Odile Ngaska désormais chef de l’orchestre
Socam :
La ministre de la Culture a installé hier à Yaoundé le nouveau conseil d’administration.
Justin Blaise Akono
"Ils vous sera beaucoup demandé. Il vous faudra faire preuve de clairvoyance et d’humanisme. Car, ils ont droit de jouir des fruits de leur travail". Ainsi parlait Ama Tutu Muna hier à Yaoundé, s’agissant des artistes. La ministre de la Culture s’adressait à Odile Ngaska, la présidente du conseil d’administration (Pca) de la société civile camerounaise de l’art musical (Socim), qu’elle installait à ses fonctions. Ce, dans une ambiance de fête qui a vu les différents secteurs de l’art musical faire le déplacement du Yaoundé Hilton hôtel, faisant de la cérémonie un rendez-vous très folklorique, animé par ces artistes à qui la Mincult a recommandé leur implication dans la gestion des droits d’auteur.
Odile Ngaska devra présider aux destinées de cette nouvelle société de gestion des droits d’auteur et droits voisins dans la catégorie B Art musical pendant les trois prochaines années. Toutefois, l’agrément qu’elle a demandé le 25 juin dernier après son élection, élection couplée à la création de la nouvelle société le 7 juin 2008, après le retrait de l’agrément à la Cameroon music corporation, dont Sam Mbendé Ebobissé en était le Pca, a une durée de cinq ans, renouvelable. Un contexte que la Mincult a qualifié de particulier. Pour cette raison, pense Ama Tutu Muna, "les artistes ont besoin d’être socialement reconnus et considérés comme des personnes à part entière, dans un cadre assaini". Et, elle estime que c’est "l’arrivée d’une nouvelle équipe dynamique porteuse d’espoir, un jour où les hommes et les femmes oublieront leurs différends pour mettre en harmonie quelque chose d’utile et de durable".
Mincult
Outre les artistes venus acclamer leur nouveau "berger", pour reprendre les termes de la Mincult, il y avait aussi des opérateurs culturels, parmi lesquels René Ayina. Le promoteur du Fest-Bikutsi, qui se tient à Yaoundé chaque fin d’année estime que les artistes doivent profiter du travail qu’ils abattent, "qu’il n’y ait plus de plaintes pour mauvaise gestion, marginalisation de certains artistes et non-respect des lois" indique René Ayina pour qui "Tout ceci réuni, les artistes ne viendront pas à mes événements parce qu’ils manquent de salaire". Il demande par ailleurs à cette nouvelle équipe composée de 15 membres de respecter la tutelle. "Si le travail est bien fait, les artistes ne chercheront plus à détruire les équipes en place", pense-t-il. Odile Ngaska a consacré une bonne partie de la journée à la fête, en attendant l’épineux problème de la gestion des droits d’auteur.

