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Biya pourra se représenter

L’Assemblée nationale camerounaise a adopté jeudi le projet controversé de révision de la Constitution qui autorise le président Paul Biya, 75 ans, au pouvoir depuis 1982, à briguer un nouveau mandat en 2011, a affirmé le ministre des Relations avec les Assemblées.

La révision, qui devait initialement être présentée vendredi à l’Assemblée, a été adoptée par 157 voix pour, 5 contre et 15 non votants, selon le ministre Grégoire Owona.

Les quinze non votants sont les députés du principal parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF), qui ont quitté la salle pour protester contre ce "coup d’Etat constitutionnel", a déclaré l’un de ces élus, Jean Michel Nintcheu.

"Le programme a été bouleversé par surprise au dernier moment. Une plénière, qui était normalement prévue demain, a été improvisée", a raconté le parlementaire.

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), disposait, avec 153 députés sur 180, d’une majorité écrasante bien supérieure aux 3/5 nécessaires au changement de la Constitution.

Concrètement, le nouveau texte abolit la limitation du nombre de mandats présidentiels. Jusqu’ici, le chef de l’Etat était élu pour un septennat "renouvelable une fois".

La révision prévoit également que "les actes accomplis par le président de la République sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat".

Lors d’émeutes fin février en marge d’un mouvement contre la vie chère, les manifestants ont également scandé des slogans hostiles à la révision, voire au président Biya lui-même.

Mais ces violences, qui ont fait 40 morts d’après les autorités mais plus de 100 selon une ONG, n’ont en rien dissuadé le pouvoir, pas plus que les réserves formulées à plusieurs reprises par les Etats-Unis.

Selon un observateur interrogé récemment, cette abolition de limitation du nombre de mandats ne signifie pas que Biya va forcément se représenter: "Mais il veut laisser planer le doute sur sa candidature pour que la fin de ce mandat ne se résume pas à une guerre pour sa succession". L’amendement sur l’immunité du président va d’ailleurs dans ce sens.

Selon le Ministre Grégoire Owona, "Le texte adopté a subi une seule modification par rapport au projet initial: il a été décidé que le mandat des membres du Conseil constitutionnel soit de "six ans renouvelable" au lieu de "six ans non renouvelable. Il y a d’autres petits réajustements mais qui concernent seulement la forme, pas le fond".

Les autres amendements concernent l’organisation d’élections "120 jours au plus après l’ouverture de la vacance" du pouvoir en cas de "décès", "démission" ou "empêchement définitif" du président de la République, l’ordre des sessions ordinaires du Parlement, ainsi que des aménagement en vue de l’élection du Senat qui reste à mettre en place.


Voici les amendements à la Constitution camerounaise de 1996

– article 6 alinéa 2: "Le président de la République est élu pour un mandat de sept ans. Il est rééligible". Jusqu’ici, le chef de l’Etat était élu pour un septennat "renouvelable une fois".

– article 6 alinéa 4: en cas de "décès", "démission" ou "empêchement définitif" du président de la République, une nouvelle élection doit être organisée "120 jours au plus après l’ouverture de la vacance", contre 40 auparavant. Le nouveau texte donne la possibilité au président de la République par intérim de "modifier la composition du gouvernement" sous certaines conditions.

– article 14: l’ordre des sessions ordinaires du Parlement change: les deux chambres se réunissent "chaque année aux mois de mars, juin et novembre".

– article 15: en cas de dissolution de l’Assemblée nationale, ou de prorogation de son mandat, le délai pour l’organisation de nouvelles élections législatives devient de "120 jours au plus après l’expiration du délai de prorogation ou d’abrègement de mandat, contre 60 auparavant.

– article 51: le mandat des membres du Conseil constitutionnel (encore à créer) est raccourci à "six ans non renouvelable" contre neuf ans non renouvelable auparavant.

– article 53: un nouvel alinéa stipule que "les actes accomplis par le président de la République sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat".

