il a d’ailleurs tiré les leçons de ces quelques investissements malheureux et c’est désormais à son fils, Michel, issu d’une relation avec Nicole Claire Ndoko, maître de conférences et vice-recteur à l’Université de Douala, qu’incombe la gestion de la carrière de ce "paternel" qui, bien que vivant à Paris à l’époque, faisait, de par son patronyme, que son fils ne passe pas inaperçu à l’Ecole publique du centre administratif de Yaoundé.

C’est donc à ce fiston de 31 ans que revient la responsabilité de veiller sur la carrière du septuagénaire dont l’âme juvénile permanente est peut-être le secret de cette fraîcheur que dégage encore Manu Dibango. Ce qui fait rejaillir la complexité de cet homme que Noël Ekwabi, qui a été son chef d’orchestre pendant une dizaine d’années, définit comme quelqu’un de "travailleur et exigeant". C’est certainement cet amour du travail bien fait qui lui a permis d’avoir la carrière qu’il a eue. Car comme se plaît à le rappeler Manu lui-même, "chacun de nous naît avec un don mais celui-ci ne se transforme en talent qu’à force de travail."
Et, pour ne pas faire les choses à moitié demain à Yaoundé, le grand Manu a fait venir de Paris, le Maraboutik Big Band, la version complète de son orchestre, et ne cache pas sa détermination à donner pour une fois un spectacle mémorable dans son pays. Un pays pour lequel il n’a pas besoin de clamer sa flamme tant son engagement pour le rayonnement de celui-ci ne s’est jamais altéré malgré les écueils, dont le dernier en date, sur la gestion de la Cameroon music corporation, Cmc, l’a amené à un extrême. Heureusement que, comme il le confessait lui-même dès sa descente d’avion lundi dernier aux aurores, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis..

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Spectacle : Retour au village pour Patrick Noah

Le chanteur a donné un concert jeudi dernier au Centre culturel français de Yaoundé.
Justin Blaise Akono –

 

"Dzal", le village natal, le pays, les racines. C’est par cette chanson que Patrick Noah, seul sur le podium et armé d’une guitare sèche a lancé son tout premier concert au Cameroun le 21 juin dernier, au Centre culturel français (Ccf) de Yaoundé, dans une salle bondée en dépit des nombreux autres concerts organisés dans un rayon d’un kilomètre et au même moment, dans le cadre de la célébration de la fête de la musique. Cette chanson reprise en chœur et fait partie de son premier album sortie en 2003 et qui a connu un certain succès au Cameroun. "Je connais bien la chanson. Mais, je ne savais pas précisément qui en était l’auteur", a confié, à la fin du concert, Aboubacar Ahmadou, un spectateur, alors que Patrick Noah a dit avoir été très ému par l’accueil du public.

Pendant deux heures, le guitariste a présenté l’Afro-musics, le fruit de la rencontre opérée entre les cultures africaines (de par leurs textes) et cubaines (sur le rythme) : des titres enregistrés avec le groupe Kiss Kiss Balafons en 1999, ceux de l’album "Dzal", des exclusivités et, surtout, les huit titres du dernier album, "Sapéria, sur les traces des ancêtres" enregistré à la Havane à Cuba avec le groupe Septeto Araison. "Cet album est avant tout l’histoire d’une rencontre aussi improbable qu’imprévue", a-t-il confié. Bref, une synthèse entre afro-cubain, afro-jazz, afro-brésilien, blues, afro-caribéen… "Ce courant cherche à explorer toutes les musiques d’origine africaine", a expliqué Patrick Noah.
Certains spectateurs avisés disent avoir souhaité retrouver la musique telle qu’écoutée à travers les disques. "Pour moi qui ne l’ai jamais écouté, j’ai l’impression qu’il fait la musique à thème, qu’il privilégie plus les paroles que les instruments", a estimé Jean-Pierre Mballa, un spectateur. "Si j’avais tous mes musiciens, ce serait une autre ambiance. Car, avec tous les instruments, c’est forcément quelque chose de dansant. J’avoue que les textes ont une part plus importante que la musique", a expliqué Patrick Noah.

Dans la communion avec son public, qui l’a adopté en l’accompagnant, et en jouant parfois les choristes, Patrick Noah a expliqué chaque fois le message que véhicule chacune de ses chansons. Sapéria, le titre principal du nouvel album est un hommage rendu à sa grand-mère. "C’est elle qui m’a initié à la culture Eton avec toute sa spiritualité, sa langue, son histoire et sa mystique", a-t-il expliqué. "A ban Moan" est une berceuse pour sa fille Julie Biloa. "Dulce embeleso", une ode à l’amour illustre, à travers la langue espagnole et le rythme salsa, la musique cubaine. Le pharmacien "exilé" en France depuis quinze ans a aussi abordé pendant ce concert, d’autres thèmes d’actualité tels que la politique d’éducation, le choix des études appropriées. "Aller en France n’est pas la meilleure solution. Il faut construire les écoles sur place. Je ne comprends pas pourquoi un pays aussi avancé en Afrique centrale comme le Cameroun n’a pas de faculté de pharmacie…", s’indigne Patrick Noah. Le chanteur a indiqué que sa musique véhicule un message principal : "que les Africains soient fiers de leur culture, qu’ils doivent continuer à nourrir et à partager".

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