Obiang Nguema fait paniquer Yaoundé
Les militaires équato-guinéens détenus à la base navale de Kribi ont été reconduits manu militari à la frontière par les autorités camerounaises.
Samedi 09 janvier, les trois militaires équato-guinéens arrêtés par l’armée camerounaise et détenus à Kribi ont été reconduits à la frontière à Campo. En retour, les trois pêcheurs faits otages par l’armée équato-guinénne ont été rendus au Cameroun. Ces pêcheurs avaient été pris mardi dernier par des militaires équato-guinéens alors qu’ils faisaient leur pêche dans les eaux territoriales camerounaises. Informée, la Marine camerounaise à Kribi a détaché des éléments qui ont alors neutralisé les militaires délinquants et les ont ramenés à Kribi. Parmi ces trois prisonniers, le fameux Marquez qu’on disait suspendu et arrêté dans le cadre du meurtre du Camerounais Guillaume Mpenda qu’il avait froidement assassiné le 12 décembre dernier.
Il s’agit là du dénouement d’une situation potentiellement explosive entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale. A l’annonce de l’arrestation des militaires (le sergent Martin Marquez, les soldats de 2e classe Eugouga Ondo Luis et Armancio Domingo) jeudi dernier, le gouvernement équato-guinéen décide de réprimer les Camerounais vivant en Guinée Equatoriale. La décision est ferme, surtout que le sergent Martin Marquez est un beau-frère du président Obiang.
Plusieurs Camerounais sont alors arrêtés et jetés dans les geôles de Bata et de Malabo. On parle d’une centaine, le plus souvent en règle. Mais ces arrestations ne sont pas sans effet car la plupart des Camerounais sont des ouvriers des grandes compagnies étrangères basées en Guinnée Equatoriale et leur absence fait ralentir les différents travaux. C’est là que les chancelleries sont saisies et les Etats qui se « sucrent » en Guinée Equatoriales réagissent et font pression sur le gouvernement camerounais afin que les chantiers ne soient plus perturbés.
L’amiral Ngouah Ngally, le chef d’état-major de la Marine qui avait donné son accord pour cette opération de patrouille de la marine se rétracte et ordonne que les soldats équato-guinéens ne soient plus détenus. Pendant ce temps, indiquent nos sources, le préfet de l’Océan reçoit des instructions du Premier ministère et même de la Présidence. Tout est arrangé ; il faut procéder à l’échange des prisonniers : soldats équato-guinnéens contre civils camerounais. C’est donc samedi dernier que le cortège composé de l’administration, des détenus, des gendarmes et des militaires s’ébranle vers Campo. Là-bas, les prisonniers camerounais sont relaxés et le préfet du département a traversé le Ntem pour Rio Campo afin des « mettre les points sur les i » avec les autorités équato-guinéennes présentes.


"Ils vous sera beaucoup demandé. Il vous faudra faire preuve de clairvoyance et d’humanisme. Car, ils ont droit de jouir des fruits de leur travail". Ainsi parlait Ama Tutu Muna hier à Yaoundé, s’agissant des artistes. La ministre de la Culture s’adressait à Odile Ngaska, la présidente du conseil d’administration (Pca) de la société civile camerounaise de l’art musical (Socim), qu’elle installait à ses fonctions. Ce, dans une ambiance de fête qui a vu les différents secteurs de l’art musical faire le déplacement du Yaoundé Hilton hôtel, faisant de la cérémonie un rendez-vous très folklorique, animé par ces artistes à qui la Mincult a recommandé leur implication dans la gestion des droits d’auteur.