Les « habits neufs » de Blaz Design
Après deux décennies de sacrifice et d’investissement à la mode, Blaz J.E Essomba passe de la haute couture à l’entreprenariat financier.
« Mettre une entreprise sur pied et la faire prospérer demande beaucoup de volonté et d’acharnement au travail. C’est pour cela que j’ai coutume de dire : créer, c’est bâtir, entreprendre et gérer. Cela se passe en trois étapes ». Blaz J.E Essomba, l’auteur de ces propos est ce qu’il convient d’appeler un self-made-man. De retour au pays depuis deux décennies, et faisant face à un environnement économique difficile, le spécialiste de la mode et de la haute couture s’est donné quinze années de recherche et de créativité ; pour réorganiser sa structure. Il a eu pour souci de remettre la charrue à la bonne place et les bœufs pour la tirer. Blaz J.E Essomba s’est battu et continue de se battre dans la création d’une entreprise industrielle. « Travailler et toujours travailler pour un chef d’entreprise est la démarche qui lui permet de matérialiser son idée. Le faire m’a donné l’habitude de ne pas m’arrêter pour évaluer mes résultats », affirme-t-il. Pour avoir eu la chance de travailler aux côtés des grands noms de la Haute couture, Blaz Design a réussi à percer le vrai secret de cet art ; fait d’optimisme, de constance et de raffinement.
Il y a quelques jours, on a vu Blaz Design se mettre au service de la jeunesse ; en acceptant d’encourager les jeunes créateurs et stylistes. Débordant de générosité, il a aidé les responsables de l’hebdomadaire « Gestion et Perspective » à célébrer en beauté, le premier anniversaire de leur organe de presse. « Ils ont choisi de mettre une structure en place pour s’exprimer. Nous pensons qu’ils méritent nos encouragements, car ils en ont vraiment besoin. Ailleurs, ce genre de rencontre permet la naissance d’une synergie des valeurs différentes au départ, mais qui à la fin peuvent produire des résultats favorables à la création des entreprises… C’est là mon plus grand souhait. Plus il y aura des gens courageux pour créer des entreprises, mieux il y aura de l’espoir et du rêve pour nos concitoyens », clame Blaz J.E Essomba.
Blaz Design Management & Investment S.A.
Dans la haute couture, Blaz Design se distingue par son savoir faire. Dans l’optique de développement de son entreprise, il vient de créer « Blaz Design Management & Investment S.A. », pour consolider l’âme financière de son groupe et permettre à toutes les autres structures d’avoir un outil financier viable. Interrogé sur sa démarche, Blaz J.E Essomba affirme que la polyvalence est l’un des atouts de son succès. Les résultats qu’il a obtenus depuis quelques années avec son groupe, l’ont poussé à une restructuration et à un réajustement spectaculaires. « Dans mon métier, on dit que la haute couture est un état d’esprit fait d’optimisme, de constance et de raffinement. Dieu m’a donné des dons que j’essaie de capitaliser. C’est ainsi que j’arrive à transformer tout ce que je touche. Il nous faut pour cela harmoniser, consolider et renforcer les acquis. Nous devons mettre chaque maillon de la chaîne à sa place pour parvenir à la création d’une structure où, tout le monde est préparé à accueillir les partenaires au développement », affirme-t-il. A l’en croire, les choses ne se sont pas toujours bien passées depuis une dizaine d’années. Il y a eu au niveau du secteur public, un manque de soutien aux projets industriels. L’Etat n’a pas suffisamment encouragé les acteurs économiques à mettre en place les projets industriels devant contribuer à la création des emplois, pour le bien-être des populations.
« Dans son discours de fin d’année 2007, le chef de l’Etat Paul Biya qui a pensé à un secteur public facilitateur, a favorablement exprimé le vœu d’avoir un secteur privé en pleine expansion. Il a clairement invoqué la nécessité d’un réel partenariat entre les deux », rappelle JE Essomba. Très critique de la pauvreté des expertises dans le secteur privé, Blaz J.E Essomba pense que les personnes ayant eu certaines ouvertures et possibilités de développement, n’ont pas affiché les capacités et les compétences qu’on reconnaît aux chefs d’entreprise. « Il y a une faillite de structures capables de prendre le relais de l’investissement et de la création des entreprises de développement. Et pourtant, c’est cela qui a fait la force des pays comme la Corée, Taiwan…, où l’investissement direct étranger est très développé. Malheureusement chez nous, le manque de cet esprit qui fait les vrais entrepreneurs est tel que nous n’arrivons pas à utiliser les possibilités mises à la disposition de notre pays par des partenaires de choix. On a même vu arriver à la tête de certaines structures nouvellement créées, des gens qui ont utilisé de l’argent pour financer autre chose », pense-t-il.
Perspectives
Faisant appel à la somme des expériences qu’il a accumulées avec les partenaires au développement, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, Blaz J.E Essomba soutient que le secteur privé à la différence du secteur public est éligible. Même si les fonds mis à la disposition du secteur privé par les partenaires au développement restent sous-utilisés. « Les partenaires au développement ne veulent plus approvisionner les caisses de certaines structures gérées par les pouvoirs publics. Malheureusement, dans le secteur privé, il y a un manque de projets bien pensés, pour déclencher certains mécanismes de développement ». Au moment où il met la dernière main sur l’organisation de sa structure, Blaz J.E Essomba réfléchit sur la consolidation de son groupe et l’orientation vers d’autres opportunités. « Nous avons tiré les leçons de ce qui se passe dans des pays comme le Ghana, le Lesotho… Au Cameroun, des structures existent, même si elles restent inefficaces, à cause d’une gestion opaque des comités parallèles. Nous allons continuer de travailler de telle sorte que si les investisseurs et les partenaires au développement arrivent au Cameroun aujourd’hui, ils n’aient plus à sonder le terrain, ni même à commencer à partir de rien. Ils trouveront en place des structures d’accueil dont ils auront besoin et avec lesquelles, ils vont nouer des accords de partenariat à l’investissement », conclut-il.
Par Souley ONOHIOLO