– article 67: concernant le Sénat et les Régions, des institutions prévues par la Constitution de 1996, mais qui restent à créer: "au cas où la mise en place du Sénat intervient avant celle des Régions, le collège électoral pour l’élection des sénateurs est composé exclusivement des conseillers municipaux". La Constitution prévoit à terme que chaque région soit représentée à la chambre haute du Parlement.

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L’Assemblée nationale camerounaise a adopté jeudi le projet controversé de révision de la Constitution qui autorise le président Paul Biya, 75 ans, au pouvoir depuis 1982, à briguer un nouveau mandat en 2011, a affirmé le ministre des Relations avec les Assemblées.

La révision, qui devait initialement être présentée vendredi à l’Assemblée, a été adoptée par 157 voix pour, 5 contre et 15 non votants, selon le ministre Grégoire Owona.

Les quinze non votants sont les députés du principal parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF), qui ont quitté la salle pour protester contre ce "coup d’Etat constitutionnel", a déclaré l’un de ces élus, Jean Michel Nintcheu.

"Le programme a été bouleversé par surprise au dernier moment. Une plénière, qui était normalement prévue demain, a été improvisée", a raconté le parlementaire.

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), disposait, avec 153 députés sur 180, d’une majorité écrasante bien supérieure aux 3/5 nécessaires au changement de la Constitution.

Concrètement, le nouveau texte abolit la limitation du nombre de mandats présidentiels. Jusqu’ici, le chef de l’Etat était élu pour un septennat "renouvelable une fois".

La révision prévoit également que "les actes accomplis par le président de la République sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat".

Lors d’émeutes fin février en marge d’un mouvement contre la vie chère, les manifestants ont également scandé des slogans hostiles à la révision, voire au président Biya lui-même.

Mais ces violences, qui ont fait 40 morts d’après les autorités mais plus de 100 selon une ONG, n’ont en rien dissuadé le pouvoir, pas plus que les réserves formulées à plusieurs reprises par les Etats-Unis.

Selon un observateur interrogé récemment, cette abolition de limitation du nombre de mandats ne signifie pas que Biya va forcément se représenter: "Mais il veut laisser planer le doute sur sa candidature pour que la fin de ce mandat ne se résume pas à une guerre pour sa succession". L’amendement sur l’immunité du président va d’ailleurs dans ce sens.

Selon le Ministre Grégoire Owona, "Le texte adopté a subi une seule modification par rapport au projet initial: il a été décidé que le mandat des membres du Conseil constitutionnel soit de "six ans renouvelable" au lieu de "six ans non renouvelable. Il y a d’autres petits réajustements mais qui concernent seulement la forme, pas le fond".

Les autres amendements concernent l’organisation d’élections "120 jours au plus après l’ouverture de la vacance" du pouvoir en cas de "décès", "démission" ou "empêchement définitif" du président de la République, l’ordre des sessions ordinaires du Parlement, ainsi que des aménagement en vue de l’élection du Senat qui reste à mettre en place.


Voici les amendements à la Constitution camerounaise de 1996

– article 6 alinéa 2: "Le président de la République est élu pour un mandat de sept ans. Il est rééligible". Jusqu’ici, le chef de l’Etat était élu pour un septennat "renouvelable une fois".

– article 6 alinéa 4: en cas de "décès", "démission" ou "empêchement définitif" du président de la République, une nouvelle élection doit être organisée "120 jours au plus après l’ouverture de la vacance", contre 40 auparavant. Le nouveau texte donne la possibilité au président de la République par intérim de "modifier la composition du gouvernement" sous certaines conditions.

– article 14: l’ordre des sessions ordinaires du Parlement change: les deux chambres se réunissent "chaque année aux mois de mars, juin et novembre".

– article 15: en cas de dissolution de l’Assemblée nationale, ou de prorogation de son mandat, le délai pour l’organisation de nouvelles élections législatives devient de "120 jours au plus après l’expiration du délai de prorogation ou d’abrègement de mandat, contre 60 auparavant.

– article 51: le mandat des membres du Conseil constitutionnel (encore à créer) est raccourci à "six ans non renouvelable" contre neuf ans non renouvelable auparavant.

