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Cabarets : La programmation en plusieurs gammes

Les nuits chaudes sont souvent le terrain d’intenses déploiements, de filouterie des artistes et propriétaires.


L’on se souvient encore de cette plainte des responsables du Fini Hôtel à Limbe, qui avaient accusé en début d’année deux artistes camerounais parmi les meilleurs aujourd’hui, Lady Ponce et Aï Jo Mamadou, pour filouterie. Ils évoquaient le non respect des clauses du contrat de prestations artistiques. Ils devaient y prester dans la nuit du 31 décembre 2008 au 1er janvier 2009 dans le cadre de "la nuit de l’océan". "J’ai dû user de beaucoup de tact pour maintenir la clientèle en émoi. Lady Ponce après avoir fait une prestation de moins d’une heure [deux chansons, selon un client ayant assisté à la soirée, ndlr], accompagnée de son manager Tchop Tchop, seront surpris par les agents de sécurité de l’hôtel entrain de filer à l’anglaise", confiait sur ces mêmes colonnes Serges Angoni, le responsable Commercial et Marketing de Fini Hotel.

Même si les artistes concernés s’en défendent, il reste constant que de telles pratiques révèlent les réalités de la programmation des artistes toutes les semaines dans les différents cabarets du Cameroun où ils évoluent. "Tout dépend de la politique de la maison. Il y en a qui décident de faire venir les artistes toutes les semaines et d’autres qui choisissent des dates fortes tel que lors des fêtes", explique James Essi, ancien directeur artistique d’un cabaret de Yaoundé. Pour d’autres encore, ils travaillent avec des artistes de l’écurie comme c’est le cas avec le cabaret Le Carosel à Yaoundé, qui compte parmi ses poulains les meilleurs musiciens de Bikutsi. "Chaque maison a son règlement. Pour celles qui ont leurs artistes, pas besoin de leur demander leur avis pour la programmation", explique Aï Jo Mamadou, ancien directeur artistique de Carosel et de la Fiesta. Il précise néanmoins que, "si un artiste a une prestation quelque part, il signale. Car, les artistes sont salariés. Il y a des sanctions." Les directeurs artistiques essaient de faire une différence entre les cabarets. Notamment les cabarets populaires et les piano bars, qui privilégient la musique d’écoute, où "la programmation est faite à la demande du public. Même si on peut lui offrir une surprise", souligne Mayo Mevio, le directeur artistique du cabaret La Réserve.

"Lorsqu’un artiste a été contacté, les deux parties s’entendent sur le contenu du contrat. Notamment le cachet et l’heure. Car, il y en a qui se produisent à plusieurs endroits le même soir", confie James Essi. "Et si vous vous êtes bien entendu avec l’artiste, il n’y a pas de raison qu’il ne vienne pas ou qu’il vienne en retard", pense Mayo Mevio pour qui cela peut arriver du fait que l’artiste doute du promoteur du cabaret qui peut le "lober". le marché bien négocié, les deux parties se mettent dans la même gamme, l’artiste peut alors commencer les répétitions afin de mieux préparer sa prestation. Mais, si les négociations n’ont pas pu aboutir et que les deux parties peuvent encore s’entendre jusqu’à la dernière heure, "on considère cela comme une surprise. On n’annonce pas l’artiste aux spectateurs et le présente comme une surprise", explique James Essi pour qui, de cette manière, le promoteur évite de se mettre à dos le public. Aï Jo Mamadou a une autre démarche : "quand l’artiste programmé n’est pas là, on bouche le trou par un autre".

Les directeurs artistiques et promoteurs des cabarets accusent les artistes d’être à l’origine des manquements souvent observés à l’instar de leurs retards sur le plateau ou, tout simplement leur absence, bien qu’ayant été annoncés soit sur l’affiche du cabaret, soit par le présentateur de la soirée. "Il peut arriver qu’un artiste soit programmé de gauche à droite. Dès lors, il doit assumer la qualité de sa prestation", pense Mayo Mévio, qui conseille que, "en tant que musicien, les artistes sérieux devraient avoir un poste fixe ou alors un seul rendez-vous par soirée". il rappelle même que certains contrats prévoient que l’artiste ne se produise qu’à un seul endroit. Or, ces derniers disent vouloir être réalistes. "On cherche l’argent, au lieu de se prostituer", lance Véronik Facture, chanteuse de Bikutsi.

