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Argent : Qui finance la machine infernale?


Directeurs généraux des entreprises publiques, membres du gouvernement et hommes d’affaires sont mis à contribution.
Léger Ntiga


Plus que dans les autres systèmes politiques de la planète, le financement du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) fait l’objet d’une opacité particulière. Pour autant, certains usages internes au parti au pouvoir permettent de décrypter la provenance de l’argent qui le fait vivre. Premièrement, à l’occasion des fêtes et autres manifestations officielles du Rdpc, les instructions de la direction sur la mobilisation de la logistique au fil des ans, sont les mêmes: "Autofinancement, évaluation". Du temps où il officiait comme secrétaire général du comité central, Joseph Charles Doumba, répondant à une question d’une personnalité ressource qui tentait d’exprimer l’ampleur des charges budgétaires liées à l’organisation du 20e anniversaire de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême en 2002, eut cette boutade: "Ne faites pas l’esprit. Vous savez bien quels sont les usages. C’est nous qui gérons le papier".

C’est tout dire! La réalité est donc celle-là. Les opérateurs économiques sont sollicités. On se rappelle à ce propos la récente affaire Abbo au cours de la campagne électorale du double scrutin du 22 juillet 2007. Qu’on se rappelle également la sortie de Ndongo Essomba en 1996, au lendemain d’une campagne médiatique initiée par la cellule de communication du chef de l’Etat au sujet de ses autres activités. Présenté à l’époque comme un agriculteur dont on présenta les exploitations, les Camerounais découvrirent également un Paul Biya opérateur économique. Répondant à une question de journaliste, Jean Bernard Ndongo Essomba ne se priva de dire que " les milieux d’affaires soutiennent les activités du chef de l’Etat, du leader de parti et du confrère opérateur économique ". C’est toujours et encore donc cette logique qui prévaut dans l’administration du parti où lors de la dernière campagne du double scrutin municipal et législatif du 22 juillet 2007, le même dispositif de mobilisation des fonds a été mis en place.

Le parti puise aussi ses ressources auprès de son élite administrante. Directeurs généraux, membres du gouvernement et tous les hauts commis, tous ou presque gestionnaires de crédits mettent la main dans la caisse. Ils constituent d’ailleurs avec les hommes d’affaires, les principaux pôles d’influence à l’occasion des assises du parti. De sorte qu’en plus des contributions consistantes (à coups de millions de Fcfa exigées des responsables et membres des sous-commissions provinciales, départementales et communales de campagne, la commission centrale d’organisation a mis en place une sous-commission de l’intendance et de la logistique ayant pour président le trésorier général du parti, Gilbert Tsimi Evouna (bien que pas nommément cité). Parmi les vice-présidents on retient : Ousmanou Mohaman Abbo, Jean Bernard Ndongo Essomba, Victor Fotso, Louis Yinda? James Onobiono, André Sohaing, Mohamadou Fadil Bayero, Garba Bobore? Joseph Kadji Defosso, Henry Njalla Quan, Zaccheus Forjindam.

Listes de Amadou Ali
Pour la plupart donc des directeurs généraux des entreprises d’Etat ou d’entreprises privées ayant régulièrement eu le coup de pouce du gouvernement. Les membres de cette sous-commission sont aussi opérateurs économiques bien connus, de hauts cadres de notre administration ou simplement des membres du gouvernement de la République. Et ils ont pour noms, Emile Engamba Engamba, Pascal Monkam, Claude Juimo Monthe, Louis Paul Motaze, Gabriel Dima, Mohamed Iya, Laurent Nkodo, Pierre Titi, Antoine Manga Massina, Roger Ntongo Onguene, Ignatus Sama Njuma, Christophe Sielinou, Jean Simon Ongola, Paul Eric Djoumgoue, David Nkoto Emane, André Mbopda, Djimeli, Jean-Marie Assene Nkou, Bernard Fokou, Paul Ngamo Hamani, René Mbayen, Camille Ekindi, Charles Metouck, Jean Baptiste Nguini Effa, Emmanuel Etoundi Oyono, Basile Atangana Kouna, Boniface Ngoa Nkou, Perrial Jean Nyodog, Augustin Tamba, Emmanuel Mbia Enguene, Jérôme Ondobo Mono, Martin Mvondo, Marthe Chantal Mbajon, Raymond Epassy Doumbe, Thérèse Atangana Eloumba. Cette sous commission, dont la composition varie selon que certains de ses membres sont "aux affaires" ou pas, est chargée du financement ainsi qu’elle fit l’objet d’un texte spécial en 1997.

