Tchad-Cameroun : Un accord pour réguler les médias à la frontière
Créé en 1990, le Cnc est un organe consultatif placé sous la tutelle du Premier ministre. Il a pour but d’assister les pouvoirs publics dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de la politique nationale de communication. Le Hcc, quant à lui, a, en plus du pouvoir de régulation, celui de délivrer des licences d’exploitation aux entreprises de communication audiovisuelles.
Moustapha Ali Alifei : « Le Tchad a une presse dynamique »
Président du Haut conseil de la communication, il dresse l’état des lieux des médias dans son pays.
Quelle est, aujourd’hui, la situation de la presse au Tchad ?
Le Tchad a une presse très diversifiée et dynamique. Depuis 1990 qu’il y a le pluralisme médiatique, nous avons connu un développement formidable de la presse écrite. Au départ, on comptait une quinzaine de titres dont les principaux sont dans la capitale, N’Djamena. Nous avons par la suite eu la naissance des radios privées et communautaires et d’une télévision privée. Par ailleurs, nous avons des textes qui ont été adoptés après la conférence nationale de 1990 au cours de laquelle les journalistes ont joué un rôle très important. Les textes étaient très en avance, jusqu’à ce qu’en 2008. Une situation particulière a motivé l’adoption par ordonnance de dispositions spéciales.
Sans doute faites-vous allusion à l’ordonnance n°5 de février 2008, très liberticides par ses dispositions relatives à l’offense au chef de l’Etat. La presse privée lutte pour son abrogation. Qu’en est-il ?
C’est une loi qui est en train d’être reformulée. La circonstance particulière de l’époque avait permis la promulgation de cette ordonnance. Elle devrait, en principe, disparaître une fois que la situation se normalise. Aujourd’hui, le ministère de la Communication a engagé une nouvelle loi qui est en passe d’être adoptée par le conseil des ministres.
Le paysage médiatique au Tchad est assez réduit. Que peut faire le Hcc pour booster le développement des médias tchadiens ?
Je crois que vous avez une vision assez éloignée de la situation de la presse au Tchad. Je connais un tout petit peu les pays de la sous-région et je peux être fier de dire que nous avons une presse dynamique. D’abord, elle est diversifiée, il y a la presse écrite qui a, à peu près, cinq à six titres qui paraissent de manière hebdomadaire et plusieurs radios. L’aide à la presse est régulière depuis à peu près trois ans. Elle est peut-être insuffisante mais nous nous battons pour pouvoir l’améliorer. Il faut noter que nos institutions sont encore jeunes, elles ont juste une quinzaine d’années d’existence.
Stéphanie Dongmo
Le Jour



L’une des curiosités de cette nouvelle affaire d’atteintes à la fortune publique au Crédit foncier est la mise en cause de l’ex-directeur des Impôts. Rencontrés hier au parquet, des proches de l’ex-grand argentier ne comprennent pas comment Polycarpe Abah Abah a pu détourner des fonds du Crédit foncier, alors qu’il n’y a jamais officié comme responsable. Il s’agit là de l’un des "mystères que seule l’ouverture d’un procès équitable permettra d’élucider", indique une source proche de la défense de l’accusé. La même source dit s’inquiéter de la présence dans cette nouvelle affaire de personnes qui, bien qu’impliquées dans les détournements, s’activeraient à "sauver leur tête en se mettant au service de l’accusation". Des inquiétudes dont certains avocats s’en étaient fait l’écho au cours de conférences de presse tenus aux lendemains de l’arrestation de polycarpe Abah Abah, c’était au mois d’avril 2008. Les conseils de l’ex-minefi dénonçaient à l’époque "la grande médiatisation faite par les autorités camerounaises autour de ces arrestations". Une médiatisation à outrance qui était de nature à ouvrir la porte à des pratiques condamnables, à l’instar de la "subordination des témoins".