Cabarets
Elle reconnaît avoir déjà été programmée à quatre cabarets différents en une seule soirée. Contrairement à Bisso Solo, sociétaire du Carosel. "Je peux évoluer n’importe où. Mais, je préfère rester dans mon cabaret du fait que nous nous connaissons et faisons de bons spectacles. C’est pour cette raison que le Bikutsi évolue", croit-il. Nono Flavy, diva du Makossa, se souvient qu’elle "évoluait" dans les cabarets lorsqu’elle pastichait encore les chansons des autres artistes. Mais, depuis qu’elle a mis ses albums sur le marché, elle est devenue la cible des promoteurs des cabarets. "Il vous passe un coup de fil. Même si vous ne vous êtes pas entendu, il vous programme et les consommateurs de ces cabarets seront déçus, rejetant la faute aux artistes", confie-t-elle. Nono Flavy se souvient "qu’il peut vous arriver de passer quelque part et de vous voir programmé sans que vous ne soyez informé.

Qu’allez-vous faire, leur porter plainte?" se demande-t-elle avant de tempérer en confiant qu’elle préfère laisser. Quant à sa responsabilité, "il ne m’est jamais arrivé d’être programmée et que je ne vienne pas", se défend-elle. Les deux parties semblent faire preuve de filouterie au regard de la demande. Les montants des contrat, à cet effet, inspirent quelques réflexion. "Je paie bien mes artistes", se vante Mayo Mévio pour qui la fourchette oscille entre 200.000 Fcfa et 400.000 Fcfa pour une prestation généralement faite de deux ou trois chansons. Ailleurs, l’on parle de 50.000 Fcfa. "Tout dépend de l’aura de l’artiste et des négociations", explique-t-il. Et l’on comprend alors pourquoi les artistes peuvent faire le tour des cabarets tous les weekends, arrivant souvent en retard au rendez-vous ou, sont simplement absents.

Justin Blaise Akono

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Cabarets : La programmation en plusieurs gammes

Les nuits chaudes sont souvent le terrain d’intenses déploiements, de filouterie des artistes et propriétaires.


L’on se souvient encore de cette plainte des responsables du Fini Hôtel à Limbe, qui avaient accusé en début d’année deux artistes camerounais parmi les meilleurs aujourd’hui, Lady Ponce et Aï Jo Mamadou, pour filouterie. Ils évoquaient le non respect des clauses du contrat de prestations artistiques. Ils devaient y prester dans la nuit du 31 décembre 2008 au 1er janvier 2009 dans le cadre de "la nuit de l’océan". "J’ai dû user de beaucoup de tact pour maintenir la clientèle en émoi. Lady Ponce après avoir fait une prestation de moins d’une heure [deux chansons, selon un client ayant assisté à la soirée, ndlr], accompagnée de son manager Tchop Tchop, seront surpris par les agents de sécurité de l’hôtel entrain de filer à l’anglaise", confiait sur ces mêmes colonnes Serges Angoni, le responsable Commercial et Marketing de Fini Hotel.

Même si les artistes concernés s’en défendent, il reste constant que de telles pratiques révèlent les réalités de la programmation des artistes toutes les semaines dans les différents cabarets du Cameroun où ils évoluent. "Tout dépend de la politique de la maison. Il y en a qui décident de faire venir les artistes toutes les semaines et d’autres qui choisissent des dates fortes tel que lors des fêtes", explique James Essi, ancien directeur artistique d’un cabaret de Yaoundé. Pour d’autres encore, ils travaillent avec des artistes de l’écurie comme c’est le cas avec le cabaret Le Carosel à Yaoundé, qui compte parmi ses poulains les meilleurs musiciens de Bikutsi. "Chaque maison a son règlement. Pour celles qui ont leurs artistes, pas besoin de leur demander leur avis pour la programmation", explique Aï Jo Mamadou, ancien directeur artistique de Carosel et de la Fiesta. Il précise néanmoins que, "si un artiste a une prestation quelque part, il signale. Car, les artistes sont salariés. Il y a des sanctions." Les directeurs artistiques essaient de faire une différence entre les cabarets. Notamment les cabarets populaires et les piano bars, qui privilégient la musique d’écoute, où "la programmation est faite à la demande du public. Même si on peut lui offrir une surprise", souligne Mayo Mevio, le directeur artistique du cabaret La Réserve.