A l’occasion de la campagne électorale présidentielle d’octobre de cette année là, le secrétaire général du comité central du parti au pouvoir signa une circulaire au nom du président national pour la mobilisation des ressources de campagne par nombre de membres cités plus haut. Mais aussi certains aujourd’hui, sortis du gouvernement ou déchus de leur poste de directeur général. Il s’agit notamment de Antoine Louis Ntsimi alors vice président à l’Assemblée nationale, Edouard Akame Mfoumou ministre de l’Economie et des Finances à l’époque entre autres. A l’occasion également, Mounchipou Seïdou qui allait entrer au gouvernement au terme dudit scrutin, fut chargé de fournir les tee-shirts de campagne pour le compte de l’association politique dirigée par Paul Biya. A l’occasion de son procès, Ondo Ndong ne fut pas non plus avare en déclarations. De l’argent dont la provenance, même pour les opérateurs économiques, va chercher dans les caisses de l’Etat dans un contexte où l’enrichissement illicite semble être la chose la mieux partagée.
Pour le cas du séminaire qui débute jeudi prochain, cette sous-commission pas totalement détachée du comité général d’organisation a été passablement modifiée. Elle se constitue de membres du gouvernement (Fame Ndongo, Haman Adama, Madeleine Tchuinte, Joseph Dion Ngute, Badel Ndanga Ndinga), de directeurs généraux (Ibrahim Talba Malla, Yaou Aïssatou) ou le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), Gilbert Tsimi Evouna.

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Directeurs généraux des entreprises publiques, membres du gouvernement et hommes d’affaires sont mis à contribution.
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Plus que dans les autres systèmes politiques de la planète, le financement du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) fait l’objet d’une opacité particulière. Pour autant, certains usages internes au parti au pouvoir permettent de décrypter la provenance de l’argent qui le fait vivre. Premièrement, à l’occasion des fêtes et autres manifestations officielles du Rdpc, les instructions de la direction sur la mobilisation de la logistique au fil des ans, sont les mêmes: "Autofinancement, évaluation". Du temps où il officiait comme secrétaire général du comité central, Joseph Charles Doumba, répondant à une question d’une personnalité ressource qui tentait d’exprimer l’ampleur des charges budgétaires liées à l’organisation du 20e anniversaire de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême en 2002, eut cette boutade: "Ne faites pas l’esprit. Vous savez bien quels sont les usages. C’est nous qui gérons le papier".

C’est tout dire! La réalité est donc celle-là. Les opérateurs économiques sont sollicités. On se rappelle à ce propos la récente affaire Abbo au cours de la campagne électorale du double scrutin du 22 juillet 2007. Qu’on se rappelle également la sortie de Ndongo Essomba en 1996, au lendemain d’une campagne médiatique initiée par la cellule de communication du chef de l’Etat au sujet de ses autres activités. Présenté à l’époque comme un agriculteur dont on présenta les exploitations, les Camerounais découvrirent également un Paul Biya opérateur économique. Répondant à une question de journaliste, Jean Bernard Ndongo Essomba ne se priva de dire que " les milieux d’affaires soutiennent les activités du chef de l’Etat, du leader de parti et du confrère opérateur économique ". C’est toujours et encore donc cette logique qui prévaut dans l’administration du parti où lors de la dernière campagne du double scrutin municipal et législatif du 22 juillet 2007, le même dispositif de mobilisation des fonds a été mis en place.