– article 53: un nouvel alinéa stipule que "les actes accomplis par le président de la République sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat".

– article 67: concernant le Sénat et les Régions, des institutions prévues par la Constitution de 1996, mais qui restent à créer: "au cas où la mise en place du Sénat intervient avant celle des Régions, le collège électoral pour l’élection des sénateurs est composé exclusivement des conseillers municipaux". La Constitution prévoit à terme que chaque région soit représentée à la chambre haute du Parlement.

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La révision, qui devait initialement être présentée vendredi à l’Assemblée, a été adoptée par 157 voix pour, 5 contre et 15 non votants, selon le ministre Grégoire Owona.

Les quinze non votants sont les députés du principal parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF), qui ont quitté la salle pour protester contre ce "coup d’Etat constitutionnel", a déclaré l’un de ces élus, Jean Michel Nintcheu.

"Le programme a été bouleversé par surprise au dernier moment. Une plénière, qui était normalement prévue demain, a été improvisée", a raconté le parlementaire.

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), disposait, avec 153 députés sur 180, d’une majorité écrasante bien supérieure aux 3/5 nécessaires au changement de la Constitution.

Concrètement, le nouveau texte abolit la limitation du nombre de mandats présidentiels. Jusqu’ici, le chef de l’Etat était élu pour un septennat "renouvelable une fois".

La révision prévoit également que "les actes accomplis par le président de la République sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat".

Lors d’émeutes fin février en marge d’un mouvement contre la vie chère, les manifestants ont également scandé des slogans hostiles à la révision, voire au président Biya lui-même.

Mais ces violences, qui ont fait 40 morts d’après les autorités mais plus de 100 selon une ONG, n’ont en rien dissuadé le pouvoir, pas plus que les réserves formulées à plusieurs reprises par les Etats-Unis.

Selon un observateur interrogé récemment, cette abolition de limitation du nombre de mandats ne signifie pas que Biya va forcément se représenter: "Mais il veut laisser planer le doute sur sa candidature pour que la fin de ce mandat ne se résume pas à une guerre pour sa succession". L’amendement sur l’immunité du président va d’ailleurs dans ce sens.

Selon le Ministre Grégoire Owona, "Le texte adopté a subi une seule modification par rapport au projet initial: il a été décidé que le mandat des membres du Conseil constitutionnel soit de "six ans renouvelable" au lieu de "six ans non renouvelable. Il y a d’autres petits réajustements mais qui concernent seulement la forme, pas le fond".

Les autres amendements concernent l’organisation d’élections "120 jours au plus après l’ouverture de la vacance" du pouvoir en cas de "décès", "démission" ou "empêchement définitif" du président de la République, l’ordre des sessions ordinaires du Parlement, ainsi que des aménagement en vue de l’élection du Senat qui reste à mettre en place.


Voici les amendements à la Constitution camerounaise de 1996

– article 6 alinéa 2: "Le président de la République est élu pour un mandat de sept ans. Il est rééligible". Jusqu’ici, le chef de l’Etat était élu pour un septennat "renouvelable une fois".

– article 6 alinéa 4: en cas de "décès", "démission" ou "empêchement définitif" du président de la République, une nouvelle élection doit être organisée "120 jours au plus après l’ouverture de la vacance", contre 40 auparavant. Le nouveau texte donne la possibilité au président de la République par intérim de "modifier la composition du gouvernement" sous certaines conditions.

– article 14: l’ordre des sessions ordinaires du Parlement change: les deux chambres se réunissent "chaque année aux mois de mars, juin et novembre".

– article 15: en cas de dissolution de l’Assemblée nationale, ou de prorogation de son mandat, le délai pour l’organisation de nouvelles élections législatives devient de "120 jours au plus après l’expiration du délai de prorogation ou d’abrègement de mandat, contre 60 auparavant.

– article 51: le mandat des membres du Conseil constitutionnel (encore à créer) est raccourci à "six ans non renouvelable" contre neuf ans non renouvelable auparavant.