"Lorsqu’un artiste a été contacté, les deux parties s’entendent sur le contenu du contrat. Notamment le cachet et l’heure. Car, il y en a qui se produisent à plusieurs endroits le même soir", confie James Essi. "Et si vous vous êtes bien entendu avec l’artiste, il n’y a pas de raison qu’il ne vienne pas ou qu’il vienne en retard", pense Mayo Mevio pour qui cela peut arriver du fait que l’artiste doute du promoteur du cabaret qui peut le "lober". le marché bien négocié, les deux parties se mettent dans la même gamme, l’artiste peut alors commencer les répétitions afin de mieux préparer sa prestation. Mais, si les négociations n’ont pas pu aboutir et que les deux parties peuvent encore s’entendre jusqu’à la dernière heure, "on considère cela comme une surprise. On n’annonce pas l’artiste aux spectateurs et le présente comme une surprise", explique James Essi pour qui, de cette manière, le promoteur évite de se mettre à dos le public. Aï Jo Mamadou a une autre démarche : "quand l’artiste programmé n’est pas là, on bouche le trou par un autre".

Les directeurs artistiques et promoteurs des cabarets accusent les artistes d’être à l’origine des manquements souvent observés à l’instar de leurs retards sur le plateau ou, tout simplement leur absence, bien qu’ayant été annoncés soit sur l’affiche du cabaret, soit par le présentateur de la soirée. "Il peut arriver qu’un artiste soit programmé de gauche à droite. Dès lors, il doit assumer la qualité de sa prestation", pense Mayo Mévio, qui conseille que, "en tant que musicien, les artistes sérieux devraient avoir un poste fixe ou alors un seul rendez-vous par soirée". il rappelle même que certains contrats prévoient que l’artiste ne se produise qu’à un seul endroit. Or, ces derniers disent vouloir être réalistes. "On cherche l’argent, au lieu de se prostituer", lance Véronik Facture, chanteuse de Bikutsi.

Cabarets
Elle reconnaît avoir déjà été programmée à quatre cabarets différents en une seule soirée. Contrairement à Bisso Solo, sociétaire du Carosel. "Je peux évoluer n’importe où. Mais, je préfère rester dans mon cabaret du fait que nous nous connaissons et faisons de bons spectacles. C’est pour cette raison que le Bikutsi évolue", croit-il. Nono Flavy, diva du Makossa, se souvient qu’elle "évoluait" dans les cabarets lorsqu’elle pastichait encore les chansons des autres artistes. Mais, depuis qu’elle a mis ses albums sur le marché, elle est devenue la cible des promoteurs des cabarets. "Il vous passe un coup de fil. Même si vous ne vous êtes pas entendu, il vous programme et les consommateurs de ces cabarets seront déçus, rejetant la faute aux artistes", confie-t-elle. Nono Flavy se souvient "qu’il peut vous arriver de passer quelque part et de vous voir programmé sans que vous ne soyez informé.

Qu’allez-vous faire, leur porter plainte?" se demande-t-elle avant de tempérer en confiant qu’elle préfère laisser. Quant à sa responsabilité, "il ne m’est jamais arrivé d’être programmée et que je ne vienne pas", se défend-elle. Les deux parties semblent faire preuve de filouterie au regard de la demande. Les montants des contrat, à cet effet, inspirent quelques réflexion. "Je paie bien mes artistes", se vante Mayo Mévio pour qui la fourchette oscille entre 200.000 Fcfa et 400.000 Fcfa pour une prestation généralement faite de deux ou trois chansons. Ailleurs, l’on parle de 50.000 Fcfa. "Tout dépend de l’aura de l’artiste et des négociations", explique-t-il. Et l’on comprend alors pourquoi les artistes peuvent faire le tour des cabarets tous les weekends, arrivant souvent en retard au rendez-vous ou, sont simplement absents.

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Cabarets : La programmation en plusieurs gammes

Les nuits chaudes sont souvent le terrain d’intenses déploiements, de filouterie des artistes et propriétaires.


