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Pour l’histoire



Quelle semaine ! Quel est le Camerounais d’ici ou de la diaspora qui n’a pas eu de séquelles de cette semaine infernale que nous venons de vivre ?
Alain B. Batongué


Au-delà du bilan humain, une vingtaine de morts au moins, plusieurs dizaines de blessés et des arrestations par grappes entières, on aura également déploré une paralysie inquiétante des activités surtout économiques à Douala, le blocage des mouvements de personnes et des biens entre les principales villes du pays, toutes choses qui auront des conséquences économiques lourdes que le groupement interpatronal du Cameroun, le Gicam, tout comme le gouvernement, auront certainement l’occasion d’évaluer. Il suffira cependant de constater, pour rester proches de nous-mêmes, que le marché de la presse a fonctionné au ralenti, comme chacun d’entre vous a pu le constater.

Une semaine d’enfer, qui a démarré par une grève annoncée des divers syndicats de transporteurs urbains et interurbains qui protestaient contre la énième hausse du prix du carburant à la pompe et diverses autres tracasseries policières et administratives, et qui a rapidement dégénéré en des émeutes populaires, caractérisées par des violences sur des personnes physiques et des biens.
Nous avons donc décidé de vous proposer ce que vous avez entre vos mains : une édition spéciale qui retrace le film des événements parfois macabres vécues dans plusieurs villes du pays, qui tente une évaluation de l’impact économique revisite le discours des pouvoirs publics à mesure de l’évolution de la crise ainsi que les réactions des hommes politiques, tente un décryptage et une lecture de ces événements à la lumière du calendrier politique du Cameroun , et esquisse un éclairage anthropologique des réactions des Camerounais.

Nous avons pris cette initiative non pas pour mettre de l’huile sur le feu, mais au contraire, pour profiter du recul au lendemain des événements pour tirer les leçons. Parce que l’actuelle crise sociale, au-delà de son bilan douloureux, a mis à nu un malaise jusque-là latent autour de deux principales préoccupations : d’abord une préoccupation politique liée à une éventuelle révision de la constitution du 18 janvier 1996. Le chef de l’Etat et quelques-uns de proches collaborateurs ont particulièrement insisté sur l’amendement de l’article 6 alinéa 2 de cette constitution, à l’effet de faire sauter le verrou de la limitation des mandats.

Pendant que d’autres forces vives de la nation faisaient valoir qu’il y a avait d’autres urgences et que, de toutes façons, une telle initiative ne pouvait prospérer que si elle émanait d’un large consensus, et à la condition qu’elle soit compatible avec l’article 23 (5) de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, adoptée à Addis-Abeba le 30 janvier 2007, qui stipule : « Les Etats parties conviennent que l’utilisation, entre autres, des moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de Gouvernement et est passible de sanctions appropriées de la part de l’Union:’’ (…) ‘’Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique.»

L’autre préoccupation est purement existentielle : au-delà de la récupération politicienne (en attendant d’établir la thèse du complot), si ce mouvement a pu être aussi suivi et si des gens ont manifesté, au point de déchaîner tant de violences, c’est que le peuple a faim et a voulu faire entendre à qui de droit le bruit des casseroles vides et le malaise devant un avenir incertain.
Le chef de l’Etat a choisi, lors de la Déclaration de mercredi dernier, la voie de la fermeté et du strict respect des institutions de la République. Dans sa posture, cela peut être compréhensible. Mais s’il n’a pas oublié qu’il a été élu par le peuple, il se souviendra certainement qu’il a le devoir de l’écouter et de donner suite à ses complaintes. Pour que soient bannies à jamais les images tristes et dramatiques qui ont endeuillées de nombreuses familles, appauvries de nombreuses autres, et créé une psychose généralisée.

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Quelle semaine ! Quel est le Camerounais d’ici ou de la diaspora qui n’a pas eu de séquelles de cette semaine infernale que nous venons de vivre ?
Alain B. Batongué


Au-delà du bilan humain, une vingtaine de morts au moins, plusieurs dizaines de blessés et des arrestations par grappes entières, on aura également déploré une paralysie inquiétante des activités surtout économiques à Douala, le blocage des mouvements de personnes et des biens entre les principales villes du pays, toutes choses qui auront des conséquences économiques lourdes que le groupement interpatronal du Cameroun, le Gicam, tout comme le gouvernement, auront certainement l’occasion d’évaluer. Il suffira cependant de constater, pour rester proches de nous-mêmes, que le marché de la presse a fonctionné au ralenti, comme chacun d’entre vous a pu le constater.