– article 53: un nouvel alinéa stipule que "les actes accomplis par le président de la République sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat".

– article 67: concernant le Sénat et les Régions, des institutions prévues par la Constitution de 1996, mais qui restent à créer: "au cas où la mise en place du Sénat intervient avant celle des Régions, le collège électoral pour l’élection des sénateurs est composé exclusivement des conseillers municipaux". La Constitution prévoit à terme que chaque région soit représentée à la chambre haute du Parlement.

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La révision, qui devait initialement être présentée vendredi à l’Assemblée, a été adoptée par 157 voix pour, 5 contre et 15 non votants, selon le ministre Grégoire Owona.

Les quinze non votants sont les députés du principal parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF), qui ont quitté la salle pour protester contre ce "coup d’Etat constitutionnel", a déclaré l’un de ces élus, Jean Michel Nintcheu.

"Le programme a été bouleversé par surprise au dernier moment. Une plénière, qui était normalement prévue demain, a été improvisée", a raconté le parlementaire.

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), disposait, avec 153 députés sur 180, d’une majorité écrasante bien supérieure aux 3/5 nécessaires au changement de la Constitution.

Concrètement, le nouveau texte abolit la limitation du nombre de mandats présidentiels. Jusqu’ici, le chef de l’Etat était élu pour un septennat "renouvelable une fois".

La révision prévoit également que "les actes accomplis par le président de la République sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat".

Lors d’émeutes fin février en marge d’un mouvement contre la vie chère, les manifestants ont également scandé des slogans hostiles à la révision, voire au président Biya lui-même.

Mais ces violences, qui ont fait 40 morts d’après les autorités mais plus de 100 selon une ONG, n’ont en rien dissuadé le pouvoir, pas plus que les réserves formulées à plusieurs reprises par les Etats-Unis.

Selon un observateur interrogé récemment, cette abolition de limitation du nombre de mandats ne signifie pas que Biya va forcément se représenter: "Mais il veut laisser planer le doute sur sa candidature pour que la fin de ce mandat ne se résume pas à une guerre pour sa succession". L’amendement sur l’immunité du président va d’ailleurs dans ce sens.

Selon le Ministre Grégoire Owona, "Le texte adopté a subi une seule modification par rapport au projet initial: il a été décidé que le mandat des membres du Conseil constitutionnel soit de "six ans renouvelable" au lieu de "six ans non renouvelable. Il y a d’autres petits réajustements mais qui concernent seulement la forme, pas le fond".

Les autres amendements concernent l’organisation d’élections "120 jours au plus après l’ouverture de la vacance" du pouvoir en cas de "décès", "démission" ou "empêchement définitif" du président de la République, l’ordre des sessions ordinaires du Parlement, ainsi que des aménagement en vue de l’élection du Senat qui reste à mettre en place.


Voici les amendements à la Constitution camerounaise de 1996

– article 6 alinéa 2: "Le président de la République est élu pour un mandat de sept ans. Il est rééligible". Jusqu’ici, le chef de l’Etat était élu pour un septennat "renouvelable une fois".

– article 6 alinéa 4: en cas de "décès", "démission" ou "empêchement définitif" du président de la République, une nouvelle élection doit être organisée "120 jours au plus après l’ouverture de la vacance", contre 40 auparavant. Le nouveau texte donne la possibilité au président de la République par intérim de "modifier la composition du gouvernement" sous certaines conditions.

– article 14: l’ordre des sessions ordinaires du Parlement change: les deux chambres se réunissent "chaque année aux mois de mars, juin et novembre".

– article 15: en cas de dissolution de l’Assemblée nationale, ou de prorogation de son mandat, le délai pour l’organisation de nouvelles élections législatives devient de "120 jours au plus après l’expiration du délai de prorogation ou d’abrègement de mandat, contre 60 auparavant.

– article 51: le mandat des membres du Conseil constitutionnel (encore à créer) est raccourci à "six ans non renouvelable" contre neuf ans non renouvelable auparavant.