Le parti puise aussi ses ressources auprès de son élite administrante. Directeurs généraux, membres du gouvernement et tous les hauts commis, tous ou presque gestionnaires de crédits mettent la main dans la caisse. Ils constituent d’ailleurs avec les hommes d’affaires, les principaux pôles d’influence à l’occasion des assises du parti. De sorte qu’en plus des contributions consistantes (à coups de millions de Fcfa exigées des responsables et membres des sous-commissions provinciales, départementales et communales de campagne, la commission centrale d’organisation a mis en place une sous-commission de l’intendance et de la logistique ayant pour président le trésorier général du parti, Gilbert Tsimi Evouna (bien que pas nommément cité). Parmi les vice-présidents on retient : Ousmanou Mohaman Abbo, Jean Bernard Ndongo Essomba, Victor Fotso, Louis Yinda? James Onobiono, André Sohaing, Mohamadou Fadil Bayero, Garba Bobore? Joseph Kadji Defosso, Henry Njalla Quan, Zaccheus Forjindam.

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Pour la plupart donc des directeurs généraux des entreprises d’Etat ou d’entreprises privées ayant régulièrement eu le coup de pouce du gouvernement. Les membres de cette sous-commission sont aussi opérateurs économiques bien connus, de hauts cadres de notre administration ou simplement des membres du gouvernement de la République. Et ils ont pour noms, Emile Engamba Engamba, Pascal Monkam, Claude Juimo Monthe, Louis Paul Motaze, Gabriel Dima, Mohamed Iya, Laurent Nkodo, Pierre Titi, Antoine Manga Massina, Roger Ntongo Onguene, Ignatus Sama Njuma, Christophe Sielinou, Jean Simon Ongola, Paul Eric Djoumgoue, David Nkoto Emane, André Mbopda, Djimeli, Jean-Marie Assene Nkou, Bernard Fokou, Paul Ngamo Hamani, René Mbayen, Camille Ekindi, Charles Metouck, Jean Baptiste Nguini Effa, Emmanuel Etoundi Oyono, Basile Atangana Kouna, Boniface Ngoa Nkou, Perrial Jean Nyodog, Augustin Tamba, Emmanuel Mbia Enguene, Jérôme Ondobo Mono, Martin Mvondo, Marthe Chantal Mbajon, Raymond Epassy Doumbe, Thérèse Atangana Eloumba. Cette sous commission, dont la composition varie selon que certains de ses membres sont "aux affaires" ou pas, est chargée du financement ainsi qu’elle fit l’objet d’un texte spécial en 1997.

A l’occasion de la campagne électorale présidentielle d’octobre de cette année là, le secrétaire général du comité central du parti au pouvoir signa une circulaire au nom du président national pour la mobilisation des ressources de campagne par nombre de membres cités plus haut. Mais aussi certains aujourd’hui, sortis du gouvernement ou déchus de leur poste de directeur général. Il s’agit notamment de Antoine Louis Ntsimi alors vice président à l’Assemblée nationale, Edouard Akame Mfoumou ministre de l’Economie et des Finances à l’époque entre autres. A l’occasion également, Mounchipou Seïdou qui allait entrer au gouvernement au terme dudit scrutin, fut chargé de fournir les tee-shirts de campagne pour le compte de l’association politique dirigée par Paul Biya. A l’occasion de son procès, Ondo Ndong ne fut pas non plus avare en déclarations. De l’argent dont la provenance, même pour les opérateurs économiques, va chercher dans les caisses de l’Etat dans un contexte où l’enrichissement illicite semble être la chose la mieux partagée.
Pour le cas du séminaire qui débute jeudi prochain, cette sous-commission pas totalement détachée du comité général d’organisation a été passablement modifiée. Elle se constitue de membres du gouvernement (Fame Ndongo, Haman Adama, Madeleine Tchuinte, Joseph Dion Ngute, Badel Ndanga Ndinga), de directeurs généraux (Ibrahim Talba Malla, Yaou Aïssatou) ou le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), Gilbert Tsimi Evouna.