L’on se souvient encore de cette plainte des responsables du Fini Hôtel à Limbe, qui avaient accusé en début d’année deux artistes camerounais parmi les meilleurs aujourd’hui, Lady Ponce et Aï Jo Mamadou, pour filouterie. Ils évoquaient le non respect des clauses du contrat de prestations artistiques. Ils devaient y prester dans la nuit du 31 décembre 2008 au 1er janvier 2009 dans le cadre de "la nuit de l’océan". "J’ai dû user de beaucoup de tact pour maintenir la clientèle en émoi. Lady Ponce après avoir fait une prestation de moins d’une heure [deux chansons, selon un client ayant assisté à la soirée, ndlr], accompagnée de son manager Tchop Tchop, seront surpris par les agents de sécurité de l’hôtel entrain de filer à l’anglaise", confiait sur ces mêmes colonnes Serges Angoni, le responsable Commercial et Marketing de Fini Hotel.

Même si les artistes concernés s’en défendent, il reste constant que de telles pratiques révèlent les réalités de la programmation des artistes toutes les semaines dans les différents cabarets du Cameroun où ils évoluent. "Tout dépend de la politique de la maison. Il y en a qui décident de faire venir les artistes toutes les semaines et d’autres qui choisissent des dates fortes tel que lors des fêtes", explique James Essi, ancien directeur artistique d’un cabaret de Yaoundé. Pour d’autres encore, ils travaillent avec des artistes de l’écurie comme c’est le cas avec le cabaret Le Carosel à Yaoundé, qui compte parmi ses poulains les meilleurs musiciens de Bikutsi. "Chaque maison a son règlement. Pour celles qui ont leurs artistes, pas besoin de leur demander leur avis pour la programmation", explique Aï Jo Mamadou, ancien directeur artistique de Carosel et de la Fiesta. Il précise néanmoins que, "si un artiste a une prestation quelque part, il signale. Car, les artistes sont salariés. Il y a des sanctions." Les directeurs artistiques essaient de faire une différence entre les cabarets. Notamment les cabarets populaires et les piano bars, qui privilégient la musique d’écoute, où "la programmation est faite à la demande du public. Même si on peut lui offrir une surprise", souligne Mayo Mevio, le directeur artistique du cabaret La Réserve.

"Lorsqu’un artiste a été contacté, les deux parties s’entendent sur le contenu du contrat. Notamment le cachet et l’heure. Car, il y en a qui se produisent à plusieurs endroits le même soir", confie James Essi. "Et si vous vous êtes bien entendu avec l’artiste, il n’y a pas de raison qu’il ne vienne pas ou qu’il vienne en retard", pense Mayo Mevio pour qui cela peut arriver du fait que l’artiste doute du promoteur du cabaret qui peut le "lober". le marché bien négocié, les deux parties se mettent dans la même gamme, l’artiste peut alors commencer les répétitions afin de mieux préparer sa prestation. Mais, si les négociations n’ont pas pu aboutir et que les deux parties peuvent encore s’entendre jusqu’à la dernière heure, "on considère cela comme une surprise. On n’annonce pas l’artiste aux spectateurs et le présente comme une surprise", explique James Essi pour qui, de cette manière, le promoteur évite de se mettre à dos le public. Aï Jo Mamadou a une autre démarche : "quand l’artiste programmé n’est pas là, on bouche le trou par un autre".

Les directeurs artistiques et promoteurs des cabarets accusent les artistes d’être à l’origine des manquements souvent observés à l’instar de leurs retards sur le plateau ou, tout simplement leur absence, bien qu’ayant été annoncés soit sur l’affiche du cabaret, soit par le présentateur de la soirée. "Il peut arriver qu’un artiste soit programmé de gauche à droite. Dès lors, il doit assumer la qualité de sa prestation", pense Mayo Mévio, qui conseille que, "en tant que musicien, les artistes sérieux devraient avoir un poste fixe ou alors un seul rendez-vous par soirée". il rappelle même que certains contrats prévoient que l’artiste ne se produise qu’à un seul endroit. Or, ces derniers disent vouloir être réalistes. "On cherche l’argent, au lieu de se prostituer", lance Véronik Facture, chanteuse de Bikutsi.