– article 53: un nouvel alinéa stipule que "les actes accomplis par le président de la République sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat".

– article 67: concernant le Sénat et les Régions, des institutions prévues par la Constitution de 1996, mais qui restent à créer: "au cas où la mise en place du Sénat intervient avant celle des Régions, le collège électoral pour l’élection des sénateurs est composé exclusivement des conseillers municipaux". La Constitution prévoit à terme que chaque région soit représentée à la chambre haute du Parlement.

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Soirée culturelle camerounaise : John Kufuor en guest star

Le chef de l’Etat ghanéen était l’invité-surprise de vendredi dernier au National Theatre of Ghana.
Yves ATANGA –

La nouvelle a commencé à circuler vers 17h. Et 4 heures plus tard, une sirène et des gyrophares la confirment. A 21h vendredi, le cortège présidentiel fait son entrée dans l’enceinte du National Theatre of Ghana. Le président John Kufuor himself ! Pantalon bleu et chemise pagne, le chef de l’Etat, détendu et le pas alerte gravit les marches de l’escalier, après avoir été accueilli par le ministre camerounais de la Culture, Ama Tutu Muna et son homologue ghanéen. Les Camerounais n’en croient pas leurs yeux, et lui continue d’avancer. Mais avant de rejoindre la loge pour le spectacle, John Kufuor s’arrête net dans le hall. Il vient de reconnaître des visages sur les tableaux de l’exposition « The Hall of Fame ». D’abord son homologue Paul Biya, mais aussi Samuel Eto’o Fils et Roger Milla.

Près de trois heures après cette entrée fracassante, le président en exercice de l’Union africaine a vu une belle sélection de ce que le Cameroun peut exporter en matière de richesses culturelles. A commencer par ses icônes. Sur la scène, le rideau tombe sur une image saisissante : Manu Dibango et Bébé Manga bras dessus bras dessous se retirent. Ils viennent d’interpréter une chanson qui donne la chair de poule. Lui au piano, elle au micro, ils ont joué « A loba », comme ils le faisaient il y a trente ans. Et avant cela, Manu a offert au président Kufuor et à tous les invités quelques pièces de son immense répertoire. « Ayé Africa », « Soir au Village », « Sango Yesu Christo », « Mouvement ewondo »… Bébé Manga quant à elle, a volontiers réchauffé son énorme succès « Amio », repris en chœur par le public.

Si les Ghanéens connaissaient déjà Manu et Bébé, ils ont en revanche fait des découvertes étonnantes. Le Ballet national et ses jeunes danseurs par exemple. Surfant avec aisance sur la diversité culturelle des quatre coins du Cameroun, le spectacle de ce groupe est une véritable carte du Cameroun. Ambass-bey, njang, goumba, bikutsi sont ainsi mis en scène avec comme atouts l’enthousiasme et la vigueur des jeunes membres.

Dans son mot de bienvenue, Ama Tutu Muna a présenté la philosophie de cette soirée culturelle. En un mot, démontrer que le sport et la culture ne font qu’un, présenter la vision camerounaise selon laquelle la culture doit être un produit de consommation nationale et un produit d’exportation. Placée sous le thème : « Diversité culturelle et dialogue interculturel », la soirée camerounaise était donc l’occasion parfaite pour faire goûter aux invités, les merveilles de la gastronomie de chez nous, avec Marie Thérèse Atedzoe alias Maïté à l’appareil. Au cours de l’intermède, le président ghanéen et les invités avaient le choix : Nnam ngon, Ekomba et autres.

Un défilé de mode mettant en scène des mannequins ghanéens, arborant des tenues camerounaises, sous la coordination de Made Jong scelle définitivement le dialogue interculturel entre les deux nations. Et les prestations des artistes Isnebo, Kegege international, Ateh Bazore, Andjeng Etaba achèvent d’étaler la variété des richesses du Cameroun. Vers minuit, lorsque le cortège du président Kufuor s’ébranle, on a le sentiment que les Camerounais viennent de réussir un grand coup.

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