Une semaine d’enfer, qui a démarré par une grève annoncée des divers syndicats de transporteurs urbains et interurbains qui protestaient contre la énième hausse du prix du carburant à la pompe et diverses autres tracasseries policières et administratives, et qui a rapidement dégénéré en des émeutes populaires, caractérisées par des violences sur des personnes physiques et des biens.
Nous avons donc décidé de vous proposer ce que vous avez entre vos mains : une édition spéciale qui retrace le film des événements parfois macabres vécues dans plusieurs villes du pays, qui tente une évaluation de l’impact économique revisite le discours des pouvoirs publics à mesure de l’évolution de la crise ainsi que les réactions des hommes politiques, tente un décryptage et une lecture de ces événements à la lumière du calendrier politique du Cameroun , et esquisse un éclairage anthropologique des réactions des Camerounais.

Nous avons pris cette initiative non pas pour mettre de l’huile sur le feu, mais au contraire, pour profiter du recul au lendemain des événements pour tirer les leçons. Parce que l’actuelle crise sociale, au-delà de son bilan douloureux, a mis à nu un malaise jusque-là latent autour de deux principales préoccupations : d’abord une préoccupation politique liée à une éventuelle révision de la constitution du 18 janvier 1996. Le chef de l’Etat et quelques-uns de proches collaborateurs ont particulièrement insisté sur l’amendement de l’article 6 alinéa 2 de cette constitution, à l’effet de faire sauter le verrou de la limitation des mandats.

Pendant que d’autres forces vives de la nation faisaient valoir qu’il y a avait d’autres urgences et que, de toutes façons, une telle initiative ne pouvait prospérer que si elle émanait d’un large consensus, et à la condition qu’elle soit compatible avec l’article 23 (5) de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, adoptée à Addis-Abeba le 30 janvier 2007, qui stipule : « Les Etats parties conviennent que l’utilisation, entre autres, des moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de Gouvernement et est passible de sanctions appropriées de la part de l’Union:’’ (…) ‘’Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique.»

L’autre préoccupation est purement existentielle : au-delà de la récupération politicienne (en attendant d’établir la thèse du complot), si ce mouvement a pu être aussi suivi et si des gens ont manifesté, au point de déchaîner tant de violences, c’est que le peuple a faim et a voulu faire entendre à qui de droit le bruit des casseroles vides et le malaise devant un avenir incertain.
Le chef de l’Etat a choisi, lors de la Déclaration de mercredi dernier, la voie de la fermeté et du strict respect des institutions de la République. Dans sa posture, cela peut être compréhensible. Mais s’il n’a pas oublié qu’il a été élu par le peuple, il se souviendra certainement qu’il a le devoir de l’écouter et de donner suite à ses complaintes. Pour que soient bannies à jamais les images tristes et dramatiques qui ont endeuillées de nombreuses familles, appauvries de nombreuses autres, et créé une psychose généralisée.

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Une semaine d’enfer, qui a démarré par une grève annoncée des divers syndicats de transporteurs urbains et interurbains qui protestaient contre la énième hausse du prix du carburant à la pompe et diverses autres tracasseries policières et administratives, et qui a rapidement dégénéré en des émeutes populaires, caractérisées par des violences sur des personnes physiques et des biens.
Nous avons donc décidé de vous proposer ce que vous avez entre vos mains : une édition spéciale qui retrace le film des événements parfois macabres vécues dans plusieurs villes du pays, qui tente une évaluation de l’impact économique revisite le discours des pouvoirs publics à mesure de l’évolution de la crise ainsi que les réactions des hommes politiques, tente un décryptage et une lecture de ces événements à la lumière du calendrier politique du Cameroun , et esquisse un éclairage anthropologique des réactions des Camerounais.

Nous avons pris cette initiative non pas pour mettre de l’huile sur le feu, mais au contraire, pour profiter du recul au lendemain des événements pour tirer les leçons. Parce que l’actuelle crise sociale, au-delà de son bilan douloureux, a mis à nu un malaise jusque-là latent autour de deux principales préoccupations : d’abord une préoccupation politique liée à une éventuelle révision de la constitution du 18 janvier 1996. Le chef de l’Etat et quelques-uns de proches collaborateurs ont particulièrement insisté sur l’amendement de l’article 6 alinéa 2 de cette constitution, à l’effet de faire sauter le verrou de la limitation des mandats.

