Je suis une styliste modéliste de formation et de métier. Je travaille comme designer en free-lance, pour L’atelier Maingou que j’ai créé il y a quelques années à Lyon, et comme Directrice des détails pour des grands groupes… La perfection est son quotidien. Nous avons longtemps attendu une photo d’illustration, un voyage pour l’Italie en valait la pleine.
Bonjour Prince, je voudrais que vous acceptiez toute la gratitude qui habite ma modeste personne au regard de votre accompagnement au sujet du projet Eyasu. Je vais essayer d’être brève, mais c’est difficile de parler de quelque chose qui me tient à cœur: mes racines! Pour moi, l’histoire commence en 2020, lorsque je suis allée au Cameroun pendant le confinement.
Après quelques jours à Yaoundé, j’ai décidé de rendre visite à ma sœur à Buea, dans le sud-ouest du Cameroun. Cette ville était étrangère, mais j’ai vite découvert son charme. Chaque matin, je faisais le footing sur la grande allée du bureau du gouverneur, suivi d’une visite à la plage à Limbe. Mais au fil des jours, mon séjour commençait à devenir ennuyeux.
J’ai donc décidé de rendre visite à ma sœur au bureau. Elle était déléguée de la culture et travaillait sur un projet passionnant appelé «Eyasu», qui visait à réunir les 6 départements du sud-ouest. Lors de ma visite, j’ai découvert les planches de travail et les dessins, mais il manquait quelque chose. J’ai demandé à ma sœur si je pouvais en savoir plus sur le sud-ouest et les 6 départements. Elle m’a parlé d’un festival qui avait eu lieu à Kumba avant la crise et m’a demandé de rejoindre le projet.
J’ai été séduite par l’idée et j’ai décidé de m’impliquer. Après mon retour en France, j’ai créé un groupe avec une amie qui travaille avec Jean-Paul Gautier. Nous avons eu quelques réunions, mais nos emplois du temps respectifs n’ont pas permis de faire avancer le projet.
Cependant, j’ai insisté pour que la couleur orange soit utilisée, car elle me rappelait mon enfance et les pagnes que ma grand-mère choisissait. Finalement, le pagne Eyasu a vu le jour après validation des chefs traditionnels des 6 départements. Mais lorsqu’il a été question de créer des tenues traditionnelles ou modernes à partir de ce pagne, aucun styliste n’a voulu s’y atteler.
J’ai été choquée par leurs réactions et j’ai décidé de prendre les choses en main. J’ai créé une collection de 11 robes et 6 tenues pour hommes, que j’ai appelée «Wase». Cette collection a été réalisée en peu de temps, mais avec tout l’amour et la passion que j’ai pour mes racines,’’Wase’’ est un nom attribué aux jumeaux de sexe féminin chez les Ndian dans le sud-ouest.

Aujourd’hui, Eyasu fait partie de ma vie. J’invite mes amies chez moi le week-end pour prendre un thé sous le thème sud-ouest Cameroun et c’est touchant de voir qu’elles arrivent toutes avec leur pagne Eyasu. Je suis fière de ce que ma sœur a accompli, et heureuse d’avoir pu contribuer à ce projet.

Toute la rédaction de Africa Catwalk Magazine est fière aussi de cette touche professionnelle que la Créatrice de mode nous a apportée dans ce numéro. Ce sont d’ailleurs ses créations en images. Nous pouvons joindre Delphine Ewang via la page ‘’ L’atelier Maingou’’ sur les
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