Cabarets
Elle reconnaît avoir déjà été programmée à quatre cabarets différents en une seule soirée. Contrairement à Bisso Solo, sociétaire du Carosel. "Je peux évoluer n’importe où. Mais, je préfère rester dans mon cabaret du fait que nous nous connaissons et faisons de bons spectacles. C’est pour cette raison que le Bikutsi évolue", croit-il. Nono Flavy, diva du Makossa, se souvient qu’elle "évoluait" dans les cabarets lorsqu’elle pastichait encore les chansons des autres artistes. Mais, depuis qu’elle a mis ses albums sur le marché, elle est devenue la cible des promoteurs des cabarets. "Il vous passe un coup de fil. Même si vous ne vous êtes pas entendu, il vous programme et les consommateurs de ces cabarets seront déçus, rejetant la faute aux artistes", confie-t-elle. Nono Flavy se souvient "qu’il peut vous arriver de passer quelque part et de vous voir programmé sans que vous ne soyez informé.

Qu’allez-vous faire, leur porter plainte?" se demande-t-elle avant de tempérer en confiant qu’elle préfère laisser. Quant à sa responsabilité, "il ne m’est jamais arrivé d’être programmée et que je ne vienne pas", se défend-elle. Les deux parties semblent faire preuve de filouterie au regard de la demande. Les montants des contrat, à cet effet, inspirent quelques réflexion. "Je paie bien mes artistes", se vante Mayo Mévio pour qui la fourchette oscille entre 200.000 Fcfa et 400.000 Fcfa pour une prestation généralement faite de deux ou trois chansons. Ailleurs, l’on parle de 50.000 Fcfa. "Tout dépend de l’aura de l’artiste et des négociations", explique-t-il. Et l’on comprend alors pourquoi les artistes peuvent faire le tour des cabarets tous les weekends, arrivant souvent en retard au rendez-vous ou, sont simplement absents.

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Cabarets : La programmation en plusieurs gammes

Les nuits chaudes sont souvent le terrain d’intenses déploiements, de filouterie des artistes et propriétaires.


L’on se souvient encore de cette plainte des responsables du Fini Hôtel à Limbe, qui avaient accusé en début d’année deux artistes camerounais parmi les meilleurs aujourd’hui, Lady Ponce et Aï Jo Mamadou, pour filouterie. Ils évoquaient le non respect des clauses du contrat de prestations artistiques. Ils devaient y prester dans la nuit du 31 décembre 2008 au 1er janvier 2009 dans le cadre de "la nuit de l’océan". "J’ai dû user de beaucoup de tact pour maintenir la clientèle en émoi. Lady Ponce après avoir fait une prestation de moins d’une heure [deux chansons, selon un client ayant assisté à la soirée, ndlr], accompagnée de son manager Tchop Tchop, seront surpris par les agents de sécurité de l’hôtel entrain de filer à l’anglaise", confiait sur ces mêmes colonnes Serges Angoni, le responsable Commercial et Marketing de Fini Hotel.

Même si les artistes concernés s’en défendent, il reste constant que de telles pratiques révèlent les réalités de la programmation des artistes toutes les semaines dans les différents cabarets du Cameroun où ils évoluent. "Tout dépend de la politique de la maison. Il y en a qui décident de faire venir les artistes toutes les semaines et d’autres qui choisissent des dates fortes tel que lors des fêtes", explique James Essi, ancien directeur artistique d’un cabaret de Yaoundé. Pour d’autres encore, ils travaillent avec des artistes de l’écurie comme c’est le cas avec le cabaret Le Carosel à Yaoundé, qui compte parmi ses poulains les meilleurs musiciens de Bikutsi. "Chaque maison a son règlement. Pour celles qui ont leurs artistes, pas besoin de leur demander leur avis pour la programmation", explique Aï Jo Mamadou, ancien directeur artistique de Carosel et de la Fiesta. Il précise néanmoins que, "si un artiste a une prestation quelque part, il signale. Car, les artistes sont salariés. Il y a des sanctions." Les directeurs artistiques essaient de faire une différence entre les cabarets. Notamment les cabarets populaires et les piano bars, qui privilégient la musique d’écoute, où "la programmation est faite à la demande du public. Même si on peut lui offrir une surprise", souligne Mayo Mevio, le directeur artistique du cabaret La Réserve.

