Kidnapping du colonel Equato-guinéen : Deux policiers inculpés
Ils ont été présentés au commissaire du gouvernement qui devrait signer leur mandat de dépôt ce jour.
Nul n’a aucune trace, jusqu’à ce jour, de la destination du colonel équato-guinéen kidnappé la semaine dernière à Yaoundé.
L’individu, dont l’identité reste toujours un mystère, avait été conduit à la chancellerie de l’ambassade de la république de Guinée Equatoriale le mardi 07 octobre dernier, par deux policiers camerounais, agissant pour leur propre compte, en totale démarcation des instructions de leur hiérarchie, et surtout en parfaite méconnaissance des pratiques usuelles en matière d’interpellation d’individus jouissant d’une protection particulière par les mécanismes du droit international, à l’instar des réfugiés politiques. Une prime de quinze millions de francs Cfa leur ayant été promise par des services secrets équato-guinéens.
Cette affaire dans laquelle deux fonctionnaires de police camerounais sont impliqués, a connu depuis hier soir une évolution logique. Après les délais légaux de garde à vue à la Direction de la police judiciaire, après plusieurs auditions lors desquelles les mis en cause seraient passés aux aveux, Ndam Ibrahim, inspecteur de police en service à la Dpj et Ndam Hamidou, en service quant à lui à la Direction des renseignements généraux du commissariat central de Yaoundé, ont été présentés au commissaire du gouvernement du Tribunal militaire de Yaoundé. Il leur est notamment reproché, comme nous l’avons indiqué dans notre édition n°286 du mardi 14 octobre 2008, le motif "d’intelligence avec un service de renseignement étranger". Une infraction jugée grave, de l’avis de praticiens, et qui devrait coûter leur carrière aux deux policiers, au cas où les faits qui leur sont reprochés sont retenus par le tribunal militaire. En effet, une procédure disciplinaire concomitamment engagée contre lesdits fonctionnaires est à un stade très avancé. La sanction qui devrait en découler n’attendrait plus que la décision du magistrat militaire. Is risquent au minimum une peine privative de liberté, au pire une révocation qui ne devrait être prononcée que par le président de la République.
Pourtant, l’inculpation des deux policiers masque mal des implications diplomatiques que pourrait entraîner cette situation plus qu’embarrassante pour les Etats du Cameroun et de Guinée Equatoriale. On connait la délicatesse des relations entre les deux voisins. Des frictions entre ressortissants des deux pays sont en effet légion, tant aux frontières qu’à l’intérieur de leurs territoires respectifs. De même, le Haut commissariat aux réfugiés, par qui l’alerte est venue, continue d’exercer une pression sur les deux gouvernements de Malabo et de Yaoundé, aux fins de demander où est passé le réfugié politique équato-guinéen. Les gouvernements de Malabo et de Yaoundé se seraient, dans le cas d’espèce, rendus coupables d’une grave violation de la Charte des Nations unies sur le droit humanitaire.