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Plus que dans les autres systèmes politiques de la planète, le financement du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) fait l’objet d’une opacité particulière. Pour autant, certains usages internes au parti au pouvoir permettent de décrypter la provenance de l’argent qui le fait vivre. Premièrement, à l’occasion des fêtes et autres manifestations officielles du Rdpc, les instructions de la direction sur la mobilisation de la logistique au fil des ans, sont les mêmes: "Autofinancement, évaluation". Du temps où il officiait comme secrétaire général du comité central, Joseph Charles Doumba, répondant à une question d’une personnalité ressource qui tentait d’exprimer l’ampleur des charges budgétaires liées à l’organisation du 20e anniversaire de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême en 2002, eut cette boutade: "Ne faites pas l’esprit. Vous savez bien quels sont les usages. C’est nous qui gérons le papier".

C’est tout dire! La réalité est donc celle-là. Les opérateurs économiques sont sollicités. On se rappelle à ce propos la récente affaire Abbo au cours de la campagne électorale du double scrutin du 22 juillet 2007. Qu’on se rappelle également la sortie de Ndongo Essomba en 1996, au lendemain d’une campagne médiatique initiée par la cellule de communication du chef de l’Etat au sujet de ses autres activités. Présenté à l’époque comme un agriculteur dont on présenta les exploitations, les Camerounais découvrirent également un Paul Biya opérateur économique. Répondant à une question de journaliste, Jean Bernard Ndongo Essomba ne se priva de dire que " les milieux d’affaires soutiennent les activités du chef de l’Etat, du leader de parti et du confrère opérateur économique ". C’est toujours et encore donc cette logique qui prévaut dans l’administration du parti où lors de la dernière campagne du double scrutin municipal et législatif du 22 juillet 2007, le même dispositif de mobilisation des fonds a été mis en place.

Le parti puise aussi ses ressources auprès de son élite administrante. Directeurs généraux, membres du gouvernement et tous les hauts commis, tous ou presque gestionnaires de crédits mettent la main dans la caisse. Ils constituent d’ailleurs avec les hommes d’affaires, les principaux pôles d’influence à l’occasion des assises du parti. De sorte qu’en plus des contributions consistantes (à coups de millions de Fcfa exigées des responsables et membres des sous-commissions provinciales, départementales et communales de campagne, la commission centrale d’organisation a mis en place une sous-commission de l’intendance et de la logistique ayant pour président le trésorier général du parti, Gilbert Tsimi Evouna (bien que pas nommément cité). Parmi les vice-présidents on retient : Ousmanou Mohaman Abbo, Jean Bernard Ndongo Essomba, Victor Fotso, Louis Yinda? James Onobiono, André Sohaing, Mohamadou Fadil Bayero, Garba Bobore? Joseph Kadji Defosso, Henry Njalla Quan, Zaccheus Forjindam.

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Pour la plupart donc des directeurs généraux des entreprises d’Etat ou d’entreprises privées ayant régulièrement eu le coup de pouce du gouvernement. Les membres de cette sous-commission sont aussi opérateurs économiques bien connus, de hauts cadres de notre administration ou simplement des membres du gouvernement de la République. Et ils ont pour noms, Emile Engamba Engamba, Pascal Monkam, Claude Juimo Monthe, Louis Paul Motaze, Gabriel Dima, Mohamed Iya, Laurent Nkodo, Pierre Titi, Antoine Manga Massina, Roger Ntongo Onguene, Ignatus Sama Njuma, Christophe Sielinou, Jean Simon Ongola, Paul Eric Djoumgoue, David Nkoto Emane, André Mbopda, Djimeli, Jean-Marie Assene Nkou, Bernard Fokou, Paul Ngamo Hamani, René Mbayen, Camille Ekindi, Charles Metouck, Jean Baptiste Nguini Effa, Emmanuel Etoundi Oyono, Basile Atangana Kouna, Boniface Ngoa Nkou, Perrial Jean Nyodog, Augustin Tamba, Emmanuel Mbia Enguene, Jérôme Ondobo Mono, Martin Mvondo, Marthe Chantal Mbajon, Raymond Epassy Doumbe, Thérèse Atangana Eloumba. Cette sous commission, dont la composition varie selon que certains de ses membres sont "aux affaires" ou pas, est chargée du financement ainsi qu’elle fit l’objet d’un texte spécial en 1997.