"Lorsqu’un artiste a été contacté, les deux parties s’entendent sur le contenu du contrat. Notamment le cachet et l’heure. Car, il y en a qui se produisent à plusieurs endroits le même soir", confie James Essi. "Et si vous vous êtes bien entendu avec l’artiste, il n’y a pas de raison qu’il ne vienne pas ou qu’il vienne en retard", pense Mayo Mevio pour qui cela peut arriver du fait que l’artiste doute du promoteur du cabaret qui peut le "lober". le marché bien négocié, les deux parties se mettent dans la même gamme, l’artiste peut alors commencer les répétitions afin de mieux préparer sa prestation. Mais, si les négociations n’ont pas pu aboutir et que les deux parties peuvent encore s’entendre jusqu’à la dernière heure, "on considère cela comme une surprise. On n’annonce pas l’artiste aux spectateurs et le présente comme une surprise", explique James Essi pour qui, de cette manière, le promoteur évite de se mettre à dos le public. Aï Jo Mamadou a une autre démarche : "quand l’artiste programmé n’est pas là, on bouche le trou par un autre".

Les directeurs artistiques et promoteurs des cabarets accusent les artistes d’être à l’origine des manquements souvent observés à l’instar de leurs retards sur le plateau ou, tout simplement leur absence, bien qu’ayant été annoncés soit sur l’affiche du cabaret, soit par le présentateur de la soirée. "Il peut arriver qu’un artiste soit programmé de gauche à droite. Dès lors, il doit assumer la qualité de sa prestation", pense Mayo Mévio, qui conseille que, "en tant que musicien, les artistes sérieux devraient avoir un poste fixe ou alors un seul rendez-vous par soirée". il rappelle même que certains contrats prévoient que l’artiste ne se produise qu’à un seul endroit. Or, ces derniers disent vouloir être réalistes. "On cherche l’argent, au lieu de se prostituer", lance Véronik Facture, chanteuse de Bikutsi.

Cabarets
Elle reconnaît avoir déjà été programmée à quatre cabarets différents en une seule soirée. Contrairement à Bisso Solo, sociétaire du Carosel. "Je peux évoluer n’importe où. Mais, je préfère rester dans mon cabaret du fait que nous nous connaissons et faisons de bons spectacles. C’est pour cette raison que le Bikutsi évolue", croit-il. Nono Flavy, diva du Makossa, se souvient qu’elle "évoluait" dans les cabarets lorsqu’elle pastichait encore les chansons des autres artistes. Mais, depuis qu’elle a mis ses albums sur le marché, elle est devenue la cible des promoteurs des cabarets. "Il vous passe un coup de fil. Même si vous ne vous êtes pas entendu, il vous programme et les consommateurs de ces cabarets seront déçus, rejetant la faute aux artistes", confie-t-elle. Nono Flavy se souvient "qu’il peut vous arriver de passer quelque part et de vous voir programmé sans que vous ne soyez informé.

Qu’allez-vous faire, leur porter plainte?" se demande-t-elle avant de tempérer en confiant qu’elle préfère laisser. Quant à sa responsabilité, "il ne m’est jamais arrivé d’être programmée et que je ne vienne pas", se défend-elle. Les deux parties semblent faire preuve de filouterie au regard de la demande. Les montants des contrat, à cet effet, inspirent quelques réflexion. "Je paie bien mes artistes", se vante Mayo Mévio pour qui la fourchette oscille entre 200.000 Fcfa et 400.000 Fcfa pour une prestation généralement faite de deux ou trois chansons. Ailleurs, l’on parle de 50.000 Fcfa. "Tout dépend de l’aura de l’artiste et des négociations", explique-t-il. Et l’on comprend alors pourquoi les artistes peuvent faire le tour des cabarets tous les weekends, arrivant souvent en retard au rendez-vous ou, sont simplement absents.