Pendant que d’autres forces vives de la nation faisaient valoir qu’il y a avait d’autres urgences et que, de toutes façons, une telle initiative ne pouvait prospérer que si elle émanait d’un large consensus, et à la condition qu’elle soit compatible avec l’article 23 (5) de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, adoptée à Addis-Abeba le 30 janvier 2007, qui stipule : « Les Etats parties conviennent que l’utilisation, entre autres, des moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de Gouvernement et est passible de sanctions appropriées de la part de l’Union:’’ (…) ‘’Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique.»

L’autre préoccupation est purement existentielle : au-delà de la récupération politicienne (en attendant d’établir la thèse du complot), si ce mouvement a pu être aussi suivi et si des gens ont manifesté, au point de déchaîner tant de violences, c’est que le peuple a faim et a voulu faire entendre à qui de droit le bruit des casseroles vides et le malaise devant un avenir incertain.
Le chef de l’Etat a choisi, lors de la Déclaration de mercredi dernier, la voie de la fermeté et du strict respect des institutions de la République. Dans sa posture, cela peut être compréhensible. Mais s’il n’a pas oublié qu’il a été élu par le peuple, il se souviendra certainement qu’il a le devoir de l’écouter et de donner suite à ses complaintes. Pour que soient bannies à jamais les images tristes et dramatiques qui ont endeuillées de nombreuses familles, appauvries de nombreuses autres, et créé une psychose généralisée.

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Emergence : Pour quel cinéma?

Face à la sortie régulière des fictions ces derniers mois, les cinéastes camerounais attirent l’attention sur la qualité des œuvres.
Dorine Ekwè – Jeudi, 2 novembre dernier, le cinéma théâtre Abbia à Yaoundé a encore été le cadre d’une sortie officielle de films camerounais. Ce jour-là en effet, « Donzy, l’arnaqueur arnaqué  » a été présenté au public. Réalisé par Isidore Modjo, le film n’a pas pu dévoiler le talent de son créateur malgré les attentes du public. Le 20 novembre dernier, à Maroua, Hans Bello, jeune réalisateur a présenté son tout premier film à Maroua : « Djaloudfjô l’innocente « . Ici, bien que l’histoire a été appréciée par les cinéphiles, plusieurs insuffisances ont été décelées dans la production. Ces insuffisances relevées dans le dernier film de Isidore Modjo et celui de Hans Bello sont celles que l’on retrouve le plus souvent dans les différentes fictions tournées ces dernières années au Cameroun.

Directeur de la cinématographie au ministère camerounais de la Culture, Balise Nomo Zanga confiait: « Pendant de longues années, le cinéma camerounais a connu un passage à vide. Depuis quelques temps, nous constatons qu’il y a de plus en plus de production et c’est très intéressant car cela permet d’occuper l’espace et de montrer que les choses peuvent bouger. Seulement, il faut que les réalisateurs et les artistes soient plus regardant quant à la qualité des films qu’ils proposent au public ». La même sonnette d’alarme est tirée du côté de l’association Ecrans noirs à Yaoundé. Selon Patricia Mouné Mbédé, la directrice du festival Ecrans noirs,  » Le cinéma et plus précisément la vidéo est en pleine progression au Cameroun. Il faut louer cela et encourager tous ces jeunes en espérant qu’il y aura de plus en plus de structures qui les aideraient à mieux préparer leurs films. Il ne faut cependant pas que cette production tout occulte le côté artistique et créatif du cinéma. Heureusement qu’il y a 2 ou 3 films qui sortent du lot mais beaucoup reste à faire « .

Au-delà des sorties populaires plus au moins courues par le public, les réalisateurs devraient donc parvenir à offrir du rêve au public et à mettre sur le marché des films qui marquent tant au plan national qu’au plan international. « Cela fait longtemps qu’un film africain n’a pas été en sélection officielle à Cannes ou Berlin C’est dommage car, il faut pouvoir se vendre, et s’ouvrir aux autres « , confie Patricia Mouné Mbédé.
Il faudrait donc, que les réalisateurs camerounais, après avoir gagné le pari des fictions mieux outillées et plus intéressantes comme nous le souhaitons, essayent de conquérir le marché cinématographique de la sous région plutôt hermétique.

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