Rosy : Retrouver la liberté sans Bush
Installée aux Etats-Unis, mère au foyer et femme d’affaires, l’artiste essaye de maintenir le cap de ses vies.
Marion Obam –
Il n’est pas facile de se défaire de vielle habitudes, surtout quand elles vous collent à la peau et vous façonnent une personnalité. Mais Rosy Bush, de son vrai nom Odette Rose Iomb, a dû cependant faire un choix. Désormais, au lieu du Rosy Bush que l’on a connue pendant une décennie, il faudra s’arrêter à Rosy. Contrairement à ce que les gens ont laissé entendre par rapport à l’image négative qu’avait le "Bush", du fait des agissements du président américain lors des bombardements en Irak, l’artiste précise que, " j’ai enlevé le Bush de mon nom d’artiste par souci d’honnêteté vis-à-vis de mes nouveaux fans américains. Quand je devais me produire, les gens s’imaginaient que je faisais du R’nb et que j’étais Américaine. Mais ils étaient surpris de découvrir une Camerounaise avec des rythmes qui leur sont étrangers. Ce décalage m’a causé du souci. J’ai décidé de retrouver ma liberté sans Bush, surtout que ce nom m’avait été attribué sans mon avis".
En effet, c’est en 1993, lors de la sortie de l’album des Toutous, trio composé de Rosy, Junior Sadey et Céline Kingué, que Adrien Sadey, le producteur, rajoute "Bush" lors du mixage pour équilibrer les noms des artistes. Rosy Bush naît d’un hasard mais cela n’enlève rien à la renommée que la jeune fille originaire de Kribi a commencé à se bâtir depuis 1990. C’est cette année-là que Nkotti François, lors du concours de la chanson Mutzig, la découvre. Sa belle voix séduit ce grand nom du Makossa.
Cependant, il faut travailler dur pour améliorer ce don. Rosy roule sa bosse dans de multiples cabarets de Douala, notamment le Club Chic, La marquise, Grand pacifique Palissade, Canne à sucre et le bar de l’hôtel Ibis de 1991 à 1994, qui lui servent de rampe de lancement. Avec "Les Toutous", elle met un album sur le marché en 1993, dont le titre "Nayandi" fait un carton. Un an plus tard, Marco Mbella la sollicite pour poser sa voix dans le projet "Fleurs des Antilles".
Animée par un désir d’indépendance, Rosy ouvre en 1995 le cabaret restaurant "Aux braises d’or" à Akwa. Elle débute sa carrière solo en 1996 par l’album "Mon rêve". Les titres " Muyengué ", un makossa, et " Fugu ", un bikutsi, apportent une saveur particulière à cet opus. Rosy confirme tout le bien que les mélomanes pensent d’elle en sortant en 2000 "Je m’en vais". Malheureusement, cet album ne lui apporte pas la stabilité souhaitée. Installée aux Etats-Unis depuis 1998 avec son époux, camerounais également, Rosy tarde à trouver ses marques. " J’ai eu un véritable choc. Je partais d’un environnement où le français était la langue d’expression pour me retrouver où tout était en anglais, marchés, rues, livres, chaînes de radio et télévision. J’ai fait une dépression qui a affecté mes cordes vocales ", confie-t-elle aujourd’hui, le visage serein et la mine resplendissante. Cela explique les six ans qui ont séparé " Je m’en vais " de " Fais attention ", dont la sortie officielle a eu lieu le mois dernier
Résolue à réussir malgré tout, pendant deux ans, Rosy se remet à l’école, aussi bien pour apprendre la langue anglaise que pour obtenir son diplôme de nurse. Dans le même temps, elle doit s’occuper de sa fille et de son époux. Tout était devenu équation à résoudre : " Je devais trouver des clients pour les articles que je vends qui viennent du Cameroun et des pays où je suis invitée pour des prestations, caler la période où je peux travailler avec mon agence et gérer les boules de Ndolè afin que le stock ne s’épuise pas avant mon prochain séjour au pays ". Le Cameroun que l’artiste qui chante aussi bien en douala, bassa, béti, anglais et français aime tant, au point où, malgré son installation aux Etats-Unis, c’est là qu’elle a décidé, avec l’aide de Valère Tchoum’s et de Preya Music, d’enregistrer son troisième album.
Quotidienmutations


L’artiste révélé par les Sans Visas est décédé mardi de suites de cirrhose de foie.