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Calixthe Beyala, le culte du paradoxe

La romancière controversée était de passage au pays natal, il y a quelques jours. Rencontre avec une personnalité fantasque, qui laisse transparaître bien des contradictions… A priori. –


Les cheveux longs, couleurs châtains, les yeux fardés et la peau parfaitement décapée. Habillée d’une chemise rayée bleu ciel-blanc qui tombe sur un pantalon blanc, on a (re)découvert la romancière Calixthe Beyala, de passage au Cameroun sur le plateau d’une chaîne de télévision locale. Egale à elle-même, une verve incomparable bien servie par une voix grave. Une voix d’homme. Comme l’on a coutume de le dire en Afrique. Surtout lorsque l’on aborde avec elle les thèmes qui lui tiennent particulièrement à cœur : son métier de romancière, son engagement, ses procès, sa vie privée…Chacun de ces thèmes est à lui tout seul une œuvre littéraire, au sens propre comme au figuré. Et ce n’est pas un hasard si cette femme Noire, qui apparaît à la fois comme insoumise et intelligente, dérange autant qu’elle fascine. Attitude naturelle ou posture fabriquée ? Pas facile de démêler l’écheveau. Rien n’empêche cependant d’essayer de dévoiler qui se cache vraiment derrière cette dame ô combien atypique. L’exercice est loin d’être une simple promenade de santé.

Enfance à Pk 5
De telle sorte que nombre des observateurs de la vie quotidienne française (elle vit dans l’Hexagone) voient en elle une personnalité qui a du caractère, qui sait exactement ce qu’elle veut, là où ses détracteurs décèlent volontiers une comédienne hors pair. « Je suis une enfant de New-Bell. Je suis née entre Pk 5 et Nkololoun. Je ne renierais jamais mes origines », aime-t-elle à rappeler. Calixthe Beyala est effectivement née en 1961, dans une famille plutôt pauvre. Elle est élevée par sa sœur aînée, qui lui offre l’opportunité d’aller à l’école. Elle a tout juste 17 ans lorsqu’elle débarque en France pour passer son baccalauréat. Puis, elle effectue des études de gestion, de littérature et de sémiologie. De quoi être suffisamment armée pour se lancer dans le métier de romancière et nom d’écrivain. « Tout le monde peut se proclamer écrivain. Mais tout le monde ne peut pas se dire romancière. Etre écrivain, ça peut être un passe temps. Alors que la romancière vit de son métier. Elle passe tout son temps, même pendant le sommeil à penser, à réfléchir…», précise-t-elle fièrement. « Très souvent, il m’arrive, lorsque je suis entrain d’écrire une œuvre, de m’arrêter pendant quelques heures pour replonger dans la lecture des manuels scolaires de mes enfants. Notamment, pour essayer de comprendre comment on effectue les fonctions affines », ajoute-t-elle. Une curiosité qui étonne son fils, banquier dans un établissement en Californie, et sa fille, étudiante en droit à Paris 6.
La déclaration extravagante et un tantinet exagérée qui va la faire détester et remarquer des Noirs de la diaspora dans les années 90, semble partie d’un malentendu voulu ou non par Calixthe Beyala. Dans une interview accordée à un média, en France, la jeune femme affirme que après Dieu pour elle, c’est l’homme blanc. Humour ? Cynisme ? Calcul existentiel ? Un peu de tout cela probablement. En tout cas, elle défraie la chronique et s’affiche comme un personnage de roman qui sait jouer avec l’image virtuelle et l’effet simplificateur ou amplificateur des médias. Souvent considérés, à tort ou à raison, comme faiseurs ou destructeur d’étoiles.