A l’occasion de la campagne électorale présidentielle d’octobre de cette année là, le secrétaire général du comité central du parti au pouvoir signa une circulaire au nom du président national pour la mobilisation des ressources de campagne par nombre de membres cités plus haut. Mais aussi certains aujourd’hui, sortis du gouvernement ou déchus de leur poste de directeur général. Il s’agit notamment de Antoine Louis Ntsimi alors vice président à l’Assemblée nationale, Edouard Akame Mfoumou ministre de l’Economie et des Finances à l’époque entre autres. A l’occasion également, Mounchipou Seïdou qui allait entrer au gouvernement au terme dudit scrutin, fut chargé de fournir les tee-shirts de campagne pour le compte de l’association politique dirigée par Paul Biya. A l’occasion de son procès, Ondo Ndong ne fut pas non plus avare en déclarations. De l’argent dont la provenance, même pour les opérateurs économiques, va chercher dans les caisses de l’Etat dans un contexte où l’enrichissement illicite semble être la chose la mieux partagée.
Pour le cas du séminaire qui débute jeudi prochain, cette sous-commission pas totalement détachée du comité général d’organisation a été passablement modifiée. Elle se constitue de membres du gouvernement (Fame Ndongo, Haman Adama, Madeleine Tchuinte, Joseph Dion Ngute, Badel Ndanga Ndinga), de directeurs généraux (Ibrahim Talba Malla, Yaou Aïssatou) ou le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), Gilbert Tsimi Evouna.

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Théâtre : Major Asse fait le fou

L’humoriste donne un spectacle en One man show demain soir au Ccf de Yaoundé.
Justin Blaise Akono – Major Asse est un artiste humoriste, à l’image de Essindi Mindja dont il a vécu les dernières heures en 2005 lorsque ce dernier rendait l’âme. Demain jeudi, comme depuis quelques mois, Major Asse sera face au public du Centre culturel français François Villon de Yaoundé, pour un autre spectacle intitulé "Chuis pas fou, moi". La pièce raconte l’histoire troublante d’un jeune Africain en proie à la misère. Chopé au hasard d’une nuit par une mère, alors âgé de 12 ans, orphelin de mère à deux mois, il est enrôlé dans la rébellion à dix ans sans avoir jamais connu son père. Un voyage artistique l’amènera en France. A son retour, il est traité de fou par sa famille et ses copains.

Après une vie rythmée par des batailles, il prend conscience de sa condition et donne à ses compagnons la leçon d’une vie enrichie au gré des expériences que le religieux et le politique ont contribué à pourrir. Au-delà du fond du synopsis, la mise en scène de ce spectacle dont le dernier a eu lieu au Centre culturel le Petit Tamtam de Yaoundé le mois dernier, est basée sur trois points. D’abord le jeu : facteur primordial pour le succès d’un spectacle. "Dans ce One man show, les différentes figures scénographiques se forment d’elles-mêmes, permettant à l’acteur de sentir ses déplacements et de trouver ses marques", pense Martial Nguéa, un critique d’art, pour qui la relation entre le public et l’acteur, quant au troisième point, est une relation établie par le biais des paroles ciblées, des chants populaires du folklore Béti.

Le spectacle de Major Asse est réalisé en prélude au festival d’humour "Yaoundé Fou rire", prévu du 07 au 10 novembre prochain à Yaoundé. Major Asse était déjà en spectacle au mois d’août dernier, après avoir fait la première partie du spectacle d’un autre comédien humoriste, Valery Ndongo, au mois de juillet 2007. En plus d’être humoriste, Patrice Major Asse Eloundou, de son vrai patronyme, se présente également comme journaliste et poète. Il a animé par ses écrits, pendant quelques temps, la Rondine, le magazine de La Ronde des poètes. L’un de ses poèmes les plus connus s’intitule "Quel campus !". Il a été conçu alors qu’il était encore étudiant. "Comme nous fûmes du même abîme nous laissâmes la parole à notre tumeur jusqu’à l’orgasme du sang. Nous armâmes nos sexes au gré des douleurs et nous éjaculâmes des lustres de courroux comme nous fûmes du même abcès", concluait-il notamment dans cette pièce. Alors, Major Assé est-il fou, lui ?

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