Romancière engagée
Elle avait déjà annoncé la couleur dès son premier livre à l’âge de 23 ans. « C’est le soleil qui m’a brûlée », sorti en 1987, à Paris chez Stock, est une dénonciation sans concession de la violence faite aux femmes partout dans le monde. Depuis, elle ne s’arrêtera plus. Elle écrira seize autres romans à travers lesquels on peut penser qu’il y a chez l’écrivain le souci de la construction d’un personnage de femme forte. C’est « Le Petit prince de Belleville » ou encore « Maman a un amant », « Assèze l’Africaine », en 1992,1993 et 1994, tous chez Albin Michel. Puis la femme émancipée qui utilise son pouvoir de séduction et le jeu ambigu sur les fantasmes : « Amours sauvages », 1999, Albin Michel, « Femme nue, femme noire », 2003, toujours chez Albin Michel. Enfin, des romans plus historiques : « Les arbres en parlent encore », en 2002, « La Plantation », en 2005 et « Lettre d’une Africaine à ses soeurs », 1995, chez Spengler. Un travail littéraire couronné par trois prix littéraires, du moins pour l’instant : Grand prix littéraire de l’Afrique Noire pour « Maman a un amant », alors que « Assèze l’Africaine » reçoit le prix François Mauriac de l’Académie française et « Les Honneurs perdus », le Grand prix du roman de l’Académie française. Une performance exceptionnelle dans ce métier.
Son œuvre épouse les différents combats passés, actuels et probablement futurs de Calixthe Beyala. Depuis Le Collectif Egalité pour le droit des minorités visibles en France, jusqu’au rêve qu’elle veut de plus en plus concret des Etats-Unis d’Afrique, en passant par la lutte contre le Sida et la Promotion de la Francophonie. A propos de cette dernière, la romancière n’hésite pas à mettre en exergue de « Les Honneurs perdus » (1996, Albin Michel), cette phrase, comme pour immortaliser sa pensée : « Le Français est francophone, mais la francophonie n’est pas française ». Le poids des mots, le choc des phrases ? C’est toujours du Calixthe Beyala dans l’action, comme lors de la cérémonie des Césars de l’an 2000, quand elle monte sur scène aux côtés de Luc Saint Eloy pour revendiquer une plus grande présence des minorité sur les écrans français et rendre hommage à la comédienne Darling Légitimus, décédée en décembre 1999. Mais honteusement oubliée par les organisateurs de la cérémonie.
Elle détonne encore en 2007, lorsqu’elle publie le 12 décembre, une tribune pour défendre les positions de Kadhafi sur les droits de l’Homme. A un moment où le chef de l’Etat libyen est considéré par la plupart des commentateurs français comme infréquentable. Qu’est-ce qui fait autant bouger cette Camerounaise où qu’elle vive ? « Changer l’image des Noirs dans la société française et partout ailleurs. Le combat est collectif. Le peuple Noir est embarqué dans un même bateau. Nous gagnerons ce combat si nous le menons ensemble », martèle-t-elle. Et tant pis si elle n’est pas souvent comprise au pays de Nicolas Sarkozy, dont elle dit par ailleurs qu’il est « l’exemple même d’une intégration ratée ». Allez donc savoir pourquoi. Elle est comme ça, Calixte, on l’aime ou on ne l’aime pas. Ce qui est sûr, elle ne laisse personne indifférent.

Ses procès
La médaille a pourtant un revers. A preuve, les nombreux procès qui jalonnent sa carrière. Poursuivie comme en 1996, elle est reconnue coupable de plagiat. « Le Petit prince de Belleville » copie certains passages du roman de Howard Buten. Tout comme Paule Constant dont les passages de « White Spirit » sont repris dans « Assèze l’Africaine », ne juge cependant pas utile d’intenter une action en justice contre la Camerounaise, ne voulant pas lui faire davantage de publicité. Parfois, c’est Calixthe Beyala qui fait appel à la justice pour se faire rétablir dans ses droits. Lionel Jospin, alors Premier ministre socialiste s’en souvient certainement encore. Il s’est fait traîner devant les tribunaux par ce petit bout de femme Noire pour atteinte à la dignité humaine. « Il s’agissait, explique Calixthe, de lutter contre des conditions de vie indignes des Noirs, bien au-delà de ma seule personne ». Aujourd’hui encore, elle est en procès contre son ex-compagnon, un certain Michel Drucker, un des hommes de télé les plus populaires en France. « C’était mon compagnon. Et non mon maître. Je n’étais pas son esclave. Même si j’ai été sa négrière, puisque j’ai écrit un livre pour lui. Nous avons un contrat qui stipule que ce travail doit être payé. Je ne lâcherais pas le morceau », jure-t-elle. D’autant plus que le livre en question a eu un succès réel en librairie. Calixthe espère bien pouvoir avoir gain de cause et empocher son dû.
Est-ce pour mettre un peu plus de pression sur son ex-compagnon qu’elle lui a dédié en quelque sorte un roman au titre si évocateur ? « L’homme qui m’offrait le ciel », paru en 2007 chez Albin Michel peut apparaître aux yeux de nombreux lecteurs comme un règlement de compte personnel. « Bien au contraire, répond l’intellectuelle. C’est un roman plein de tendresse, d’affection et de chaleur » explique cette femme qui cultive décidément le paradoxe.  

Par Jean-Célestin EDJANGUE

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